Extension Factory Builder

Amadou Mahtar Mbow

23/06/2009 à 16:32
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Président du comité national de pilotage des Assises nationales du Sénégal

Jeune Afrique : Les conclusions des Assises nationales lancées le 1er juin 2008 et la « Charte de la gouvernance démocratique » ont été rendues publiques le 24 mai. Ont-elles été officiellement remises au chef de l’État ?

Amadou Mahtar Mbow : Il n’y a pas eu de remise officielle. Nous avons créé une commission spéciale chargée de préparer leur diffusion en français, en anglais, en arabe et dans plusieurs langues nationales. Nous mettons en place un comité de suivi des Assises. Et nous planchons aussi sur le financement des activités à venir.

 

Pensez-vous que le gouvernement tiendra compte des Assises ?

Si le pouvoir utilise nos recommandations, il en tirera profit. Mais il faut savoir que nous n’avons pas tenu ces assises pour un pouvoir ou pour un gouvernement. Nous renvoyons tout au peuple. Nous devons renverser la vision que l’on a de la vie politique. La population doit s’approprier sa citoyenneté et l’exercer en toute connaissance de cause. Dans la charte, nous avons d’ailleurs prévu le renforcement des organes de contrôle pour que ceux qui sont tentés d’utiliser indûment les biens publics puissent être poursuivis. Si nous voulons que les choses changent, les populations doivent devenir les acteurs de ce changement. Et c’est possible.

 

Les Assises nationales peuvent-elles favoriser le dialogue politique ?

Elles ont permis aux responsables politiques de se rencontrer et de se parler. Ils ont travaillé avec les autres participants, notamment les représentants de la société civile et de la population. De là est venue la confiance. Nous œuvrons pour trouver ensemble des solutions aux problèmes du Sénégal. Ces assises ne sont ni celles de l’opposition ni celles du pouvoir. Elles appartiennent aux Sénégalais. D’ailleurs, les politiques qui y ont participé ont eu un comportement exemplaire. Jamais ils n’ont cherché à se les approprier.

 

Avant ces Assises, dans un premier temps dénoncées par le pouvoir, vous avez rencontré le président de la République. L’avez-vous revu ?

Je l’ai rencontré une première fois avant le lancement. Je lui ai dit que la situation du pays s’était détériorée et que les gens devaient chercher des solutions consensuelles aux problèmes. En septembre 2008, lorsque nous nous sommes revus, je l’ai invité à venir aux Assises et il a répondu : « Faites les assises. On verra après. » Nous verrons donc ce qui se passera.

 

Ces Assises nationales ont-elles inspiré d’autres Africains ?

Il y a beaucoup de gens de différents pays d’Afrique qui ont manifesté leur intérêt. Toute la méthodologie sera mise à leur disposition. Ils peuvent s’inspirer de l’exemple sénégalais, mais ils l’adapteront. Nous sommes de farouches partisans de l’intégration africaine.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Sénégal

Architecture : pourquoi s'approprier l'héritage colonial est une bonne chose

Architecture : pourquoi s'approprier l'héritage colonial est une bonne chose

L'héritage achitectural colonial a souvent été délaissé en Afrique. Mais la tendance commence à s'inverser.[...]

CPI : Botswana, Sénégal et Sierra Leone se disputent la présidence de l'Assemblée

L'Assemblée des États parties au statut de Rome doit être présidée par un État africain en 2015. Mais aucun des trois candidats en lice ne se désiste pour un autre.[...]

Tragédie de Thiaroye : réponse à Julien Fargettas

Armelle Mabon est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Bretagne-Sud. Elle apporte ici ses commentaires à la lettre ouverte de Julien Fargettas au président de [...]

Sénégal : poussée de fièvre politico-militaro-judiciaire

Affaires Karim Wade, Abdoulaye Baldé ou Aissata Tall Sall : le thermomètre politico-judiciaire sénégalais indique une température singulièrement élevée. Et voilà que[...]

Sénégal : sept morts et trois blessés dans l'explosion d'une mine en Casamance

Sept personnes ont été tuées et trois grièvement blessées dans l'explosion d'une mine en Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion[...]

IIe guerre mondiale : les tirailleurs africains, ces héros de l'ombre

De Provence jusqu'en Alsace, des milliers de soldats venus des colonies sont morts pour libérer la France. Soixante-dix ans plus tard, Paris leur rend hommage. Une douzaine de chefs d'État africains devraient[...]

Tragédie de Thiaroye : lettre ouverte à François Hollande

Julien Fargettas est historien. Il a publié en 2012 l'imposant "Les Tirailleurs sénégalais", aux éditions Tallandier. Il a fait parvenir ce texte à François Hollande au mois de[...]

Procès Wade : vers l'évacuation sanitaire de "Bibo Bourgi" ?

Le principal complice présumé de Karim Wade, Bibo Bourgi, ne serait pas en état de comparaître devant la CREI, selon des expertises médicales. Un nouveau rebondissement qui pourrait[...]

Tirailleurs : le chagrin des indigènes

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen, Prix Ahmadou-Kourouma 2012 pour Le Terroriste noir, sur Addi Bâ, héros méconnu de la Résistance..[...]

DP World en pleine tourmente sur le continent

Alors qu'il aligne les bonnes performances à travers le monde, en Afrique, le troisième opérateur portuaire mondial collectionne les ennuis et les scandales. Le dernier en date, à Djibouti,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers