27/11/2006 à 12h:32 Par Béchir Ben Yahmed
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La gauche française, plus précisément le Parti socialiste, qui en est de loin la composante la plus importante, a donc, depuis dix jours, sa candidate à l'élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 22 avril 2007.
En l'état actuel des forces politiques en présence, la droite, représentée par l'UMP (Union pour un mouvement populaire) et personnifiée par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, paraît trop usée par douze années de pouvoir et, surtout, trop divisée pour gagner la joute électorale. Jean-Marie Le Pen, inusable leader de l'extrême droite, ne s'est-il pas, en outre, mis en position de l'en empêcher ?
On peut donc postuler, même si l'on est à cinq longs mois du scrutin, et même si, en politique, toute prévision est hasardeuse, que Ségolène Royal - elle vous a été présentée dans notre dernier numéro par François Soudan - part au combat électoral avec de sérieuses chances de l'emporter : elle en a la capacité personnelle. Quant à son parti, il a soif de revenir au pouvoir et dispose de moyens (humains) largement suffisants pour assurer sa victoire.

Mais la France est-elle prête à confier, dès 2007, la présidence de sa République à une femme ? Le Royaume-Uni avec Margaret Thatcher, la République indienne avec Indira Gandhi, Israël avec Golda Meir et quelques autres ont franchi le pas il y a bien des années en confiant le pouvoir exécutif à une femme.
L'Allemagne avec Angela Merkel, le Liberia avec Ellen Johnson Sirleaf, le Chili avec Michelle Bachelet - et je ne cite que les plus connus - les ont imités dans les toutes dernières années.
Mais aucun pays latin d'Europe ne l'a fait à ce jour, et l'on se doit d'ajouter que les femmes qui ont conquis le pouvoir suprême ont accompli l'exploit en cachant, d'une certaine manière, leur féminité et en se montrant plus dures encore que leurs adversaires masculins.
Ce n'est pas du tout la démarche de Ségolène Royal. Elle innove, que dis-je, elle révolutionne la politique en utilisant au maximum, et peut-être même un peu trop, sa condition de femme et de mère.

Pour la première fois de leur histoire, les Français sont donc mis au défi de confier leur destin politique, le commandement en chef de leurs armées - et le bouton nucléaire - aux mains, présumées fragiles, d'une femme de 53 ans.
Née au Sénégal en 1953 (le 22 septembre), elle a donné une notoriété mondiale à son prénom de Ségolène et, plutôt que de faire oublier sa féminité, s'en sert, et doublement : comme bouclier et comme épée…
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