Extension Factory Builder
07/04/2010 à 10:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Abdelaziz Belkhadem (à dr.) avec l'ancien président Chadli Bendjedid. Abdelaziz Belkhadem (à dr.) avec l'ancien président Chadli Bendjedid. © Louafi Larbi / Reuters

Reconduit à la tête du Front de libération nationale (FLN) lors des assises de ce dernier à Alger du 19 au 21 mars, Abdelaziz Belkhadem reste au coeur de l'appareil d'Etat. Sans doute plus grâce à la bénédiction du président Abdelaziz Bouteflika qu'en vertu des résultats électoraux de l'ancien parti unique, qu'il dirige depuis 2004. Parcours.

Au début des années 1990, la carrière politique d’Abdelaziz Belkhadem semblait compromise. Un accident de l’Histoire avait fait de ce militant incarnant le courant ultraconservateur chez les nationalistes de la deuxième génération le titulaire du perchoir - lequel est appelé à assurer l’intérim du chef de l’État en cas de vacance du pouvoir.

Pour éviter que Belkhadem n’accède, à titre intérimaire, à la fonction suprême après la « démission » de Chadli Bendjedid, le 11 janvier 1992, l’état-major de l’armée obtient du démissionnaire un dernier acte : la dissolution du Parlement. Diabolisé par une partie de la hiérarchie militaire, accusé d’intelligence avec l’Iran au profit des islamistes du FIS, Belkhadem était, croyait-on alors, « carbonisé ». Vingt ans plus tard, l’homme est toujours au cœur du pouvoir, ministre d’État et patron de la première force politique du pays.

Poulain de Boumédiène

Né en 1945, à Aflou, à 450 km au sud-ouest d’Alger, une région connue pour ses parcours de transhumance agropastorale et la qualité de sa laine et de ses tapis, Belkhadem n’a que 17 ans quand l’Algérie accède à l’indépendance. Malgré ses origines modestes et les conditions imposées par la guerre de libération, il poursuit une scolarité correcte. Son passage à l’école coranique contribue à affermir l’éducation religieuse que lui a donnée son père. Son adolescence est rythmée par les maoussem, ces cérémonies festives organisées par les confréries religieuses.

En 1964, le jeune Belkhadem réussit un concours d’entrée à l’Inspection des finances, à Tiaret. Auréolé d’un statut de fonctionnaire à 19 ans, il est la fierté de sa famille. Mais lui ne se contente pas de cette « réussite » et aspire à une carrière d’enseignant. Normalien, il décroche un diplôme de lettres arabes et devient professeur.

Il entre en politique comme l’on entre dans une zaouïa. Sa plume lui vaut l’intérêt de Houari Boumédiène, qui le ramène à Alger après une visite officielle dans la région de Tiaret. Son nouveau bureau à El-Mouradia lui permet de se constituer un solide carnet d’adresses. Il côtoie l’élite politique du pays, les officiers les plus en vue et, sans renier ses sympathies islamistes, il entame, en 1977, une carrière de député qui accélère son ascension dans les structures du FLN. La cohérence de sa démarche et ses positions en faveur de la réconciliation nationale lui valent l’amitié et la confiance d’Abdelaziz Bouteflika. Cela tombe bien, ce dernier est le patron de l’Algérie depuis une décennie. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait suivant :
Madame égalité

Portrait précédent :
Sékouba Konaté : "Je ne protégerai personne"

Réagir à cet article

Algérie

Algérie : génération Bouteflika, génération harraga ?

Algérie : génération Bouteflika, génération harraga ?

Certains ne songent qu'à partir. D'autres trouvent des raisons d'espérer. Tous n'ont connu pour l'instant qu'un seul président, Abdelaziz Bouteflika. Coup de projecteur sur une jeunesse pas si dé[...]

Algérie : une vidéo de violences policières en Kabylie suscite colère et indignation

La vidéo d’une manifestation sauvagement réprimée par des policiers en Kabylie, dimanche dernier, provoque un tollé et oblige la police nationale à ouvrir une enquête. À[...]

Algérie : la traque de jihadistes se poursuit en Kabylie après une attaque contre les militaires

L'armée algérienne continuait mardi de ratisser les montagnes de Kabylie (est d'Alger) après l'attentat qui a coûté la vie à onze soldats samedi soir.[...]

Algérie bashing

En Occident, et en France en particulier, où la rengaine "quand on voit ce qu’on leur a laissé et ce qu’ils en ont fait" a la vie dure, l’Algérie génère, par[...]

Algérie : en attendant que Bouteflika prête serment, Benflis crée son parti

Les seuls klaxons que l’on entendait à Alger, samedi 19 avril, étaient ceux des cortèges nuptiaux qui sillonnaient les artères de la capitale. Jeudi soir, avant même la proclamation[...]

Algérie : onze militaires tués à la suite d'une embuscade en Kabylie

Onze militaires algériens ont été tués à la suite d'une embuscade survenue dans la nuit de samedi à dimanche en Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger, a-t-on[...]

Algérie : onze militaires tués samedi soir en Kabylie

Onze militaires algériens ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche en Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger, a-t-on appris dimanche de source sécuritaire.[...]

L'Algérie sans illusions sur la promesse de Bouteflika de rajeunir le pouvoir

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, réélu pour un quatrième mandat, est attendu sur sa promesse de donner le pouvoir à la nouvelle génération mais les jeunes,[...]

Présidentielle algérienne : Abdelaziz Bouteflika réélu avec 81,53% des voix

Abdelaziz Bouteflika a été réélu au premier tour de l'élection présidentielle algérienne. Le chef de l'État sortant, qui briguait son quatrième mandat, a[...]

Algérie : les sept vies d'Abdelaziz Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika a été réélu vendredi président de la République algérienne à une majorité écrasante de 81,53 % des suffrages exprimés. Alors que[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces