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Khalid Naciri : 'les juges ont eu la main très lourde" contre certains journalistes

26/04/2010 à 14:44
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Khalid Naciri, ministre marocain de la communication. Khalid Naciri, ministre marocain de la communication. © DR

Khalid Naciri, ministre marocain de la Communication, revient sur les rapports entre les médias indépendants et le pouvoir.

Jeune Afrique : Pourquoi aujourd’hui un débat sur les médias ?

Khalid Naciri : Le monde journalistique traverse une crise, et ses rapports avec les pouvoirs publics se sont détériorés. Il y a un an et demi déjà, j’avais proposé de lancer un débat pour lutter contre le climat délétère qui commençait à s’installer. Depuis quelques mois, le gouvernement a été mis en accusation, de façon souvent disproportionnée, mais j’ai choisi d’aller au-devant des revendications et des doléances des journalistes en participant au débat qui se tient actuellement au Parlement.

Il faut couper court aux faux débats, à ceux qui affirment que la liberté de la presse est en recul ou que le Maroc veut jeter une chape de plomb sur la presse. Nous devons dissiper les malentendus et dire haut et fort que le Maroc est plus que jamais engagé sur la voie de la démocratie et attaché au principe de la liberté de la presse. Cela ne doit pas autoriser pour autant les journalistes à contrevenir aux règles de la déontologie et à la loi. L’éthique n’est pas l’antidote de la liberté, mais son pendant.

Les journalistes eux-mêmes reconnaissent leurs erreurs. Mais les peines infligées à leurs confrères ne sont-elles pas disproportionnées par rapport aux délits ?

Il est vrai que les journalistes ont été très courageux et qu’ils ont, avec réalisme, dénoncé certaines dérives. Moi-même, je me permets de dire que, dans certains cas, les juges ont eu la main très lourde. Driss Chahtane, le journaliste emprisonné, a reconnu sa faute, et j’espère que son cas trouvera rapidement une issue. Mais la justice est indépendante, et je respecte ce principe fondamental de la démocratie.

La justice ne doit-elle pas justement être mieux formée sur les questions de délit de presse ?

C’est évident. Je suis d’ailleurs pour la création de chambres spécialisées et je suis soutenu sur ce point par le ministre de la Justice. Je pense qu’il faudrait par ailleurs créer une instance d’autorégulation, qui soit une sorte de conseil de l’ordre des journalistes. Elle pourrait prononcer des sanctions morales, ce qui permettrait de décongestionner les prétoires. Il y a encore des désaccords sur cette question, car les journalistes estiment que cette instance ne doit pas sanctionner, mais seulement émettre des opinions.

Comment réagissez-vous aux critiques adressées au Maroc par l’Union européenne, notamment au sommet de Grenade, ou par des ONG comme Reporters sans frontières (RSF) ?

Pour ce qui est du sommet de Grenade, je regrette que les médias se soient focalisés sur les critiques, en passant sous silence tous les points sur lesquels les efforts du Maroc ont été salués. Nous sommes en voie de démocratisation et avons le courage de reconnaître que nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Mais de là à décrire le Maroc comme une dictature, comme le fait RSF, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir.

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