Extension Factory Builder

André Mba Obame : une "Union nationale" pour l'alternance démocratique

12/03/2010 à 11h:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
'Nos institutions, aussi fortes soient-elles, ne valent que ce que valent ceux qui les dirigent' "Nos institutions, aussi fortes soient-elles, ne valent que ce que valent ceux qui les dirigent" © DR

Secrétaire exécutif de l’Union nationale, fondée le 10 février par les principaux candidats malheureux à la présidentielle, l’ex-ministre de l’Intérieur s’ancre résolument dans l’opposition.

Jeune Afrique : Pourquoi et comment avez-vous créé un nouveau parti ?

André Mba Obame : Notre coalition est le résultat d’une réflexion collective menée à l’issue des dysfonctionnements du système politique qui sont apparus lors de la succession au président Omar Bongo Ondimba. Nous sommes parvenus à la conclusion que l’union était la condition indispensable pour parvenir à l’alternance démocratique et construire un pays solidaire, où chaque citoyen trouvera sa juste place en étant assuré que son mérite sera reconnu à sa juste valeur. L’émiettement des forces politiques, loin de permettre l’alternance, favorise le maintien du pouvoir en place en dépit du rejet du corps social. C’est pourquoi, avec quatre autres candidats et trois partis politiques*, nous avons créé l’Union nationale.

En quoi l’Union nationale (UN) se démarquera-t-elle du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) ?

L’UN se distingue d’abord par un véritable attachement aux valeurs de la République ainsi qu’à la libre et pleine expression de la démocratie : le respect du choix des électeurs et le respect des libertés fondamentales. Elle se distingue ensuite par son attachement à l’unité nationale, en luttant de manière implacable contre l’instrumentalisation de la diversité culturelle du Gabon par le PDG. Nous allons œuvrer pour une meilleure valorisation et une meilleure redistribution des richesses du pays.

Nous prenons l’engagement qu’aucun citoyen ne soit plus jamais privilégié parce qu’il appartient à une famille ou à une ethnie et, a contrario, qu’il ne soit pas non plus exclu pour ces mêmes raisons. Ce n’est que sur cette base égalitaire et juste que le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des populations sont possibles.

Avez-vous tiré les leçons de la période de transition ?

Malgré un bon cadre juridique, le processus électoral a dérapé parce que les personnes qui dirigeaient les institutions ont placé leurs propres intérêts et ceux d’un clan au-dessus de l’intérêt national. L’an dernier, dans son discours d’Accra, le président Obama a déclaré que « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes ». Or, à la suite du scrutin présidentiel, nous sommes parvenus à la conclusion que nos institutions, pour fortes qu’elles puissent être, ne valent que ce que valent ceux qui les dirigent.

Les législatives partielles auront-elles valeur de test ?

C’est parce que la victoire de l’UN à ces partielles ne fait aucun doute que le pouvoir a reporté depuis plusieurs mois la tenue de ces élections, en violation de la Constitution. Mais nous allons présenter des candidats dans toutes les circonscriptions lors des législatives générales, en 2011. La priorité est donc l’implantation de notre parti sur l’ensemble du territoire, pour répondre à l’enthousiasme qui a accueilli sa naissance.

___

* L'UN a été cofondée avec Zacharie Myboto (qui la préside), Jean Ntoutoume Ngoua, Bruno Ben Moubamba, Casimir Oyé Mba, et fédère l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), le Mouvement africain pour le développement (MAD) et le Rassemblement national des républicains (RNR).

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Gabon

Football : le Gabonais Efong Nzolo, 'arbitre de l'année' en Belgique pour la quatrième fois

Football : le Gabonais Efong Nzolo, "arbitre de l'année" en Belgique pour la quatrième fois

Les joueurs de première division belge de football ont élu Jérôme Efong Nzolo meilleur arbitre de l’année 2013. Une quatrième récompense du genre qui hisse le Belgo-Gabonais &a[...]

Gabon : libération de six militants associatifs proches de l'opposition

Six militants d'une association gabonaise proche de l'opposition, arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour dénoncer les crimes rituels au Gabon,[...]

Gabon : trois opposants arrêtés après une manifestation contre les crimes rituels

Trois militants de la société civile proches de l'opposition ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour[...]

Bourgi, Ouattara, Bongo Ondimba..., les aventures françafricaines de Claude Guéant

Comme Nicolas Sarkozy, Claude Guéant s'est reconverti dans les affaires. L'ancien secrétaire général de l'Élysée a fondé un cabinet d'avocats très familial et très[...]

Laurent Fabius : "Au Mali, nous avons gagné la guerre. Reste à gagner la paix"

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, fait le tour d'un continent qu'il découvre avec passion. De Tunis à Bangui et du Sahara aux Grands Lacs en passant par[...]

Mystérieux iboga

En février dernier, le responsable de séances d'initiation au bwiti, un rite gabonais utilisant l'iboga, était interpellé à Orly pour dérive sectaire. Parallèlement, des toxicomanes[...]

Les 25 femmes les plus influentes du business en Afrique

Poids économique ou financier, importance des réseaux... "Jeune Afrique" dresse la liste des femmes qui comptent dans le monde des affaires en Afrique francophone. Qu'elles soient ministres ou[...]

Les cadeaux des Africains à Obama

De la sculpture d'Ali Bongo Ondimba à 52 695 dollars au tapis traditionnel à 900 dollars de Béji Caïd Essebsi, retour sur les cadeaux qu'a reçus le président Obama en 2011 de la part de ses[...]

Le Gabon change-t-il vraiment ?

Ali Bongo Odimba, le chef de l'État gabonais arrive à mi-parcours de son septennat. Bilan. Sommaire Édito : L'art et la critique L'émergence du Brésil à Libreville [...]

Gabon : les tontons flingueurs

Quand deux réalisateurs gabonais se rencontrent dans un maquis, ils se racontent des histoires de cinéma... et celle du pays. Passage à table, avec Philippe Mory et Henri-Joseph Koumba Bididi.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces