Ministre de la Justice
On le présente parfois comme « un patriote rangé du bon côté ». Né en 1935, étudiant en 1959, Abdelouahed Radi a participé à la scission de l’Istiqlal – menée par les Ben Barka, Bouabid, Youssoufi, Fqih Basri… –, qui a donné naissance à l’Union nationale des forces populaires (UNFP), l’ancêtre de l’USFP, dont il est le premier secrétaire depuis novembre 2008. Néanmoins, il a toujours été un « légitimiste ». Au plus fort des périodes de crise, il est resté, selon l’un de ses amis, « loyal à sa famille politique et à la monarchie ».
Fils d’un caïd « nationaliste » de la région du Gharb, Radi a entamé une carrière de professeur en psychologie sociale à la faculté de Rabat. Député de Salé aux premières élections (1963), il a été régulièrement réélu avant de présider la Chambre des représentants, de 1997 à 2007. Un trait distinctif : ce socialiste propriétaire terrien ne s’est jamais laissé aller aux excès et dérives de la gauche. D’où sans doute la confiance sans faille du Palais à son endroit. Plusieurs années avant le « gouvernement de l’Alternance », Hassan II l’a nommé, en 1983, ministre de la Coopération internationale avant de lui confier le poste, délicat entre tous, de secrétaire général de l’Union arabo-africaine conclue avec Mouammar Kaddafi en 1984 et qui a duré deux ans. La confiance royale ne se dément pas aujourd’hui.
Mais pourquoi le portefeuille de la Justice, alors qu’il n’avait pas de compétences particulières en la matière ? Pour des raisons politiques, peut-être, sous-tendant une volonté de voir le grand parti de la gauche, battu aux dernières législatives de septembre 2007, rester au gouvernement avec un portefeuille respectable. De fait, la nomination de Radi un mois plus tard – en remplacement de Mohamed Bouzoubaa, avocat qui a piloté avec un certain succès la lutte contre le terrorisme, décédé des suites d’une longue maladie – n’a pas choqué le landerneau politique. Il faut dire qu’il possède deux vertus exceptionnelles qui ne sont pas toujours réunies : il rassure tout le monde et il a la confiance du Palais. Au lendemain de son élection à la tête de l’USFP, il a souhaité être déchargé de ses fonctions ministérielles pour se consacrer au parti, mais le roi a tenu à le maintenir pour mener à bien la réforme de la justice. C’est dire la place qu’il occupe dans le système de pouvoir.

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