30/10/2006 Ã 16h:02 Par Jeune Afrique
Les Chinois sont en passe de renforcer leurs positions dans le secteur pétrolier nigérian. Abuja a annoncé, le 23 octobre, la mise aux enchères de soixante blocs d'exploration et de production d'ici à la fin de l'année, espérant ainsi engranger 500 millions de dollars. Le directeur des ressources pétrolières, Tony Chukwueke, a précisé que les autorités donneraient la préférence aux compagnies étrangères prêtes à investir dans le raffinage et souhaitant exploiter l'ensemble des réserves du pays. Cette précision vaut promesse de vente à l'empire du Milieu. En janvier 2006, la China National Offshore Oil Corp. (Cnooc) a racheté pour 2,7 milliards de dollars 45 % des parts d'une concession offshore dans le Delta du Niger. Pékin s'est par ailleurs engagé à débloquer 4 milliards de dollars pour une raffinerie à Kaduna, dans le nord du pays. Déjà , les observateurs font remarquer que le procédé de vente aux enchères favorise les compagnies publiques chinoises, qui pourront surenchérir grâce aux largesses du régime communiste, déterminé à diversifier ses approvisionnements en hydrocarbures afin d'alimenter la croissance économique du pays. Les réserves du Nigeria sont estimées à 36,5 milliards de barils, mais Abuja souhaite parvenir à 40 milliards, d'ici à 2010, grâce à ces prochaines prospections. Depuis le début de l'année, l'insécurité, les enlèvements d'expatriés, les sabotages ont fait perdre au Nigeria 25 % de sa production, estimée à 2,6 millions de barils par jour. Au total, en 2005, l'Afrique a fourni à la Chine 30 % de ses importations d'hydrocarbures, soit 38,3 millions de tonnes. Pékin est ainsi devenu le deuxième importateur de pétrole africain après les États-Unis.