Extension Factory Builder

Mariam Sy Diallo : « Que Dadis démissionne ! »

04/10/2009 à 11:25
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des dizaines de personnes ont été tuées le 28 septembre Des dizaines de personnes ont été tuées le 28 septembre © Cécile Sow

C’est une figure reconnue de la société civile guinéenne qui a accepté de revenir pour jeuneafrique.com sur les événements du 28 septembre, à Conakry. Mariam Sy Diallo, membre du bureau du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG) et du bureau de coordination du Forum des Forces Vives de Guinée (FFVG), est d’autant plus disposée à s’exprimer qu’elle a été molestée et violentée par les Bérets rouges. Depuis Dakar où elle s’est réfugiée, elle évoque cette matinée tragique et l’avenir de son pays.

Moussa Dadis Camara affirme ne pas contrôler son armée...

C’est extrêmement grave qu’un chef d’Etat, militaire de surcroît, affirme ne pas contrôler son armée. S’il ne contrôle pas l’armée, cela signifie qu’il ne contrôle pas la Guinée. Alors qu’il démissionne ! On ne peut pas comprendre que son aide de camp fasse partie des tueurs et qu’il affirme au même moment perdre le contrôle de ses hommes.

Il se dit aussi otage d’une partie de l’armée et de la population favorable à sa candidature à la prochaine présidentielle. Que pensez-vous de ses propos ? Dadis ne peut pas nous dire qu’une partie du peuple le soutient. Que représente-elle en réalité ? J’ai suivi ce qui se passait sous la présidence de Lansana Conté avec les groupes de soutien qui naissaient ici où là. Les hommes qui les organisaient sont aujourd’hui avec Dadis. La technique est rôdée. Ils vont chercher des femmes dans les marchés et des jeunes dans les quartiers. Ils leur donnent de l’argent. Ensuite, ils remplissent un stade et leur font dire qu’ils soutiennent Dadis. A partir du moment où le chef de la junte a pris l’engagement solennel de ne pas se présenter, il aurait pu stopper ces groupes en leur disant de respecter sa parole. D’ailleurs, puisqu’il dit qu’une partie du peuple le soutient, pourquoi n’a-t-il pas laissé l’autre partie se rassembler comme cela était prévu au lieu de provoquer ce carnage ?

L’opposition guinéenne peut-elle dialoguer avec lui dans un tel contexte ?

Après ce qui vient de se passer, ce n’est plus possible. Auparavant même individuellement, des membres des Forces Vives avaient tenté de le raisonner et de lui faire des propositions pour éviter d’en arriver là. Nous avons aussi approché ses proches en les mettant en garde contre le feu qui couvait. Mais, ils étaient tellement sûrs du soutien de cette frange corrompue de la population, qu’ils ne nous ont pas écoutés.

Comment sortir de la crise ?

Il faut absolument une force d’interposition. Ces militaires rebelles sont en guerre contre leur propre population. Comment pourrions-nous nous asseoir aujourd’hui autour d’une table avec ces gens venus pour nous tuer, nous humilier, nous ramener à notre plus simple expression. Des hommes politiques censés diriger la Guinée de demain, et qui s’étaient donné la main pour parler d’une seule voix, ont été bastonnés.

Il faut mettre en place un haut conseil de la république dirigé par des personnalités intègres qui formeront un gouvernement d’union nationale avant d’organiser des élections. Mais avant cela, il faut convoquer une conférence nationale. Il y a trop de plaies et de crimes impunis. Au point que les associations se multiplient : celle des victimes du camp Boiro, celle des victimes du 22 janvier 2007, et bientôt celle des victimes du 28 septembre. Peut-on construire un pays avec tant de haine ? Il faut que les Guinéens se parlent et osent aborder la question ethnique, qui est devenue un véritable problème d’état, un problème social.

C'est-à-dire ?

Soussous et peuls, peuls et forestiers, malinkés et peuls se livrent à une guerre sourde et larvée dans les quartiers. Nous devons percer l’abcès et le soigner. Il faut une commission justice, vérité et réconciliation qui nous permettra d’organiser des élections saines qui n'ont pas de bases ethniques. De vraies élections pour la Guinée.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Guinée

La Guinée retire les permis de BSGR

La Guinée retire les permis de BSGR

Le gouvernement guinéen a résilié le permis minier octroyé au milliardaire Benny Steinmetz et à sa compagnie BSGR. Il portait sur le gisement de fer de Simandou. Cette décision fait suite [...]

Soixante-douze heures de littérature pour Conakry et la Guinée

La 6e édition des "72 h du livre" de Conakry aura bien lieu à la fin du mois dans la capitale guinéenne et à Kindia. Interview de son promoteur, Sansy Kaba Diakité.[...]

Guinée : 109 cas confirmés de fièvre Ebola, 61 décès

La Guinée, en proie à une épidémie de fièvre hémorragique, a enregistré depuis janvier "109 cas confirmés dont 61 décès" dus au virus Ebola, selon[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Gambie : Yahya Jammeh suspend les vols en provenance des pays touchés par Ebola

La Gambie a suspendu tous les vols en provenance de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone pour prévenir toute contamination par le virus Ebola.[...]

La fièvre Ebola désormais "sous contrôle" en Guinée

Conakry a annoncé lundi que la fièvre hémorragique Ebola est désormais "sous contrôle". Une bonne nouvelle pour la Guinée, épicentre d'une épidémie qui a[...]

Guinée : Ebola fait "oublier" les autres maladies et les tensions sociales

En Guinée, la fièvre hémorragique due en partie au virus Ebola, qui a fait plus de 100 morts depuis janvier, a "fait oublier" d'autres maladies, qui continuent de beaucoup tuer, et les tensions[...]

Amadou Alpha Sall : "Aucun pays n'est suffisamment éloigné pour être protégé d'Ebola"

Le virus Ebola continue de se propager en Afrique de l'Ouest. Parti de Guinée, il a notamment atteint le Liberia et des cas sont suspectés en Sierra Leone et au Mali. Interview du docteur Amadou Alpha Sall, directeur[...]

Sommet UE-Afrique : un visiteur nommé Claude Guéant

Mais à quels dirigeant(s) africain(s) Claude Guéant a-t-il rendu visite à Bruxelles ? Une piste au moins se dessine.[...]

Guinée : Ebola... c'est si grave, docteur ?

Une épidémie "sans précédent" pour MSF, limitée pour l'OMS... Et, pour Conakry, un tapage médiatique qui nuit à son image.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces