Extension Factory Builder

Rambert Namy : « Les opérateurs doivent aller vite dans le mobile payment »

16/11/2009 à 08:51
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rambert Namy : « Les opérateurs doivent aller vite dans le mobile payment » Rambert Namy : « Les opérateurs doivent aller vite dans le mobile payment » © Vincent Fournier pour Jeune Afrique

Ce spécialiste de monétique depuis quinze ans pose un regard prospectif sur les services de MPayment.

JEUNE AFRIQUE : Pourquoi assiste-t-on à l’explosion des services de MPayment en Afrique ?

Rambert Namy : Payer avec son mobile est d’abord un élément de différenciation sur un marché très concurrentiel. Ensuite, c’est un formidable moyen de fidéliser la clientèle. Il permet de réduire le churn, un problème majeur en Afrique qui consiste pour les clients à jongler entre les cartes Sim afin de passer d’un opérateur à un autre. On ne change pas de banque aussi facilement que de puce électronique. Enfin, les pionniers dans le MPayment ont l’avantage de prendre une longueur d’avance sur la concurrence. Au Kenya, les opérateurs peinent à reprendre des parts de marché au précurseur Safaricom, comme Zain qui a dû casser les prix. Les opérateurs veulent s’y mettre très vite. 

Le MPayment est-il rentable ?

Pas encore. Mais il semble que M-Pesa, le service de MPayment lancé en 2007 par Safaricom au Kenya, atteint tout juste l’équilibre aujourd’hui avec 7 millions de clients dans le pays. Doté d’un bon business plan et de structures de coûts réduits, on peut être rentable en trois ou quatre ans. La difficulté est d’avoir un nombre critique d’abonnés et de ne pas être cher. 

Où en est la réglementation en la matière ?

Pour se lancer dans le MPayment, il faut en général avoir une licence de monnaie électronique. Mais les pays africains n’ont pas tous un cadre réglementaire approprié. L’association des opérateurs mobiles GSMA, en coopération avec les Banques centrales africaines, travaille actuellement sur un cadre législatif harmonisé susceptible d’être déployé dans les pays qui en ont besoin. L’autre solution pour un opérateur est de nouer un partenariat avec une banque du pays et d’opérer sous sa licence. Cela rassure la Banque centrale sur la bonne conformité du service de MPayment. Ce schéma fonctionne dans l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest et va s’étendre en Afrique centrale, voire à Madagascar. 

Les opérateurs vont-ils finir par demander des licences bancaires ?

C’est l’éternel débat. Mais je ne vois pas un opérateur se muer en établissement financier. C’est un business différent qui exige des structures et des expertises spécifiques. En revanche, on peut imaginer des structures de services financiers dans lesquelles un ou plusieurs opérateurs prendraient des participations. 

Le transfert d’argent par mobile est-il totalement sûr ?

Il n’y a pas encore eu d’incident, à ma connaissance, mais il y aura des soucis provenant de hackers. Aux opérateurs de mettre en place les solutions techniques, des procédures strictes de contrôle et un hébergement sur un site suffisamment sécurisé. 

D’autres acteurs vont-ils émerger dans le domaine ?

Des sociétés se créeront en back-office, pour fournir l’infrastructure et assurer la gestion de services financiers. D’autres seront des prestataires des banques et noueront des partenariats avec les opérateurs. Et rien n’interdit aux banques de lancer leur service. La Société générale s’apprête à le faire. Quant à Nokia, il est entré en mars 2009 au capital d’Obopay, prestataire de services de paiement électronique. Il a mis au point des solutions multi-opérateurs. Il suffira d’avoir un téléphone Nokia.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Sur le même sujet
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Continental

Francophonie : Kamel Daoud reçoit le Prix des cinq continents

Francophonie : Kamel Daoud reçoit le Prix des cinq continents

C’est son roman "Meursault, contre-enquête", qui a valu à l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud le prix de l'Organisation internationale de la Francophonie. La récom[...]

L'institut Choiseul classe ses "100 leaders économiques africains de demain"

L'Institut Choiseul vient de publier la "Choiseul 100 Africa", un classement annuel identifiant les "leaders économiques de demain" parmi les jeunes dirigeants africains de 40 ans et moins. Certains[...]

Plus de 3 000 migrants ont péri en Méditerranée depuis début 2014

La traversée de la Méditerranée reste le voyage le plus meurtrier pour les migrants clandestins. Depuis début 2014, plus de 3 000 d'entre eux ont ainsi péri en chemin, selon l'Organisation [...]

Gouvernance en Afrique : votre pays est-il performant, selon l'indice Mo Ibrahim 2014 ?

La fondation Mo Ibrahim a publié, lundi 29 septembre, son indice annuel sur la gouvernance en Afrique. Bilan : l'Afrique progresse globalement, notamment grâce aux questions des droits de l'homme et de la[...]

Satan is back

Même si l'on reproche aux journalistes - souvent à raison - de ne parler de l'Afrique subsaharienne que sous l'angle de ses échecs, lesquels masquent le foisonnement de ses réussites[...]

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d'Abdou Diouf

Après 12 ans sous la férule de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin novembre[...]

La fondation pour l'Afrique de Borloo en marche d'ici la fin de l'année

Jean-Louis Borloo, qui s'est retiré de la vie politique en avril dernier, estime que sa fondation sur l'Afrique sera opérationnelle d'ici la fin de l'année, a-t-il indiqué dans un entretien au[...]

Ebola : le FMI accorde une aide supplémentaire aux pays touchés

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi une enveloppe supplémentaire de 130 millions de dollars en faveur des trois pays les plus frappés par Ebola (Guinée, Liberia, Sierra[...]

Burkina Faso : 4 octobre 1984, le discours historique de Sankara à l'ONU

Sankara visionnaire ? En se présentant, le 4 octobre 1984, à la tribune des Nations unies, le jeune capitaine burkinabè était loin d'imaginer que, 30 ans plus tard, la plupart des thèmes de son[...]

Afrique de l'Ouest : ce que vos dirigeants ont dit sur Ebola

Les dirigeants africains ont-ils pris suffisamment tôt la mesure du danger que représentait le virus Ebola ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons répertorié les[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers