Extension Factory Builder

Leila Mhamdi

14/12/2008 à 12:59
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Son projet d’entreprise de sous-traitance pour un investisseur étranger a été financé. Et la jeune promotrice vient d’inaugurer son usine de confection.

Jeune, femme, Leila Mhamdi est aussi, à 32 ans, chef d’entreprise. Pour le moment, elle préfère que l’on dise « promotrice ». Son usine de confection, à Kasserine (centre-ouest du pays), a été inaugurée le 3 septembre 2008 et elle sait qu’elle doit faire ses preuves sur le long cours. Mais, déjà, son cas est un exemple du parcours du combattant auquel les porteurs de projets sont confrontés s’ils veulent réussir à devenir sous-traitants pour un investisseur étranger.
Après un diplôme de technicien supérieur en administration et communication, décroché dans un Institut supérieur d’études techniques (Iset, cycle universitaire court), Leila a cherché activement du travail. « Je cherchais un emploi ou un projet à réaliser moi-même, mais je n’avais pas d’idée précise », explique-t-elle. Elle épluche chaque jour les petites annonces et répond à des dizaines d’offres d’emploi. Sans résultat.

Dans sa quête, elle fréquente « Les mercredis de la création d’entreprises » et la « Criée des start-up », deux rendez-vous en un, lancés par le ministère de l’Industrie en 2005, qui se tiennent chaque mercredi dans tous les gouvernorats du pays. Les jeunes qui ont un projet y viennent pour rencontrer, dans une atmosphère bon enfant, des représentants de banques, de fonds de capital-risque, de structures publiques d’appui aux entreprises et, parfois, des ministres s’invitant à l’occasion.
C’est au cours de l’un de ces mercredis que Leila a appris que le gouvernement avait convaincu le groupe Benetton - déjà solidement implanté, depuis plusieurs années, sur le littoral, dans la région de Sousse et de Monastir - de faire de l’essaimage dans la région de Kasserine, à l’intérieur du pays. C’est là que Leila est née et qu’elle habite. Pourquoi ne pas profiter de cette aubaine pour lancer, au pays, un atelier de confection et ne pas avoir à se séparer des siens pour aller travailler ailleurs ?
Le groupe de prêt-à-porter italien exige que les candidats qui souhaitent devenir ses sous-traitants soient des gestionnaires ou des techniciens expérimentés dans le secteur. Pas de problème. Leila répond au premier critère et trouve un technicien du textile prêt à l’accompagner pour former de jeunes ouvrières. Elle complète elle-même sa formation en effectuant des stages dans des usines de confection.
L’étude de faisabilité montre que le projet nécessite 200 000 dinars (près de 118 000 euros) pour sa mise en œuvre. Leila mobilise alors en fonds propres 20 % de la somme. Les 80 % restants viendront des banques ainsi que de divers mécanismes de financement et de dotations mis en place par le gouvernement pour aider les jeunes promoteurs. Aujourd’hui, elle dirige une entreprise qui emploie 53 jeunes filles. Et, déjà, elle pense extension. « Bientôt, dit-elle, j’aurai une deuxième chaîne et j’embaucherai plus de jeunes. »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait suivant :
Ahmed chez les Bataves

Portrait précédent :
Carthage au féminin

Tunisie

Tunisie : faible participation à la présidentielle

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son caract[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Fin de campagne présidentielle tendue en Tunisie

La campagne pour le scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre s'est achevée en Tunisie dans un climat délétère. Pourtant, selon la Constitution, les prérogatives du chef de[...]

Tunisie : Ben Ali, Leïla et le 14 janvier

Depuis son exil en Arabie saoudite, le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali finalise la rédaction de ses Mémoires. Sa version de la journée du 14 janvier 2011 est attendue avec[...]

Tunisie : Abdelfattah Mourou au Perchoir ?

Pendant que la Tunisie se focalise sur le premier tour de l'élection présidentielle du 23 novembre et que l'ultime séance de l'Assemblée nationale constituante (ANC) mettra un terme le[...]

Tunisie : Slim Chiboub, le gendre de Ben Ali, placé sous mandat de dépôt et écroué

Slim Chiboub, le gendre du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, est arrivé en Tunisie mardi matin pour s'expliquer devant la justice de son pays. Il a finalement été[...]

Tunisie - Larbi Chouikha : "Nida Tounes n'a pas gagné"

Au-delà des résultats du scrutin, ce politologue, membre de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, se projette dans l'après-présidentielle et esquisse les différents scénarios[...]

Tunisie : un scrutin historique !

Remportées par les modernistes de Nida Tounes, les élections législatives du 26 octobre auront scellé la seconde alternance politique en trois ans. Et confirmé l'enracinement de la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers