Extension Factory Builder

Ali Lamine Zeine : « Tous les revenus miniers sont réinvestis »

14/05/2009 à 15:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Parmi les pays les plus dynamiques d’Afrique en 2008, avec 9,5 % de croissance, le Niger est rattrapé par la crise. Il mise sur l’investissement pour soutenir l’activité.

Propos recueillis par Marianne Meunier et Jean-Michel Meyer

Jeune Afrique : La crise mondiale a été le sujet central des assemblées du FMI et de la Banque mondiale, auxquelles vous venez d’assister. Comment le Niger y réagit-il ?

Ali Lamine Zeine : Tout a commencé en 2008, avec la crise alimentaire. À l’époque, nous avons pris un ensemble de mesures budgétaires. Des produits de consommation courante ont été défiscalisés, ce qui a maintenu un niveau de prix compatible avec les revenus des citoyens. Au total, plus de 22 milliards de F CFA [34 millions d’euros, NDLR] ont été dépensés en 2008 pour faire face à la flambée des prix. Ensuite, il y a eu la crise financière. Elle n’affecte pas directement les pays de l’UEMOA mais, sur le plan économique, c’est autre chose. L’aide représente environ 40 % du budget de l’État, et nous savons bien que les bailleurs s’emploieront à régler leurs propres problèmes plutôt que d’envoyer de l’aide à l’extérieur. 

Le FMI table sur une croissance du PIB de 3 % pour le Niger en 2009, loin des 9,5 % de 2008. Comment maintiendrez-vous le budget à l’équilibre tout en stimulant l’économie ?

Le budget 2009 est bouclé. Il sera à l’équilibre. Nous ne ressentirons les effets de la crise qu’en 2010. Pour cette année, nous avons versé dans le budget l’intégralité des revenus miniers, soit 300 millions de dollars. Sur un budget de 735 milliards de F CFA, nous investirons 475 milliards, notamment dans les mines et les infrastructures. Tous les revenus des mines sont réinvestis. 

En 2007, le gouvernement a annoncé les premiers barils de pétrole pour 2009-2010. Le calendrier sera-t-il respecté ?

Le contrat que nous avons signé avec notre partenaire chinois [China National Oil and Gas Exploration and Development Corporation, NDLR] est en cours d’exécution. Je suis confiant, le délai sera tenu. Les premiers barils seront remplis avant fin 2010, au rythme de 20 000 par jour pour commencer. 

Début 2008, Areva a accepté le doublement du prix de l’uranium. Comment en êtes-vous arrivés là ?

Le Niger a fait entendre la nécessité de revoir l’accord. Nous mesurons l’importance de l’uranium pour un pays comme la France. Nous savons aussi très bien ce que représentent les ressources financières qui en sont tirées pour un pays qui se bat comme le Niger. Nous avons donc voulu poser les jalons d’une coopération bâtie sur le concept « gagnant-gagnant ». La visite du président français Nicolas Sarkozy à Niamey [fin mars dernier, NDLR] a sanctionné ces efforts. 

Le nouveau tarif s’appliquera-t-il aussi à l’uranium extrait d’Imouraren, l’exploitation inaugurée le 4 mai ?

Oui, ce contrat a aussi permis de revoir le prix du kilo. On l’estime aujourd’hui à 55 000 F CFA. Mais l’exploitation d’Imouraren, qui représente un investissement de 1,6 milliard d’euros, est également pourvoyeuse d’emplois puisqu’elle permettra le recrutement de 3 000 personnes. Mais il faut néanmoins préciser que l’élevage et l’agriculture sont les principales richesses du Niger, assurant 25 % des revenus de l’État. 

Allez-vous diversifier vos partenaires, notamment dans le pétrole ?

Plus qu’une volonté, c’est un fait avéré. Mettre en compétition plusieurs partenaires présente des avantages pour un pays qui veut sortir de sa situation de faiblesse. Quand le Niger a voulu réviser les contrats d’exploitation des mines d’uranium, certains ont dit que le pays défiait la France. Mais c’est moins une attitude de défiance qu’une nécessité.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Niger

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Niger : Mohamed Bazoum quitte la diplomatie pour se rapprocher d'Issoufou

Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères, a été promu mercredi ministre d'État à la présidence. Il est remplacé à la tête de la[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Boko Haram : la sale guerre a commencé

Composée des troupes du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, la force régionale s'est lancée dans la bataille pour enrayer l'avancée de la secte jihadiste Boko Haram. Une course contre la[...]

Boko Haram, la tactique du boucher

Le groupe islamiste agit-il en ordre dispersé ou suivant une véritable stratégie militaire ? De batailles en massacres, son organisation se dévoile peu à peu.[...]

Cartographie - Boko Haram sur les traces du califat de Sokoto ?

Les dirigeants de Boko Haram rêveraient-ils de faire revivre le califat de Sokoto, établi au XIXe siècle et disparu au moment de la colonisation britannique ? Leurs intentions ne sont pas claires.[...]

Pour Fabius, le Nigeria doit s'engager "pleinement" contre Boko Haram

Le Nigeria doit s'engager "pleinement" dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram, qui contrôlent de vastes territoires dans le nord-est du pays, a déclaré le ministre français des[...]

Attaque de Boko Haram au Niger : 7 soldats nigériens et 14 islamistes tués

Sept soldats nigériens et 14 combattants de Boko Haram sont morts vendredi soir lors de combats survenus dans un village du sud-est du Niger attaqué par le groupe islamiste armé, a-t-on appris samedi[...]

Boko Haram : Laurent Fabius au Tchad pour souligner la "solidarité" de la France

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, débute samedi une tournée au Tchad et au Cameroun, avant le Niger dimanche, pour affirmer "la solidarité" de Paris[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers