Extension Factory Builder

Don Bigg

03/02/2009 à 14:42
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Don Bigg Don Bigg

De son vrai nom Taoufik Hazeb, il est la star montante du hip-hop marocain.

JEUNE AFRIQUE : La darija que vous employez dans vos textes choque. Beaucoup la considèrent comme vulgaire…

DON BIGG : J’utilise le seul langage qui existe au Maroc : celui de la rue. C’est une hypocrisie sociale que de trouver cette langue vulgaire. Je ne veux pas rentrer dans le jeu du formatage télé ou radiophonique, je laisse ça à d’autres qui font ça très bien. Si je faisais ça, je servirais moi aussi cette société schizophrène et hypocrite que je dénonce dans mes chansons.

Vos textes sont très politiques. Vous n’avez jamais de problèmes de censure ?

Ils ne sont pas uniquement politiques. Je chante ce que je vois, ce que je vis. Je peux rapper sur la corruption comme sur les grosses bagnoles, sur ce qui est bien au bled comme sur ce qui ne va pas… Pour ce qui est de la censure, bien sûr qu’elle existe encore, mais sous de nouvelles formes. Un exemple : quand j’ai voulu sortir mon premier CD, je suis allé voir la seule maison de disques marocaine. J’ai essuyé un refus catégorique sous prétexte que mes paroles ne correspondaient pas aux principes de la maison. Mais à présent que je suis connu et que j’ai quelques moyens, je peux dire ce que je veux. C’est d’une hypocrisie hallucinante.

Absence d’industrie du disque, piratage, faibles cachets… La plupart des rappeurs peinent encore à vivre de leur art. C’est aussi votre cas ?

Quand j’ai débarqué, la condition des artistes était misérable. Aujourd’hui, les choses commencent à changer. Quelques groupes arrivent à gagner décemment leur vie. Mais il faut encore professionnaliser les choses. Je viens d’ailleurs de créer ma propre maison de production pour aider les groupes locaux à s’en sortir. Quant au piratage, on peut s’en servir. Les vendeurs de CD piratés ne sont pas des voleurs, mais de pauvres gens qui gagnent 1 ou 2 dirhams par album vendu. Si on leur propose de vendre demain un disque officiel avec une plus grande marge, je suis sûr qu’ils le feront. C’est ce que je compte faire pour mon nouvel album. Qu’on le veuille ou non, le circuit de l’informel peut être un formidable outil de distribution.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Maroc

Innovation : l'Afrique fait ses gammes

Innovation : l'Afrique fait ses gammes

 La 7e édition de l'Indice mondial de l’innovation (GII) vient de paraître. Cette année, le rapport co-publié par l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OM[...]

Le Maroc, la présentatrice égyptienne et les travailleurs du sexe

Les Marocains dénoncent des assauts d’"antimarocanisme" primaire de la part des médias égyptiens. En cause : les scènes caricaturales d’une série télé et,[...]

Mohammed VI : mosquées marocaines sous surveillance

En interdisant aux imams toute activité politique ou syndicale, le roi du Maroc Mohammed VI renforce son ascendant sur les lieux de culte. Un processus entamé il y a plus de dix ans.[...]

Les secrets du succès des Chaabi

Il y a le père, Miloud, berger devenu milliardaire. Et ses enfants, qui règnent avec lui sur Ynna Holding, groupe présent de l'immobilier à la grande distribution. Visite d'un empire[...]

Maroc : au 23 morts dans l'effondrement d'immeubles à Casablanca

Après trois jours de recherches, les autorités marocaines ont annoncé, dimanche soir, qu'au moins 23 personnes sont mortes dans l'effondrement d'immeubles d'habitation à Casablanca le 12 juillet.[...]

Maroc : Espagnols cherchent travail

Fuyant le chômage et la crise, de nombreux Ibériques - toutes catégories sociales confondues - tentent leur chance au Maroc. Avec des fortunes diverses.[...]

Maroc : au moins 8 morts dans l'effondrement d'immeubles à Casablanca

Au moins huit personnes sont mortes dans l'effondrement de trois immeubles survenus dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, la capitale économique du Maroc, selon un nouveau bilan provisoire[...]

Maroc : au moins quatre morts dans l'effondrement de trois immeubles à Casablanca

Trois immeubles se sont effondrés vendredi matin à Casablanca, au Maroc, sur le boulevard Mehdi Ben Barka, faisant au moins quatre morts et des dizaines de blessés. Le drame aurait paradoxalement[...]

Expatriés : les villes africaines toujours plus chères !

Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations[...]

Maroc : trois ans de prison pour des militants dénonçant les conditions d'exploitation d'une mine

Une cour d’appel de Ouarzazate a condamné à trois ans de prison ferme trois militants contre les conditions de gestion et d’exploitation d’une mine d’argent dans le sud-est du Maroc,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers