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Saad Eddine Benabdallah

28/12/2009 à 12:56
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Saad Eddine Benabdallah Saad Eddine Benabdallah © APA

Directeur général de Maroc Export

Jeune Afrique : Quel bilan faites-vous de l’année 2009 pour l’export marocain ?

Saad Eddine Benabdallah : L’année 2009 a été particulière à cause de la crise. Les exportations ont reculé partout dans le monde. Dans ce contexte, nous avons voulu renforcer les liens avec nos pays stratégiques : l’Union européenne, les États-Unis, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, avec lesquels nous avons une proximité géographique. Nous avons aussi structuré notre démarche d’exportation. Nous avons ainsi aidé les entreprises marocaines à faire du marketing. Certains groupements, à l’instar de Maroc Fruit Board ou de Fresh Food dans l’agroalimentaire, se sont organisés pour coller à la demande des pays les plus exigeants en termes de qualité, en particulier les États-Unis où nous avons effectué pas moins de douze missions cette année. Nous avons aussi favorisé les synergies entre les entreprises marocaines : les plus implantées à l’étranger tirent celles qui exportent pour la première fois. Enfin, en dehors de nos zones de prédilection, nous avons effectué une mission au Japon, qui a donné de bons résultats. 

Quelle est la place de l’Afrique subsaharienne dans ces expor­tations ?

Elle compte pour 5,3 % des exportations marocaines, mais nous y voyons un potentiel majeur. Dans la lignée des visites de Sa Majesté le roi Mohamed VI en Afrique, nous voulons renforcer les partenariats, industrialiser ou offrir ensemble des prestations de service. Il y a de nombreuses possibilités de coopération. Nous avons une proximité culturelle avec les pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Nous pouvons nous appuyer sur un réseau bancaire déjà bien étoffé avec Attijariwafa et BMCE, qui facilitent les transactions avec le Maroc. Le réseau aérien de la RAM permet aussi le déplacement de nos hommes d’affaires en Afrique de l’Ouest. 

Quelles sont les entreprises marocaines qui peuvent percer en Afrique subsaharienne ?

Nous avons déterminé cinq secteurs clés : la pharmacie, l’agroalimentaire, le BTP, les technologies de l’information et les services. L’Afrique, confrontée à un nombre important de faux médicaments, offre un marché intéressant pour les génériques. C’est un secteur où nous pouvons apporter des transferts de technologie, à l’instar de l’usine pharmaceutique Sothema à Dakar. Dans l’agroalimentaire, nous pouvons aider les exportateurs de fruits africains à industrialiser leur processus. Dans le BTP, il y a des appels d’offres sur tout le continent et nous pouvons y répondre conjointement avec des ­groupes ouest-africains mais aussi occidentaux, comme Bouygues. Nous ciblons particulièrement le secteur électrique : le Maroc a une expérience réussie d’électrification rurale qu’il peut mettre à profit. Dans les TIC, des joint-ventures sont envisageables. Enfin, dans les services, on peut imaginer des centres d’appels opérés conjointement ou bien une coopération dans le domaine ferroviaire et aéroportuaire. L’Office national des aéroports (Onda) forme déjà avec succès les personnels des aéroports du Sénégal.

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