À l’approche de la présidentielle, le député et vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), le parti de Gilchrist Olympio, explique pourquoi les deux principaux camps de l’opposition parlementaire ont décidé de faire front commun.
Jeune Afrique : L’opposition présentera-t-elle un candidat unique en 2010 ?
Patrick Boevi Lawson-Banku : Les tractations sont en cours avec d’autres formations, notamment avec le CAR, le Comité d’action pour le renouveau, pour effectivement dégager une candidature unique.
Votre candidat, Gilchrist Olympio, peut-il concourir normalement ?
Il réside au Togo. Le seul critère qui pose encore un problème est le quitus fiscal, qui ne figure pas dans la Constitution, mais dans le code électoral. Tous les juristes vous diront que cette mesure est anticonstitutionnelle, mais le pouvoir continue de chercher à censurer la candidature de certains à travers des lois taillées sur mesure.
N’est-il pas l’homme du passé ?
Il y a eu des débats au sein de l’UFC, et, au final, tout le monde s’est rassemblé sur son nom. Il est le visage historique de ce parti et représente des années de lutte, parfois violente. En quoi est-il l’homme du passé ? Ce n’est pas la jeunesse qui fait le combat. Le chef de l’État est jeune. A-t-il changé ce pays ?
Les autres partis de l’opposition sont-ils légitimes à vos yeux ?
Sont opposants ceux qui ne sont pas au gouvernement et qui œuvrent à l’alternance.
Que vous inspire la reprise de la coopération internationale avec le Togo ?
Elle justifie un bilan, mais c’est du pipeau. Compte tenu des conditions dans lesquelles Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005, on attendait bien mieux. Rien n’est perceptible sur le terrain. L’Assemblée nationale, qui n’a aucune orthodoxie financière, approuve des dépenses somptuaires. Le budget de l’État n’est pas contrôlé. La Cour des comptes, qui vient d’être nommée, est une coquille vide.
L’UFC passe pour le parti du refus permanent…
Nous ne sommes pas là pour aider un parti à mettre en place une stratégie visant à le maintenir au pouvoir indéfiniment et par tous les moyens. Ce régime est incapable de donner une lueur d’espoir aux Togolais. Ne comptez pas sur nous pour le cautionner.
Êtes-vous confiant pour le prochain scrutin ?
Un régime qui est au pouvoir depuis quarante ans ne le rendra pas sur un plateau. La transparence dépendra de sa volonté d’accélérer les réformes institutionnelles et constitutionnelles en cours, notamment le code électoral, les conditions d’éligibilité des membres, la Ceni et le rôle de la Haute Autorité de la communication dans la répartition du temps de parole des candidats.
Portez-vous l’installation de la Commission vérité, justice et réconciliation au crédit du gouvernement ?
Ce n’est pas parce que nous avons passé la Pentecôte qu’un esprit sain est tombé sur cette commission ! Elle est certes dirigée par un prélat. Mais ses membres sont, là aussi, contestables, notamment sa vice-présidente, qui n’est autre que l’ancienne présidente de la Commission électorale lors de la présidentielle de 2005. On ne peut être à la fois juge et partie.

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