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Ángel Lossada

24/11/2009 à 15:29
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Ángel Lossada Ángel Lossada © Vincent Fournier pour J.A

Secrétaire d’État espagnol aux Affaires étrangères

Diplomate de carrière, Ángel Lossada (47 ans) est un proche collaborateur de Miguel Ángel Moratinos, le chef de la diplomatie espagnole.

 

JEUNE AFRIQUE : Quelle est la place de l’Afrique dans la politique étrangère espagnole ?

ÁNGEL LOSSADA : Situés à moins de 15 km de nos côtes, les pays du sud de la Méditerranée sont forcément une de nos priorités. Il nous manquait une action plus structurée en direction de l’Afrique subsaharienne. Notre aide publique au développement est passée de 150 millions d’euros en 2004 à plus de 1 milliard en 2008. En 2006, nous avons établi un « Plan Afrique », qui vient d’être réactualisé pour la période 2009-2012.

Quelles en sont les grandes lignes ?

Nous privilégions l’approche régionale, l’alliance des civilisations et la défense des droits de l’homme. Cela se traduit par un soutien aux initiatives en faveur de la paix et de la démocratie, à la consolidation des institutions, à la lutte contre la pauvreté, à la promotion des investissements et des échanges et, enfin, à la bonne gestion des flux migratoires.

Cette nouvelle politique découle-t-elle de l’afflux de migrants africains sur vos côtes ?

Le phénomène a influencé notre réflexion. Aujourd’hui, 10 % de la population espagnole est d’origine étrangère, ce qui crée des contraintes en matière d’intégration et de dépenses sociales. Conséquence de la crise économique, l’augmentation du chômage nous oblige à mieux organiser les flux migratoires en fonction de l’offre d’emplois. Et à combattre les trafics illicites. C’est l’objectif des nouveaux accords de coopération migratoire conclus avec la Guinée, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Niger, le Cap-Vert et le Mali.

Êtes-vous prêts à discuter avec le Maroc d’une éventuelle restitution des enclaves de Ceuta et Melilla ?

Ces enclaves sont parties intégrantes du territoire espagnol.

Vos relations avec la Maroc sont bien meilleures qu’au temps de José María Aznar. Votre position sur la question du Sahara a-t-elle évolué ?

Concernant le droit à l’autodétermination des Sahraouis, nous avons toujours été favorables à une solution négociée, sous l’égide des Nations unies. Nous sommes en contact régulier avec les deux parties : le Polisario et l’État marocain. L’objectif est toujours le même : faire avancer le processus onusien.

Où en êtes-vous de votre différend avec l’Algérie concernant le prix et la distribution des produits de la Sonatrach ?

Il y a toujours des divergences de vues entre entreprises. Mais en matière énergétique, l’Algérie est un fournisseur fiable, essentiel. Les travaux de construction du gazoduc transméditerranéen Medgaz sont presque terminés. En mars 2010 auront lieu les tests de transport. L’ouvrage devrait être mis en service en juin 2010.

Quel était l’objectif de la dernière visite en Espagne de Mohamed Ould Abdelaziz, le président mauritanien ?

Il a surtout été question de la reprise de la coopération européenne. Une de nos préoccupations était le retour à la normalité démocratique et constitutionnelle. Nous sommes satisfaits de la bonne tenue du scrutin présidentiel. Les autorités doivent poursuivre dans cette voie.

Désespérez-vous d’accueillir à Barcelone le secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée ?

Je reste optimiste. Il est vrai que certains problèmes politiques – intégration des pays du Sud ou conflit du Proche-Orient – ont entraîné des retards, mais sur le secrétariat de l’UPM, ses statuts et ses attributions, les négociations sont très avancées. Et les projets ont démarré.

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