Ibrahim Assane Mayaki

29/06/2009 à 16h:34 Samir Gharbi
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Secrétaire exécutif du Nepad

Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) a désormais un « bon chauffeur », conformément au vœu exprimé par le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 13 mai à Dakar, lors de l’assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD). Ce « chauffeur » s’appelle Ibrahim Assane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger (novembre 1997-janvier 2000). Peu après sa prise de fonctions à Midrand (Afrique du Sud), où siège le Nepad, il nous a rendu visite. Il nous a parlé de son rôle, de l’intégration du Nepad à l’Union africaine (UA) et de sa prochaine « renaissance » lors du sommet de Syrte, en Libye, du 24 juin au 3 juillet prochain. 

Mayaki demande à être jugé sur ses résultats avant tout. « Un bon chauffeur se repère à sa conduite », dit-il avec le sourire. C’est ce qui a manqué justement au Nepad, une structure créée en 2001 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) juste avant sa disparition. Elle sera en définitive approuvée par l’Union africaine lors de son premier sommet à Durban, en juillet 2002.

Conçu pour faciliter l’intégration économique du continent africain, le Nepad s’est vite embourbé dans la complexité des programmes et des projets proposés par les uns et par les autres. « C’est devenu un fourre-tout », explique Mayaki. Les bailleurs de fonds appelés à contribuer à son financement ont réclamé une liste des projets prioritaires et des études sérieuses sur leur utilité. La BAD a ainsi été appelée à la rescousse pour aider à définir une stratégie à moyen terme (2015) et une vision à plus long terme (2030). Entre-temps, le secrétaire exécutif du Nepad, le Mozambicain Firmin Mucavele, a été rappelé par son gouvernement. Pour son remplacement, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, opte pour un mode de sélection selon le mérite : au lieu de la désignation pure et simple, il fait un appel à candidatures. Quatre-vingts candidats se présentent. Mayaki fera partie de la « short list » de trois noms. Après une série d’entretiens, il sera finalement l’heureux élu. Adoubé le 2 février 2009 par l’UA, il a pris ses fonctions en avril dernier. 

Né en 1951, Mayaki est diplômé de la Sorbonne, où il a obtenu un doctorat en sciences administratives, et de l’École nationale d’administration publique (Enap) du Québec. En janvier 1996, il devient ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine, puis ministre des Affaires étrangères. Il sera propulsé Premier ministre en novembre 1997, fonction qu’il occupe jusqu’en janvier 2000. Quelques mois plus tard, il crée un think-tank sur les politiques de santé et d’éducation avant de se voir confier la direction de la Plate-forme pour l’appui au développement rural en Afrique de l’Ouest (2004-2009). Avec le Nepad, il passe à la vitesse supérieure : choisir les meilleurs projets d’intégration africaine, mobiliser les ressources et superviser leur mise en œuvre.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait suivant :
Frédéric Mitterrand

Portrait précédent :
Jeannot Bemba Saolona

Continental

Tennis : les Africains de Roland Garros

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du te[...]

Piraterie : pourchassés, les flibustiers somaliens changent de tactique

Ils sévissaient surtout le long des côtes somaliennes. Traqués de tous côtés, les flibustiers écument désormais de plus en plus les eaux du golfe de Guinée et changent de[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Afrique-Amérique du Sud : le Brésil aux premières loges

Prévu les 15 et 16 mai, le sommet Afrique-Amérique du Sud a été reporté sine die. Mais si ses voisins latino-américains manquent d'empressement, le Brésil s'implante[...]

France : l'AFD satisfaite de l'exercice 2011

Malgré une stabilisation des engagements sous la barre des 7 milliards d'euros l'an passé, le directeur général de l'Agence française de développement, Dov Zehra, s'est [...]

France : Hélène Le Gal, nouvelle "Madame Afrique"

Récusée comme ambassadrice de France au Rwanda, la diplomate Hélène Le Gal revient au premier plan par la grande porte : celle de l'Élysée, version Hollande.[...]

Hollande et l'Afrique : un continent, sept priorités

Le candidat Hollande en a très peu parlé durant la campagne. Mais un certain nombre de sujets devraient rapidement s'imposer à lui.[...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Mali - Soudan du Sud : Amadou Ousmane Guitteye, gardien du ciel africain

Passionné d'aviation civile depuis toujours, le Malien Amadou Ousmane Guitteye est en passe de faire entrer un 19e État (le Soudan du Sud) dans l'Agence pour la sécurité de la navigation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers