Extension Factory Builder
22/03/2010 à 15:12
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Aboubacar Somparé. Aboubacar Somparé. © Reuters

Ancien président de l’Assemblée nationale de Guinée

Jeune Afrique : Serez-vous le candidat du Parti de l’unité et du progrès [PUP, ancien parti au pouvoir] à la présidentielle du 27 juin prochain ?

Aboubacar Somparé : Je souhaite être investi. En Guinée, les priorités sont les mêmes pour tous. J’ai la connaissance du terrain, et le PUP est le parti le mieux implanté à travers le pays. Moi, si j’étais président, je travaillerais à unir le peuple. La classe politique doit oublier ses intérêts égoïstes et personnels pour privilégier la Guinée.

Vous étiez le dauphin constitutionnel du président Lansana Conté, décédé le 22 décembre 2008, mais vous n’avez jamais assuré son intérim. Que s’est-il passé ?

Le 22 décembre vers 20 heures, j’ai été informé du décès du président Conté par son médecin personnel. J’ai appelé le Premier ministre, le chef d’état-major des armées et le président de la Cour suprême. Ce dernier était injoignable. Nous nous sommes retrouvés, avec les autres, à mon bureau au Palais du peuple et j’ai envoyé des gens le chercher. Il est arrivé à minuit, mais n’a pas voulu proclamer la vacance du pouvoir, sous prétexte qu’il fallait attendre le lendemain pour organiser une cérémonie. Et, vers 4 heures du matin, j’ai appris que les militaires avaient pris le pouvoir.

Depuis l’instauration du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), vous ne vous êtes jamais prononcé publiquement sur la situation de la Guinée. Pourquoi ?

Quand j’ai compris que les partis politiques, qui prétendent se battre pour la démocratie et l’instauration d’un État de droit, ont fait allégeance immédiate aux putschistes malgré la Constitution prévoyant un dauphin, j’ai préféré me taire. Les événements m’ont donné raison. Si l’Assemblée [dissoute depuis juin 2007, NDLR] avait assuré la transition, il n’y aurait pas eu de « 28 septembre ». Nous serions restés un an tout au plus. On a perdu beaucoup de temps.

On se souvient quand même que la classe politique ne vous faisait pas confiance car, du vivant du président Conté, vous étiez réticent à organiser rapidement des législatives…

Ma personne dérange car je connais bien le pays. J’ai occupé de hautes fonctions sous la Ire et sous la IIe République. Je peux faire mal à l’opposition. En fait, elle était pressée juste pour mettre fin à ce qu’elle appelait la domination du PUP. Nous sommes un parti national et c’est normal qu’on gagne toujours. Les gens nous accusaient de fraude, mais ils disent toujours ça quand le pouvoir gagne.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Guinée

Football : Luis Fernandez sur le point de signer avec la sélection guinéenne ?

Football : Luis Fernandez sur le point de signer avec la sélection guinéenne ?

Le Français Luis Fernandez pourrait signer son contrat de sélectionneur de la Guinée dans le week-end.  [...]

Rififi à Conakry

Difficile de s'y retrouver quand pouvoirs et oppositions font des calendriers électoraux un enjeu majeur de la démocratie.[...]

Ebola : première campagne de vaccination à grande échelle en Guinée

Plus d’un an après le début de l’épidémie d’Ebola, une campagne de vaccination massive a été lancée lundi en Guinée. C'est la première[...]

Guinée : contre les appels à manifester de l'opposition, Alpha Condé prône le dialogue

L'opposition guinéenne rejette pour l'heure l'appel au dialogue du président Alpha Condé. Et conteste le nouveau calendrier électoral fixé par la Commission électorale nationale[...]

CAN 2023 : nuages sur la Guinée

La Coupe du monde 2022 au Qatar se déroulera en fin d’année et la CAN 2023 prévue en Guinée en subira automatiquement les conséquences. D'ordinaire, le tournoi panaficain se tient en[...]

Guinée : les leaders de l'opposition appellent à manifester contre le calendrier électoral

Réunis à Paris, les dirigeants des trois principaux partis d'opposition ont appelé mardi à manifester contre le calendrier électoral établi par le président guinéen, Alpha[...]

Guinée : ouverture d'une série de procès criminels à Nzérékoré

Deux procès se sont ouverts lundi 23 mars à Nzérékoré. Celui des drames de Womey, lors duquel des sensibilisateurs à Ebola avaient été massacrés, et celui des tueries[...]

Guinée : entre l'opposition et le pouvoir, le dialogue est-il rompu ?

La décision de l'opposition de suspendre sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale fait notamment suite au choix de la Ceni d'organiser la présidentielle le 11 octobre 2015 et les[...]

Ebola, un an après, au-delà du défi humanitaire, le drame des enfants

Adama Coulibaly est directeur régional de Plan international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Liberia a démarré le décompte des 42 jours sans aucun cas depuis le 5 mars. Si aucun[...]

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed : "Contre Ebola, l'ultime étape est la plus difficile"

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed est chef de la mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre Ebola. Pour lui, l'urgence est de "traiter les poches de résistance dans les communautés qui[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers