Extension Factory Builder

Ibrahim Ag Bahanga

27/01/2009 à 11:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Ibrahim Ag Bahanga Ibrahim Ag Bahanga

Lâché par une partie de ses troupes, le chef des rebelles touaregs paraît de moins en moins soutenu dans sa lutte contre le pouvoir central.

Le parcours chaotique d’Ibrahim Ag Bahanga, chef du mouvement touareg de l’Adrar des Ifoghas, dans l’extrême nord-est du Mali, est celui d’un rebelle permanent. Il entame sa « carrière » dans les rangs de l’Azawad, à la fin des années 1980. Il n’y brillera pas particulièrement. Il est vrai que ses faits d’armes relèvent plus de la légende que de la réalité du champ de bataille. Comment, avec un parcours aussi terne, a-t-il fini par s’imposer ? Son jusqu’au-boutisme, sans doute.

Tombouctou, mars 1996. Le président Alpha Oumar Konaré et son invité, le Ghanéen Jerry Rawlings, président la cérémonie de la Flamme de la paix. Les rebelles de l’Azawad ont déposé leurs armes et en ont fait un bûcher symbolique. En marge des festivités, un homme boude. Ibrahim Ag Bahanga estime que ses chefs ont trahi la cause touarègue. Il regarde son arme qui se consume et rumine le sort que lui a réservé l’accord de paix : une intégration au sein de l’armée avec le grade de simple caporal. Indigne de son rang princier au sein de la tribu des Kel Ifoghas. Quelques mois plus tard, il déserte. En décembre 2000, il attaque une position de l’armée, achève des blessés et prend en otages une dizaine de soldats. Ses revendications ? Transformer son village, Tin-Essako, en commune et réintégrer l’armée. Au bout de longs mois de négociations, Bahanga relâche ses prisonniers. Tin-Essako devient une municipalité, mais Konaré est intransigeant : pas question de réintégration au sein de l’armée.

En mai 2006, Bahanga fédère les mécontents de sa communauté au sein d’une Alliance démocratique pour le changement (ADC) et revendique… l’indépendance. Ses compagnons de l’ADC tentent de nuancer ses exigences et demandent une large autonomie pour la région de Kidal. « Pas question, répondent les autorités de Bamako et le facilitateur algérien, l’intégrité territoriale du Mali n’est pas négociable. » Un accord est signé à Alger, le 4 juillet 2006. Une nouvelle fois, Bahanga boude la cérémonie. L’accord fait long feu, et le rebelle multiplie les violations, avec de nombreuses attaques contre les convois de l’armée. Ses rapports avec les salafistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) implantés sur le même territoire ainsi qu’avec les trafiquants en tout genre sont troubles. Son intransigeance finit par lasser ses plus fidèles compagnons, dont le lieutenant-colonel Hassan Fagaga, qui décide, le 4 janvier 2009, à la tête de 300 combattants de l’ADC, de déposer les armes. Plus seul que jamais, il est aussi lâché par son parrain libyen, Mouammar Kadhafi, qui se félicite de la reddition de Fagaga. Quinze jours plus tard, l’armée malienne prend d’assaut la base arrière de Bahanga à Tinsalak. Lâché par les siens, traqué de toutes parts, l’homme qui rêvait d’être un héros touareg est aujourd’hui un vulgaire bandit de grand chemin.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait suivant :
Amadou Thiam, l'Ivoirien de Rabat

Portrait précédent :
Mamadou Dia

Mali

Mali : trois morts dans des accrochages entre soldats et bandits armés près de la frontière burkinabè

Mali : trois morts dans des accrochages entre soldats et bandits armés près de la frontière burkinabè

Trois bandits armés ont été tués mercredi au Mali dans un accrochage avec des soldats maliens à Boulkessi, près de la frontière avec le Burkina Faso,.[...]

Soumaïla Cissé : "Dans le nord du Mali, le processus de paix est bloqué"

Leader de l'Union pour la république et la démocratie (URD) et opposant numéro un au président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), Soumaïla Cissé va officiellement devenir le chef de[...]

Hôtellerie : bientôt un Sheraton à Bamako ?

 L'homme d'affaires ivoiro-malien Cesse Kome va signer un accord avec Sheraton, marque de l'américain Starwood Hotels & Resorts, pour la construction d'un hôtel à Bamako, a appris "Jeune[...]

Fatoumata Diawara, artiste sans frontières

À l'affiche de plusieurs films, la Malienne Fatoumata Diawara est aussi une chanteuse reconnue. Rencontre à Ouagadougou.[...]

Mali : le Mujao revendique le meurtre d'un employé du CICR près de Gao

Le Mujao a revendiqué lundi l'attaque dans le Nord-Mali d'un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans laquelle un chauffeur a été tué.[...]

Mali : l'ex-président ATT peut-il revenir à Bamako ?

Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées jeudi à Bamako pour demander le retour de l'ex-président malien Amadou Toumani Touré, exilé au Sénégal depuis 2012.[...]

Lassana Bathily décoré de la médaille du courage par le Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles

Lassana Bathily, le jeune Malien qui a sauvé quatre personnes lors de la prise d'otages de l'Hyper Cacher en France, le 9 janvier, a été décoré mardi de la médaille du courage par le[...]

Terrorisme au Sahel : la stratégie de Sisyphe

Peut-être a-t-on crié victoire un peu vite : il ne suffit pas de couper quelques têtes pour éradiquer la menace jihadiste. Soldats français et Casques bleus l'apprennent à leurs[...]

Mali : la résolution de la crise du Nord, thème officieux de la visite officielle d'IBK à Alger

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a entamé dimanche un voyage officiel de trois jours en Algérie. Il sera particulièrement question du fragile processus de paix malien, dans lequel Alger[...]

Mali : en plein marché, Aqmi décapite un homme accusé de travailler pour les Français

Des combattants d'Aqmi ont tué par balle puis décapité jeudi un civil qu'ils accusaient de travailler pour les forces françaises au Mali. L'exécution s'est déroulée en plein[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces