Extension Factory Builder

Adieu 2011 : ça promet pour 2012...

26/12/2011 à 10h:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Quelle année ! Comment, malgré l’accoutumance à cette drogue que sont pour les journalistes les éruptions de l’actualité, ne pas être pris de vertige lorsque l’on déroule le film des événements de 2011 ? N’en déplaise aux Cassandre, affolés par l’arrivée au pouvoir des islamistes en Tunisie, en Égypte ou au Maroc et prédisant un véritable pandémonium aux protagonistes de cette extraordinaire aventure qui a bouleversé le Maghreb et le Moyen-Orient, le monde arabe est de facto en pleine renaissance. Malgré les incertitudes, les doutes et les erreurs qui ne manqueront pas de jalonner ce cheminement à tâtons en terra incognita, une certitude : le progrès n’est plus l’apanage d’un Occident aujourd’hui sclérosé, dévoré par ses excès et ses peurs. Le progrès, et la dynamique qu’il induit, est désormais arabe. Le pluralisme, la diversité, le débat, la culture du compromis, la quête de liberté, la prise de risques – y compris physiques –, la défense de valeurs morales (justice, égalité, droits de l’homme, lutte contre la corruption, etc.) aussi. Mieux, l’édification de projets de société inédits n’obéit plus aux diktats émanant d’autorités intérieures comme extérieures ou au « copier-coller » de supposées panacées venues d’ailleurs. Les Arabes construisent eux-mêmes leur propre avenir. Qui l’eût cru ?

Depuis Tunis, le vent du changement s’est mis à souffler sur l’Afrique. Ici, des ouragans ou des bourrasques, là, une imperceptible brise. Mais, partout, le sentiment que rien ne sera plus comme avant, que tout peut arriver, même ce qui était, il n’y a pas si longtemps, impensable.

De 2011, nous retiendrons aussi cette incroyable malédiction qui s’est abattue sur la caste des dictateurs. Ben Ali et Moubarak, évidemment. Ali Abdallah Saleh, aussi. Kim Jong-il et Kaddafi, caricatures ubuesques de ce que l’humanité peut produire de pire, surtout. Sans parler des Fidel Castro ou Hugo Chávez, versions caribéennes d’une espèce en voie d’extinction, rattrapées par l’âge ou la maladie.

Cette année ébouriffante s’achève, hélas ! sur le pire des scénarios : le bras de fer qui se déroule sous nos yeux, à Kinshasa, entre Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi. Une élection catastrophique qui aboutit à un hold-up de la démocratie. Un pays pris en otage, une nouvelle fois. Une armée tribalisée qui protège son chef contesté et qui, elle, ne basculera pas dans le camp des partisans du Sphinx de Limete. Une communauté internationale, enfin, qui accepte, certes avec des pincettes, la victoire de Kabila parce qu’elle n’a guère confiance en son opposant : Tshisekedi n’est pas Ouattara. Après la crise postélectorale ivoirienne à la fin de 2010, voici la crise congolaise un an plus tard. Quand on connaît la suite des événements, ça promet pour 2012…
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

Mon discours d'Addis

Mesdames, Messieurs les chefs des États membres de l'Union africaine (UA), comme vous, j'ai entendu les propos tenus le 27 mai à Addis-Abeba par Hailemariam Desalegn, président en exercice de notre organi[...]

L'argent mobile, une valeur en hausse

D'abord adoptés par les opérateurs pour se différencier, les services financiers sur téléphone sont désormais considérés comme une source de revenus à fort potentiel. [...]

Égypte - Éthiopie : tempête sur le Nil

Sabotage, corruption, intimidation : inquiet de la construction d'un barrage par Addis-Abeba, Le Caire a envisagé toutes les options lors d'une réunion de crise retransmise à la télévision.[...]

Google Loon : des ballons pour connecter la planète

Google lance le projet Loon, un projet expérimental qui vise à diffuser internet dans les zones les plus inaccessibles du monde à l'aide de ballons dirigeables. Dont l'Afrique.[...]

Espagne : l'eldorado n'est plus ce qu'il était

Premières victimes du chômage, les Africains subissent de plein fouet la crise économique. Mais plutôt que de rentrer au pays, la plupart préfèrent tenter leur chance ailleurs en[...]

George Ferreira : "Un smartphone à moins de 50 dollars, ce n'est pas pour demain"

Le géant sud-coréen Samsung compte capitaliser sur le lancement du Galaxy S4, son modèle haut de gamme, pour conforter son avance sur le marché très convoité des téléphones[...]

Play-offs Mondial 2014 : Côte d'Ivoire, Égypte, Tunisie et Algérie qualifiées

Côte d'Ivoire, Égypte, Éthiopie, Tunisie et Algérie. Voici les cinq premiers qualifiés pour les play-offs de la zone Afrique, en vue des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.[...]

Subventions : pourquoi l'Afrique doit s'en débarrasser

Peu ciblées, les mesures de contrôle des prix profitent trop souvent aux ménages aisés. Coûteuses, elles creusent les déficits. Les bailleurs de fonds appellent à les remplacer par[...]

Le chocolat qui ne fond pas au soleil africain

La multinationale agroalimentaire Mondelez va commercialiser un chocolat qui ne fond pas au soleil. Le plus grand chocolatier et pâtissier d’Europe affirme avoir pensé aux Africains…[...]

Libye, Niger, Tchad : Wild Wild South

Idriss Déby Itno et Mahamadou Issoufou ont beau n'avoir que peu de chose en commun, tant dans leurs itinéraires respectifs que dans leurs styles de gouvernance et leurs personnalités propres, ce qui[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers