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26/07/2004 à 00h:00
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Ministre des Finances

André Philippe Futa M. Tshitumbu, 61 ans, ministre des Finances depuis le mois d'octobre 2003, a effectué l'essentiel de sa carrière à l'étranger. Agronome de formation, il est titulaire d'un doctorat de l'université d'Oklahoma, aux États-Unis. Il intègre la Banque africaine de développement (BAD) en 1980. Il y restera vingt ans. Début 2001, il quitte son poste de représentant-résident de l'institution à Addis-Abeba (Éthiopie), lorsque le président Kabila le nomme ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Élevage. En novembre 2002, il obtient le portefeuille de l'Économie, puis, en juin 2003, celui de l'Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises. Avant que Joseph Kabila n'en fasse le grand argentier du pays.

Jeune Afrique/l'intelligent : Est-ce que la RD Congo va mieux ?

André Philippe Futa M. Tshitumbu : Nous revenons de loin. Il y a trois ans, tous nos indicateurs macroéconomiques étaient dans le rouge : une hyperinflation de plus de 500 %, une chute de plus de 400 % des recettes intérieures et l'arrêt quasi total de toute activité économique en raison de la guerre. Pour sortir du gouffre, nous avons adopté, sans assistance extérieure, un Programme intérimaire renforcé (PIR), au cours du second semestre de 2001. Nous nous sommes imposé une discipline en matière de gestion des finances publiques et de politique monétaire. Depuis, la Banque mondiale et le FMI ont accepté de nous accompagner dans le cadre du Programme économique du gouvernement (PEG). Aujourd'hui, le taux d'inflation est autour de 5 %, le taux de change stabilisé à 380 francs congolais pour 1 dollar. Nous avons cadré les dépenses publiques et limité le déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2003. Le taux de croissance devrait s'établir à la fin de cette année entre 5 % et 6 %. Ce qui est insuffisant.


J.A.I. : Comment parvenir à une véritable relance économique ?
A.P.F.T. : Il n'y a qu'une solution : créer une croissance à deux chiffres. Pour ce faire, nous venons de définir un Programme minimal de transition (PMT), pour la période 2004-2007. Nous avons fini de discuter avec la Banque mondiale de ce programme pour lequel nous avons besoin d'un appui de 7 milliards de dollars. Mais les investissements publics ne suffisent pas. Nous nous attelons à mettre en place un environnement propice pour attirer les opérateurs privés internationaux.


J.A.I. : Le chômage des jeunes reste extrêmement élevé. Que fait le gouvernement sur ce front ?
A.P.F.T. :
Notre pays connaît depuis trente ans une crise économique ponctuée de pillages qui ont détruit le tissu économique, chassé les investisseurs, fait disparaître des emplois... Pour créer à nouveau du travail, nous envisageons d'adopter de nouvelles incitations fiscales pour permettre l'installation d'entreprises à grande capacité de main-d'oeuvre. Nous allons aussi favoriser l'évolution du secteur informel vers un cadre de petites et moyennes entreprises.


J.A.I. : Beaucoup se plaignent de la cherté de la vie en RDC. N'est-ce pas dû à la dollarisation de l'économie ?
A.P.F.T. :
La « dollarisation » n'est certes pas favorable à notre économie. Elle s'est imposée avec la dépréciation de notre monnaie nationale. Mais avec la stabilisation du franc congolais et la restructuration du système bancaire, nous espérons restaurer la confiance.


J.A.I. : Le train de vie de l'État est sans cesse décrié. Quel est son impact sur les finances publiques ?
A.P.F.T. :
Nous disposons d'un budget annuel d'environ 1 milliard de dollars. Les institutions de l'État absorbent moins de 5 % de ce budget. On ne peut pas dire que les pouvoirs publics ont un train de vie extravagant. Si on observe notre structure budgétaire, les salaires des 600 000 employés de la fonction publique et les dépenses de fonctionnement absorbent presque toutes les recettes nationales. De sorte que, sans l'aide des bailleurs de fonds, nous n'avons aucune ressource pour honorer nos dépenses d'investissement et d'équipement.


J.A.I. : Êtes-vous optimiste ?
A.P.F.T. :
La RDC a beaucoup régressé. Notre pays avait un budget de 3 milliards de dollars en 1975, contre 1 milliard aujourd'hui. Mais ce montant n'était que de 500 millions il y a deux ans. C'est dire qu'après avoir reculé nous suivons une trajectoire ascendante.

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