Extension Factory Builder
18/03/2010 à 13:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
A Cannes, en 1975. A Cannes, en 1975. © Collection ATM

Le réalisateur sénégalais fut l’un des fondateurs du Fespaco. Il est mort le 8 mars à l’âge de 68 ans.

Sa filmographie est riche d’une dizaine d’œuvres, telles que Diankha-bi, Diègue-bi, Lambaay, Njangaan… Il était de ceux qui, en 1969, ont lancé au Burkina la Semaine du cinéma africain, l’ancêtre du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Considéré comme l’un des meilleurs cinéastes de son pays, le réalisateur sénégalais Mahama Johnson Traoré est décédé le 8 mars, à Paris, où il vivait depuis quelques années pour des raisons de santé. Il avait 68 ans. « Mon premier sentiment c’est un constat d’hécatombe dans le cinéma sénégalais : cela fait six réalisateurs qui disparaissent en quelques années. Mahama Johnson Traoré est resté passionné de cinéma toute sa vie. Il y a apporté une dimension militante », commente le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako.

Natif de Dakar, Mahama Johnson Traoré aurait pu devenir ingénieur électronicien, comme le souhaitait son père. Mais c’est le septième art qui l’attire. Le voilà au Conservatoire libre du cinéma français, à Paris. Il en sort diplômé, dans la promotion 1965. Revenu au Sénégal vers la fin des années 1960, il réalise son premier film, Diankha-bi, en 1968. Cheikh Ngaïdo Bâ, président de l’Association des cinéastes sénégalais, a été pendant une dizaine d’années son premier assistant-réalisateur. Il se souvient : « Mahama Johnson Traoré appartenait à la deuxième génération des réalisateurs, celle qui est venue juste après les Sembène Ousmane. Exigeant, rigoureux, excellent photographe, il avait le sens de l’image et savait ce qu’il voulait. Son art était basé sur la satire sociale. Il ne parlait pas de “cinéma africain”, mais de “cinémas d’Afrique”. »

Cinéma social et militant dans sa thématique, avec, au centre, la femme, l’œuvre de Mahama Johnson Traoré connaît un certain succès auprès du public, surtout après la sortie de Lambaay, en 1972. Mais cet homme aux idées de gauche, dont les photos de Marx, Lénine et Engels ornent les murs du salon et qui n’est pas toujours d’accord avec la vision du pouvoir, dérange. « Révolutionnaire sur les bords, il avait une conscience politique et appartenait à des cercles de réflexion, affirme Baba Diop, journaliste sénégalais spécialisé dans le cinéma. En plus du fait de porter un regard caustique sur la société, son engagement social et politique lui a attiré les foudres de la censure. »

Ces dernières années, Traoré vivait en France pour soigner son insuffisance rénale (il a reçu une greffe en 2008). Mais il se rendait partout où il était question de cinéma. Son dernier projet, un film sur un épisode de l’histoire des femmes de son pays en 1820, devait être réalisé avec des partenaires algériens, le producteur Boualem Aïssaoui et la scénariste Meriem Hamidat. Il ne verra peut-être jamais le jour.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait suivant :
Issayas Afewerki, le Staline d'Asmara

Portrait précédent :
Madame égalité

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Sénégal

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Se jouera-t-elle ou pas ? À quelle date ? Où ? Les rumeurs vont bon train au sujet de la Coupe d'Afrique des nations, prévue en janvier 2015 au Maroc mais menacée par l'épidémie d'Ebola.[...]

Bling-bling : mariage fastueux, mariage malheureux...

Alors que les cérémonies nuptiales africaines sont des démonstrations de force financière, une récente étude américaine indique qu’une bague de fiançailles trop[...]

Sénégal - Macky Sall : "Mes principaux adversaires ne sont pas Wade et consorts, ce sont les inégalités sociales"

Réformes, Wade père et fils, procès Habré, Ebola, diplomatie... Macky Sall, le chef de l'État sénégalais répond à toutes nos questions, et défend son [...]

Sénégal : pas de production pétrolière avant 2020

Le Sénégal espère produire son premier baril d'or noir en 2019-2020 à la suite de la récente découverte de pétrole au large de ses côtes, a affirmé le 15 octobre[...]

Carte interactive : ces événements menacés ou annulés à cause d'Ebola

Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en décembre 2013, une dizaine d'événements ont été annulés sur le continent. D'autres, censés se[...]

Omar Sy : "Je ne suis pas un acteur noir"

Le comédien le plus populaire de France incarne un sans-papiers dans "Samba", le dernier film d'Éric Toledano et Olivier Nakache. Son dernier rôle, son aventure hollywoodienne, la place des[...]

Le Sénégalais Makhtar Diop ne sera pas candidat à la BAD

Quelques jours après avoir été mis en retrait de la vice-présidence Afrique de la Banque mondiale, Makhtar Diop annonce sur Twitter sa décision de ne pas se présenter à la[...]

CAN 2015 : le Sénégal concède le nul face à la Tunisie aux qualifications

Le Sénégal et la Tunisie se sont neutralisés 0-0 vendredi à Dakar et conservent la tête du Groupe G pour la 3e journée des éliminatoires de la CAN 2015, alors que le Maroc a[...]

Prostitution et sexe 2.0 en Afrique

Nouvelles technologies, marketing, offre et demande, concurrence... À bien des égards, en Afrique aussi, les relations tarifées ressemblent de plus en plus à un business comme un autre.[...]

Sénégal : Karim Wade n'était pas éligible à la présidence !

La Constitution de 2001 stipule que les candidats à la présidence doivent être "exclusivement" de nationalité sénégalaise... Ce qui n'est pas le cas de Karim Wade.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers