Secrétaire exécutif du Nepad
Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) a désormais un « bon chauffeur », conformément au vœu exprimé par le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 13 mai à Dakar, lors de l’assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD). Ce « chauffeur » s’appelle Ibrahim Assane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger (novembre 1997-janvier 2000). Peu après sa prise de fonctions à Midrand (Afrique du Sud), où siège le Nepad, il nous a rendu visite. Il nous a parlé de son rôle, de l’intégration du Nepad à l’Union africaine (UA) et de sa prochaine « renaissance » lors du sommet de Syrte, en Libye, du 24 juin au 3 juillet prochain.
Mayaki demande à être jugé sur ses résultats avant tout. « Un bon chauffeur se repère à sa conduite », dit-il avec le sourire. C’est ce qui a manqué justement au Nepad, une structure créée en 2001 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) juste avant sa disparition. Elle sera en définitive approuvée par l’Union africaine lors de son premier sommet à Durban, en juillet 2002.
Conçu pour faciliter l’intégration économique du continent africain, le Nepad s’est vite embourbé dans la complexité des programmes et des projets proposés par les uns et par les autres. « C’est devenu un fourre-tout », explique Mayaki. Les bailleurs de fonds appelés à contribuer à son financement ont réclamé une liste des projets prioritaires et des études sérieuses sur leur utilité. La BAD a ainsi été appelée à la rescousse pour aider à définir une stratégie à moyen terme (2015) et une vision à plus long terme (2030). Entre-temps, le secrétaire exécutif du Nepad, le Mozambicain Firmin Mucavele, a été rappelé par son gouvernement. Pour son remplacement, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, opte pour un mode de sélection selon le mérite : au lieu de la désignation pure et simple, il fait un appel à candidatures. Quatre-vingts candidats se présentent. Mayaki fera partie de la « short list » de trois noms. Après une série d’entretiens, il sera finalement l’heureux élu. Adoubé le 2 février 2009 par l’UA, il a pris ses fonctions en avril dernier.
Né en 1951, Mayaki est diplômé de la Sorbonne, où il a obtenu un doctorat en sciences administratives, et de l’École nationale d’administration publique (Enap) du Québec. En janvier 1996, il devient ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine, puis ministre des Affaires étrangères. Il sera propulsé Premier ministre en novembre 1997, fonction qu’il occupe jusqu’en janvier 2000. Quelques mois plus tard, il crée un think-tank sur les politiques de santé et d’éducation avant de se voir confier la direction de la Plate-forme pour l’appui au développement rural en Afrique de l’Ouest (2004-2009). Avec le Nepad, il passe à la vitesse supérieure : choisir les meilleurs projets d’intégration africaine, mobiliser les ressources et superviser leur mise en œuvre.

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