Extension Factory Builder

Bousso Lèye : "Je ne comprends pas la polémique sur le monument de la Renaissance africaine"

02/12/2009 à 09:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Ministre sénégalais de la Culture et de la Francophonie

Jeune Afrique : Que pensez-vous de la polé­mique entourant le monument de la Renaissance africaine érigé à Dakar ?

Serigne Mamadou Bousso Lèye : Je ne comprends pas comment on peut s’opposer à une œuvre d’art qui magnifie la dignité de l’homme noir et façonne l’identité de notre ville. Paris a sa tour Eiffel, New York la statue de la Liberté… Ce monument est une invitation permanente à notre jeunesse à la réflexion sur le devenir de l’Afrique. Et puis, il a un intérêt économique. Il y aura un musée, une salle de projection, un village artisanal… qui seront fréquentés par les touristes. Et la société chargée de la gestion du site, dont la mise sur pied est prévue en 2010, donnera de l’emploi aux Sénégalais. 

Il a quand même coûté 14 milliards de F CFA…

Léopold Sédar Senghor [ancien président du Sénégal, NDLR] disait que la culture est le but ultime et la condition de tout développement. Une œuvre d’art qui contribue à façonner l’identité culturelle des citoyens n’a pas de prix. D’ailleurs, son coût est de 9 milliards, pas 14 milliards, ce montant était celui du premier budget proposé par des Français. Nous avons finalement choisi les Nord-Coréens. Pour ce qui est du financement, le Sénégal a opté pour un paiement en nature, 30 à 40 hectares de terrain, dont les prix ont été fixés par la Direction des domaines. Ils seront mis en valeur par l’homme d’affaires sénégalais Mbackiou Faye, choisi par les Nord-Coréens, non par le gouvernement. Les projets immobiliers donneront des marchés aux entreprises de construction, et les taxes diverses iront à l’État. Tout le monde y gagne. 

Le président Wade et sa fondation apparaissent comme les principaux bénéficiaires de l’exploitation du monument…

Le président Wade a dessiné cette œuvre et il en détient les droits. Le monument a une durée de vie de mille deux cents ans, et le nom du concepteur y est lié. Quant aux droits patrimoniaux, ils sont limités dans le temps à cinquante ans. Le président prendra 35 % du bénéfice net généré par l’exploitation. Cet argent sera reversé à sa future fondation, qui financera la construction de « cases des tout-petits » [écoles maternelles]. 

L’inauguration du monument de la Renaissance africaine et le Festival mondial des arts nègres (Fesman III) ont été reportés à 2010. Ce sera donc une année hautement culturelle…

C’est une année phare pour l’Afrique. Il y a le Mondial, qui se déroulera pour la première fois en Afrique. C’est aussi le cinquantenaire de l’indépendance de la plupart de nos pays. Et la boucle sera bouclée avec le Fesman III. C’est le plus grand projet culturel du monde noir. On l’a reporté plusieurs fois, mais il se tiendra bien en décembre 2010.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Sénégal

Sénégal : l'opposant Samuel Sarr arrêté pour offense au chef de l'État

Sénégal : l'opposant Samuel Sarr arrêté pour offense au chef de l'État

L’opposant et ex-ministre sénégalais de l'Énergie Samuel Sarr, proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, a été inculpé et emprisonné pour offense au chef de l&[...]

Architecture : pourquoi s'approprier l'héritage colonial est une bonne chose

L'héritage achitectural colonial a souvent été délaissé en Afrique. Mais la tendance commence à s'inverser.[...]

CPI : Botswana, Sénégal et Sierra Leone se disputent la présidence de l'Assemblée

L'Assemblée des États parties au statut de Rome doit être présidée par un État africain en 2015. Mais aucun des trois candidats en lice ne se désiste pour un autre.[...]

Tragédie de Thiaroye : réponse à Julien Fargettas

Armelle Mabon est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Bretagne-Sud. Elle apporte ici ses commentaires à la lettre ouverte de Julien Fargettas au président de [...]

Sénégal : poussée de fièvre politico-militaro-judiciaire

Affaires Karim Wade, Abdoulaye Baldé ou Aissata Tall Sall : le thermomètre politico-judiciaire sénégalais indique une température singulièrement élevée. Et voilà que[...]

Sénégal : sept morts et trois blessés dans l'explosion d'une mine en Casamance

Sept personnes ont été tuées et trois grièvement blessées dans l'explosion d'une mine en Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion[...]

IIe guerre mondiale : les tirailleurs africains, ces héros de l'ombre

De Provence jusqu'en Alsace, des milliers de soldats venus des colonies sont morts pour libérer la France. Soixante-dix ans plus tard, Paris leur rend hommage. Une douzaine de chefs d'État africains devraient[...]

Tragédie de Thiaroye : lettre ouverte à François Hollande

Julien Fargettas est historien. Il a publié en 2012 l'imposant "Les Tirailleurs sénégalais", aux éditions Tallandier. Il a fait parvenir ce texte à François Hollande au mois de[...]

Procès Wade : vers l'évacuation sanitaire de "Bibo Bourgi" ?

Le principal complice présumé de Karim Wade, Bibo Bourgi, ne serait pas en état de comparaître devant la CREI, selon des expertises médicales. Un nouveau rebondissement qui pourrait[...]

Tirailleurs : le chagrin des indigènes

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen, Prix Ahmadou-Kourouma 2012 pour Le Terroriste noir, sur Addi Bâ, héros méconnu de la Résistance..[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers