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Nouréini Tidjani-Serpos, un « humaniste militant » à la conquête de l'Unesco

11/08/2009 à 14:35
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Poète, « humaniste militant » et actuel sous-directeur général de l’Unesco chargé de l’Afrique, le diplomate béninois briguera, en octobre, la succession du Japonais Koïchiro Matsuura à la tête de l’organisation.

L’homme est souriant, chaleureux, enthousiaste. Dernier candidat déclaré à la direction générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en remplacement du Japonais Koïchiro Matsuura, dont le mandat s’achève en septembre, le Béninois Nouréini Tidjani-Serpos (63 ans) ne doute pas une seconde de troquer prochainement son statut d’outsider contre celui de « candidat naturel ». Docteur ès lettres, poète et « humaniste militant », « NTS », comme on le surnomme, explique à qui veut l’entendre que, loin de le desservir, son expérience d’homme d’appareil est un gage de compétence pour diriger l’agence onusienne. « Étant de la maison, je serai immédiatement opérationnel », dit-il. Ancien exilé politique au Nigeria et fonctionnaire à l’Unesco depuis 1995, il se définit comme « un homme de vérité, de liberté et de justice ».

 

Rappelant le rôle clé de l’organisation onusienne, dont le siège est à Paris, dans la préservation de l’environnement (notamment par le biais de la Commission océanographique intergouvernementale), NTS jure : « Mon Unesco à moi, c’est de transmettre à nos enfants une planète propre, pas un cimetière. »

Autre priorité affichée : la transmission des connaissances. Le candidat béninois veut « une organisation qui aide les enfants à devenir un jour des producteurs de savoir ». Or près de 1 milliard d’êtres humains ne sont jamais allés à l’école. D’où la nécessité absolue de se « focaliser sur les questions d’éducation ».

Ancien sous-directeur général du département Afrique de l’organisation, NTS, qui se présente comme « ancien ministre des Affaires étrangères de l’Unesco », n’oublie pas ses racines, ce « continent-passerelle » où il est né. Selon une règle tacite, la direction de l’Unesco devrait échoir, en octobre, à un candidat africain ou arabe. Même s’il ne bénéficie pas du soutien officiel de l’Union africaine, qui a pris position pour Farouk Hosni, le ministre égyptien de la Culture, NTS jure que sa candidature, annoncée au mois de mai, juste avant l’expiration du délai légal, n’est « pas retirable ». « Mon pays, le Bénin, est décidé à aller jusqu’au bout pour me soutenir, croit-il savoir. Chaque voix comptera, et nul ne peut prédire aujourd’hui le verdict des urnes, en septembre. » Il enchaîne par quelques vers de son cru :

« Les rébellions des miens

Ont construit en moi

La demeure où les Grands Initiés

Se rencontrent pour bâtir

La cité de la paix et de la tolérance. »

Nouréini Tidjani-Serpos n’omet pas de saluer l’action africaine de l’ancien président français Jacques Chirac, dont la fondation s’est, dit-il, « précieusement » engagée dans la sauvegarde des langues rares. L’un des nombreux défis que l’Unesco devra relever. 

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