Extension Factory Builder
10/05/2010 à 12:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

C’est un petit bout de terre perdu dans l’océan Indien. Un avant-goût de paradis, incrusté entre l’Afrique et l’Asie, où la beauté des plages masque parfois d’autres décors magiques, quand la mer rejoint le ciel et que les montagnes verdoyantes se découpent à l’horizon. Côté pile, Maurice est cette émeraude dans un écrin de satin bleu que les voyagistes nous vendent en nous promettant luxe, calme et volupté. Côté face, c’est une île surpeuplée, dépourvue de ressources naturelles et régulièrement visitée par les cyclones. Une nation a priori ingérable, véritable mosaïque ethnique et religieuse. Y vivent, côte à côte plus qu’ensemble, les descendants des premiers colons européens et ceux de leurs propres esclaves, amenés d’Afrique de l’Est et d’Afrique de l’Ouest ; les arrière-petits-enfants des travailleurs débarqués d’Inde au XIXe siècle et la progéniture de ces Chinois du Sud venus chercher fortune. Melting-pot sidérant, concentré de la planète sur seulement 2 000 km2 : bouddhistes, hindous, musulmans, catholiques, anglicans, adventistes, francophones, anglophones, créolophones, locuteurs en hindi, tamoul, ourdou, mandarin…

Pays complexe donc, longtemps présenté comme le miracle économique de l’Afrique et qui vient de donner une nouvelle leçon – de démocratie cette foi – au continent. Les élections législatives du 5 mai ont reconduit Navinchandra Ramgoolam à la tête du gouvernement. Le système électoral mauricien, inspiré de celui de la Grande-Bretagne, est loin d’être parfait, souvent obscur pour le commun des mortels, et favorise votes communautaires et replis identitaires. Il res­semble la plupart du temps à une sarabande d’alliances improbables et de deals politiques non moins étranges. Sauf que les électeurs sont au fait de toutes les tractations avant de se rendre aux urnes. Mais ce système favorise l’alternance (c’est la première fois, depuis 1991, que le Premier ministre rempile…) et incite les électeurs à voter : près de 80 % de taux de participation ce 5 mai, loin, très loin des pourcentages anémiques habituellement constatés en Afrique.

Last but not least, si la campagne électorale n’a pas tutoyé les cimes en termes de débats d’idées, les adversaires politiques se respectent et adoptent tous, le scrutin terminé, un comportement d’une dignité rare. Avant même les résultats officiels, l’opposant Paul Bérenger a reconnu sa défaite lors d’une adresse à ses partisans retransmise à la radio. Le vainqueur, lui, s’est contenté de célébrer sa victoire sobrement. Il n’y aura, demain, ni chasse aux sorcières ni règlements de comptes. Un comportement suffisamment rare en Afrique pour être souligné et donc un modèle dont les classes politiques – qu’elles soient au pouvoir ou dans l’opposition – feraient bien de s’inspirer.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Hayatou et la bêtise humaine

Editorial précédent :
Série noire

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maurice

Exclusif : Dioncounda Traoré candidat au poste de secrétaire général de l'OIF

Exclusif : Dioncounda Traoré candidat au poste de secrétaire général de l'OIF

La candidature de l'ancien président malien, Dioncounda Traoré, a été officiellement adressée au siège de l'OIF, à Paris, par le gouvernement malien.[...]

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Créé en 2001, Wikipédia s'est imposée depuis comme l'encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les[...]

OIF 

Francophonie : Jean Claude de L'Estrac dans la cour des grands

Le Mauricien Jean Claude de L'Estrac sait qu'il lui sera difficile de succéder au Sénégalais Abdou Diouf à la tête de l'OIF, en novembre. Mais il veut malgré tout croire en sa bonne[...]

Sommet de l'UA : un consensus autour d'un candidat au secretariat général de l'OIF ?

Les chefs d'État d'Afrique francophone devraient profiter du 23e sommet de l'UA (Malabo, 26-27 juin) pour tenter de désigner un candidat commun au secrétariat général de l'Organisation[...]

Quand l'Essec lorgne l'Afrique

La prestigieuse école de commerce française envisage de prendre pied en Afrique. Pourquoi pas à partir de Maurice, où elle a déjà jeté quelques bases ?[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Smartphones : des smileys africains enfin disponibles !

Oju Africa n'a pas attendu qu'Apple s'y mette. Cette entreprise, basée à l'île Maurice et spécialisée dans la création d'applications pour mobiles, a lancé les premiers emojis[...]

Quinze ans, c'est assez !

La gouvernance en Afrique. L'indice Mo-Ibrahim, qui en observe l'évolution depuis plus de dix ans, a donc présenté, le 13 octobre, son diagnostic pour 2013. Il constate que le niveau global de [...]

Francophonie : l'écrivain mauricien Amal Sewtohul récompensé par le prix des Cinq Continents

L’écrivain mauricien Amal Sewtohul a remporté, le 26 septembre, le prix des Cinq Continents, décerné par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), pour son roman "Made[...]

Afrique du Sud, Maurice, Sénégal... : l'Afrique sur la voie de l'innovation

Malgré leurs revenus souvent faibles ou moyens, certains pays africains ont gagné quelques points dans le classement de l’indice mondial 2013 de l’innovation, publié début juillet.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex