Extension Factory Builder

Mamadou Dia : "240 milliards de F CFA ont été investis entre 1996 et 2008"

22/03/2010 à 12h:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mamadou Dia. Mamadou Dia. © Vincent Fournier pour J.A

Directeur général de la Sénégalaise des Eaux (SDE). Egalement président de l’Association africaine de l’eau (AAE), qui tiendra son congrès à Kampala du 15 au 18 mars, il revient sur les grands enjeux sénégalais et africains.

Jeune Afrique : Depuis l’intégration de la SDE dans le groupe Finagestion, ce dernier a-t-il d’autres projets d’acquisition en vue ?

Mamadou Dia : Pour le moment, Finagestion n’est pas engagé dans des acquisitions, mais le fait d’avoir créé une direction du développement au sein du groupe signifie que c’est désormais dans le domaine du possible.

L’adossement à un groupe permet à des sociétés au départ à vocation nationale de sortir de leur « territoire ». Comment se positionne la SDE ?

À l’heure actuelle, en dehors du Sénégal, nous intervenons par exemple avec Saur à La Mecque, en Arabie saoudite, dans un projet d’amélioration des performances de la distribution d’eau. L’agence américaine Usaid, dans le cadre de l’initiative Sustainable Water and Sanitation, a par ailleurs retenu notre entreprise pour améliorer les performances de certaines sociétés d’eau en Afrique de l’Ouest. Les entreprises du continent ont acquis au fil des années de l’expertise et peuvent aujourd’hui rivaliser sur le terrain avec des multi­nationales occidentales. Mais, au-delà de l’installation d’une compagnie en dehors de son territoire naturel, ce qui est important c’est de pérenniser sa présence. Il faut par conséquent que le mouvement actuel s’inscrive dans la durée.

Quel rôle peuvent jouer les opérateurs privés dans le financement des infrastructures ?

Il faut mettre en place des schémas adaptés à chaque pays et permettant de combiner financements concessionnels et taux du marché. Les opérateurs doivent participer davantage à cet effort mais les États également, notamment à travers des fonds internationaux et des prêts concessionnels auxquels seuls les États peuvent avoir accès. Au Sénégal, par exemple, l’entreprise qui prend en charge les infrastructures est la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), contrôlée par l’État. Entre 1996 et 2008, elle a investi 240 milliards de F CFA, financés par les bailleurs traditionnels que sont la Banque mondiale, l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement, la KfW (Allemagne), ou encore l’Union européenne, et remboursés par une redevance de la SDE. Le bilan est positif, puisque la demande en eau est satisfaite dans notre pays, même s’il est nécessaire d’anticiper, de ne pas gérer des déficits.

Le prochain congrès de l’AAE traitera des enjeux climatiques. Comment préserver la ressource qui se raréfie ?

Il faut lutter contre le gaspillage de l’eau et faire en sorte qu’il y ait des périmètres de protection des eaux de surface et des eaux souterraines : le recours aux pesticides à proximité de ces périmètres doit être, par exemple, interdit. Il faut enfin systématiser la surveillance de la qualité des nappes phréatiques, mais aussi de l’eau du robinet. 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Interview suivante :
Jean-Pierre Raffarin

Interview précédente :
Aboubacar Somparé

Réagir à cet article

Continental

50 ans de l'UA : le sommet des indésirables

50 ans de l'UA : le sommet des indésirables

Plusieurs chefs d'État du continent seront absents du sommet des 50 ans de l'Union africaine, les 26 et 27 mai, à Addis Abeba. Parmi eux, le Centrafricain Michel Djotodia, dont le pays est suspendu de l'organisation [...]

Union africaine, qu'as-tu fait de tes 50 ans ?

Tirant les leçons de ses échecs passés, l'Union africaine (UA) semble désormais miser sur le développement économique pour favoriser la cohésion du continent.[...]

Vatican : le pape François a-t-il pratiqué un exorcisme ?

La vidéo d’une courte prière effectuée par le pape François sur un jeune malade, le 19 mai, après la messe de Pentecôte, fait le tour du monde. Certains y voient une séance[...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Sommet des 50 ans de l'UA : Hollande, Kerry et Rousseff en "guest-stars"

François Hollande, John Kerry (le secrétaire d'État américain) et Dilma Rousseff (la présidente brésilienne) seront les guest-stars de la célébration du 50e anniversaire[...]

Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce

Avant Abdelaziz Bouteflika, de nombreux présidents africains sont allés se faire soigner au mystérieux hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. De Mathieu Kérékou à[...]

Notre histoire de l'Afrique

Publié aux éditions de La Martinière, un album revient sur l'aventure de votre hebdomadaire depuis sa création en 1960 par Béchir Ben Yahmed jusqu'à aujourd'hui.[...]

Grands Lacs : la paix est à portée de main

Ban Ki-moon est le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies ; Jim Yong Kim est le président du Groupe de la Banque mondiale.[...]

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent[...]

Pour sa première tournée africaine, Obama choisit le Sénégal, l'Afrique du Sud et la Tanzanie

La Maison Blanche a annoncé dans un communiqué, lundi 20 mai, que le président Barack Obama se rendrait du 26 juin au 3 juillet au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie. Une première[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers