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Patrice Fonlladosa

31/03/2009 à 10:27
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PDG de Veolia Water AMI

Jeune Afrique : Quels sont les enjeux de ­l’assainissement de l’eau en Afrique ?

Patrice Fonlladosa : L’assainissement est le parent pauvre du développement, délaissé trop longtemps au profit de l’eau potable. Or les bénéfices de l’assainissement sont fondamentaux pour le développement socio-économique et humain des populations et pour la qualité du milieu naturel. Cet enjeu crucial dépend de la volonté politique de chaque pays. Au Maroc, la collecte et la dépollution des eaux usées sont devenues une priorité nationale. C’est d’ailleurs la volonté politique des pays d’Afrique du Nord qui tire les investissements dans le domaine. En revanche, en Afrique subsaharienne, la prise de conscience des autorités est plus timide et peut parfois passer pour un désintérêt politique en matière de protection de l’environnement et d’amélioration de la santé publique par la dépollution des eaux usées.

 

Comment s’articulent les contrats et projets d’assainissement au Maroc ?

En 2002, nous avons remporté auprès du ministère de l’Intérieur trois contrats de délégation de service public sur la gestion de l’eau et de l’énergie sur Tanger, Rabat et Tétouan intégrant l’assainissement. Ces types de concession, d’une durée de vingt-cinq ans, s’inspirent fortement de la délégation de service public à la française. Nous prenons en charge les projets d’infrastructures, que nous préfinançons avant de nous rembourser progressivement sur la facturation des services d’eau aux usagers dont les tarifs sont fixés par l’État. Celui-ci procède à un contrôle encore plus strict qu’en Europe du bon déroulement des projets. Et il préfère en général renoncer à l’aide financière des bailleurs de fonds sur de grands programmes d’assainissement.

 

Pourquoi les États se détournent-ils des aides des bailleurs de fonds ?

Dans chaque projet, leur proposition de subventions est suspendue à la décision souveraine des États. Les plus riches d’Afrique souhaitent ne pas se voir imposer les contingences de gouvernance que ces organismes imposent souvent lorsqu’ils sont partie prenante d’un projet. Notre politique en la matière est un peu novatrice, nous avons fait entrer en 2007 l’AFD et la Banque mondiale à hauteur de 20 % dans le capital de Veolia Water AMI, pour nous conforter dans notre modèle de bonne gouvernance dans la gestion de nos contrats et donner une vraie vision à long terme à notre développement en Afrique.

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