27/02/2007 à 12h:20 Par Par Marwane Ben Yahmed
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La Mauritanie s'apprête à élire son septième président, à partir du 11 mars prochain. Il faudra certainement attendre la fin du mois et l'issue du second tour pour connaître son identité.
Au terme d'une transition de dix-neuf mois assurée par Ely Ould Mohamed Vall et les membres du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), les Mauritaniens pourront, pour la première fois de leur histoire, choisir librement celui qui présidera aux destinées de ce pays désertique de 3 millions d'habitants, trait d'union entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Un choix historique et crucial : l'heureux élu aura la lourde mission de remettre sur pied une Mauritanie que nombre de candidats à la présidentielle décrivent « à genoux ».

La transition menée par le CMJD aura fourni un cadre global de gouvernance et des structures censées répondre aux besoins les plus impérieux de la population. Elle a tracé une voie que devront emprunter les futurs dirigeants. Non sans s'être attaquée à la réforme de la justice ou de la Constitution, à la remise en ordre du secteur de la pêche, entre autres. Bref, des chantiers destinés à laisser au successeur d'« Ely », comme l'appellent ses compatriotes, une Mauritanie assainie, moralisée et en rupture avec la gestion des deux dernières décennies. Certains dossiers majeurs restent cependant en suspens : réconciliation nationale, relations avec Israël, réintégration au sein de la Cedeao, passif humanitaire, gestion future des revenus pétroliers, etc.

Cette manne pétrolière permettra à la Mauritanie d'engager plus facilement les réformes nécessaires et les chantiers onéreux qui l'attendent. Avec ce risque évident : la création d'une situation de rente, l'absence de diversification d'une économie encore fragile, dépendante des aléas climatiques et des cours des matières premières qu'elle produit.
La tâche du chef de l'État sera d'autant plus ardue que les attentes sont énormes. Les candidats le savent, qui ne promettent pas la lune à leurs concitoyens. Le changement initié par le CMJD au lendemain du putsch du 3 août 2005 doit se poursuivre coûte que coûte et même s'amplifier. Car s'il est bien une chose que les Mauritaniens n'accepteront pas, c'est un retour en arrière.
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