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Quand Calixthe Beyala célèbre Manu Dibango

21/04/2010 à 16:06
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La romancière franco-camerounaise Calixthe Beyala. La romancière franco-camerounaise Calixthe Beyala. © BRUNO LEVY

La romancière franco-camerounaise a consacré un documentaire à Manu Dibango.

Jeune Afrique : Comment la romancière s’est-elle faite documentariste ?

Calixthe Beyala : Il m’est déjà arrivé de travailler sur des scénarios. Faire un documentaire n’est donc pas étrange pour moi. D’ailleurs, certaines études trouvent que mon écriture est très cinématographique.

Pourquoi Manu Dibango ?

C’est un personnage vivant de l’Histoire, né en Afrique pendant la colonisation, et dans lequel tout Africain vivant loin de son continent d’origine peut se retrouver. Il y a quelques années, Manu m’avait incitée à travailler sur ce projet. Mais je n’étais pas prête. Quand j’ai senti que c’était le moment, je l’ai fait. Et j’ai adoré m’effacer, le laisser raconter lui-même son histoire, revisiter les lieux qui ont marqué sa vie… Je n’ai pas voulu que l’on entende ma voix. Je lui ai laissé dire lui-même ce qu’il souhaite que la postérité retienne de lui.

Qu’aimez-vous chez lui ?

Sa musique. Avec Fela Kuti, Manu fait partie de ces grands artistes africains qui portent en eux toute une humanité. Pendant neuf mois, de la préparation du scénario jusqu’à la fin du tournage, j’ai mangé Manu, dormi Manu, parlé Manu, pensé Manu, dansé Manu… Tout cela n’aurait pas été possible si je n’avais pas eu cette affection pour lui.

Pourquoi ne pas avoir écrit sa biographie ?

À la base d’un documentaire, il y a toujours une phase d’écriture, je n’ai donc pas changé de cap avec ce travail. Mais je voulais raconter Manu à travers lui-même, et le documentaire était le meilleur format.

Les Camerounais reprochent souvent à leur gouvernement de ne pas assez valoriser leurs artistes. Avez-vous voulu rendre justice à Manu Dibango en lui consacrant ce documentaire ?

D’une certaine manière, oui. C’est un artiste d’envergure, mais aucun travail de ce genre ne lui avait été consacré. S’agissant de l’absence de reconnaissance, c’était vrai avant. Cela ne l’est plus maintenant, car le ministère de la Culture nous a apporté son soutien lors du tournage au Cameroun.

Adapter l’un de vos romans à l’écran vous tenterait ?

Non, je refuse de réécrire moi-même ce que j’ai déjà écrit. En ce moment, j’aide un réalisateur sur le script de l’adaptation de l’un de mes livres, Comment cuisiner son mari à l’africaine. Mais je regarde cela de très loin, car le film ne m’appartient pas.

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