Extension Factory Builder

Carthage au féminin

14/12/2008 à 13:18
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Pour la seconde fois, les Journées cinématographiques (25 octobre-1er novembre) étaient dirigées par une femme, Dora Bouchoucha. Portrait.

Dora Bouchoucha n’est pas ce qu’on appellerait une « figure publique », mais cette bosseuse hors norme est un nom respecté dans les milieux du cinéma. Ses années passées à sillonner l’Afrique et l’Europe pour défendre la production cinématographique des pays du Sud, son sérieux et sa capacité à rallier les grandes pointures du métier lui ont valu d’être nommée à la direction de la 22e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), qui s’est tenue à Tunis du 25 octobre au 1er novembre. C’est la seconde fois qu’une femme se voit confier cette charge depuis la naissance des JCC en 1966.
Cette Tunisienne de 50 ans à l’apparence hautaine et froide est en réalité un écrin d’émotions cachées. Et d’étranges paradoxes : derrière sa silhouette frêle se révèle un caractère obstiné, et la dureté de son visage est vite effacée par un franc sourire. Faut-il chercher cette ambivalence dans une enfance passée entre un père tunisien, spécialiste des problèmes du comportement, et une mère algérienne, assistante sociale pour jeunes orphelins ? « Je suis née dans un hôpital de fous, raconte-t-elle. Mes premiers camarades ont été des enfants laissés à l’abandon et des malades mentaux. »

Réflexe masochiste

Mais Dora s’en veut « de se sentir bien » au milieu de cette misère morale. Surtout, elle a du mal à rentrer dans l’univers des gens « normaux ». D’autant que ses parents l’envoient étudier au collège Sadiki de Tunis, un établissement fréquenté par des garçons. À 11 ans, Dora se retrouve seule au milieu de 3 500 camarades de sexe masculin. Mais lorsque, quelques mois plus tard, son père lui propose de l’inscrire ailleurs, elle refuse catégoriquement. Non pas parce qu’elle a fini par aimer son calvaire, mais parce qu’elle ne veut pas être encore « la nouvelle élève qui débarque en cours d’année et que tout le monde remarque ». De là vient sans doute la tendance de cette femme à vouloir être discrète et fuir le clinquant et le vedettariat. Mais en même temps, dans un réflexe presque masochiste, elle choisit le milieu des paillettes et du cinéma.
Alors qu’elle enseigne l’anglais à la faculté, le producteur Ahmed Attia la sollicite pour traduire quelques scénarios. C’est sa première rencontre avec le cinéma. En 1992, elle crée l’Atelier des projets des JCC. Trois années plus tard, elle lance sa propre société de production, Nomadis Images. Certains des films qu’elle finance sont promis à une belle carrière internationale, comme La Saison des hommes, de Moufida Tlatli, ou Satin rouge, de Raja Amari. Là où elle frappe, les portes s’ouvrent. Et elle parvient à se faire connaître à l’étranger.
Elle est nommée responsable pédagogique du projet Meda films développement, financé par l’Union européenne et destiné aux producteurs et scénaristes du Sud. En 2008, elle est appelée à sélectionner les films africains pour la Mostra de Venise.
On pourrait mettre cette activité sans répit sur le compte de l’ambition. Dora corrige : « C’est le syndrome du premier de la classe hérité de mon collège où il fallait en faire plus que les garçons. » De quoi, effectivement, forger un caractère.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Tunisie

Tunisie : Habib Essid a formé son gouvernement

Tunisie : Habib Essid a formé son gouvernement

Après de longues et complexes tractations avec les partis, Habib Essid, le nouveau chef de l’exécutif tunisien, a bouclé vendredi la composition de son gouvernement qu’il présentera &agrav[...]

Former le gouvernement tunisien, le casse-tête de Habib Essid

Nouveau chef de l'exécutif tunisien, Habib Essid continue de chercher la formule idéale pour son futur gouvernement, dont la composition doit être annoncée, selon des sources au sein de son [...]

CAN 2015 : la Tunisie assomme les Chipolopolos

Les Zambiens, longtemps dominateurs, ont ouvert le score par Emmanuel Mayuka à l'heure de jeu. Mais les Chipolopolos ont ensuite payé leurs occasions manquées. Résultat, c'est la Tunisie qui a[...]

Tunisie : Selma Elloumi recadrée par BCE

Selma Elloumi, députée de Nabeul, souhaitait abandonner son mandat parlementaire pour devenir conseillère du président tunisien Béji Caïd Essebsi. Qui n'a pas apprécié.[...]

Tunisie : Mohsen Marzouk, l'éminence grise de BCE

Nommé début janvier conseiller spécial du président tunisien avec rang de ministre, en charge des affaires politiques, Mohsen Marzouk fait désormais partie du cercle de confiance de Béji[...]

CAN 2015 : La Tunisie déçoit face au Cap-Vert

Dans le deuxième match du groupe B, la Tunisie a été surprise par les Cap-Verdiens qui ont égalisé sur un penalty litigieux (1-1). Les Aigles de Carthage devront hausser leur niveau de jeu pour[...]

CAN 2015 : ça s'annonce corsé...

Le Nigeria, tenant du titre, ne sera pas là, et une bonne demi-douzaine de sélections peuvent prétendre à sa succession. Avec, dans le costume du favori, l'Algérie. Suspense assuré[...]

Tunisie : pour Z, caricaturiste, "la liberté l'emporte sur la sécurité"

Pour le caricaturiste tunisien Z, contraint à l'anonymat, "Charlie Hebdo" a eu raison de ne "pas s'incliner, de montrer que l'impertinence survivra", comme ils l'ont fait en dessinant de nouveau le[...]

Un vent de francophonie sur la CAN 2015

Cinq entraîneurs, onez pays francophones, une majorité de joueurs de Ligue 1, la CAN 2015 qui se tient en Guinée-Equatoriale du 17 janvier au 8 février ressemblerait presque à une coupe de la[...]

Foot : le top 10 des joueurs à suivre pendant la CAN 2015

Déjà connus ou en quête de reconnaissance, certains joueurs vont profiter de la CAN 2015 pour tenter de frapper les esprits. Jeune Afrique en a sélectionnés dix, toutes nationalités[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers