25/04/2006 à 17h:06 Par Samir Gharbi
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Depuis la victoire du mouvement de la résistance islamique Hamas aux élections législatives du 25 janvier, le monde entier paraît faire payer aux Palestiniens le fait d'avoir massivement voté en faveur d'un parti qui ne reconnaît pas l'État d'Israël. Les derniers versements reçus jusqu'à fin mars viennent de l'Union européenne (64 millions d'euros), la Banque mondiale (42 millions de dollars), l'Arabie saoudite (15 millions de dollars) et Israël (54 millions de dollars : les recettes fiscales et douanières collectées par l'État hébreu pour le compte de l'Autorité palestinienne). Tout juste de quoi assurer un mois de fonctionnement de l'Autorité, dont les besoins mensuels s'élèvent au minimum à 170 millions de dollars, dont 115 millions pour les salaires de 82 000 fonctionnaires civils et 58 000 membres des forces de sécurité.
Depuis ces versements, plus rien. Les dirigeants du Hamas multiplient les appels au secours et les tournées de quête et d'explication de leur politique. La reconnaissance d'Israël se fera uniquement sur une base de réciprocité, tout comme pour l'arrêt de la violence armée. En réponse, les États-Unis et Israël confirment le statut de « mouvement terroriste » pour le Hamas et menacent de sanctions ceux qui s'aventureraient à discuter avec le nouveau gouvernement palestinien. Une décision qui inquiète notamment les fonctionnaires de l'Union européenne, de la Banque mondiale et des Nations unies. Leur travail implique, en effet, de discuter directement avec les Palestiniens sur les modalités de distribution des aides en nature ou en espèces. Ils risquent désormais de se faire arrêter lorsqu'ils entreront aux États-Unis…
Résultat : l'Union européenne a suspendu son aide le 7 avril. C'est le plus gros donateur avec 500 millions d'euros par an (615 millions de dollars), devant les États-Unis (300 millions de dollars, également suspendus) et les pays arabes (220 millions de dollars effectivement versés sur un engagement annuel de 660 millions par an). Une campagne de collecte a permis aux dirigeants du Hamas de récolter des promesses d'aide pour un montant de 200 millions de dollars, dont 50 millions de l'Iran, 50 du Qatar et 80 millions d'aide globale du Koweït, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (sans décompte précis par pays) et 10 millions de Russie. La Syrie se contente d'un appel au peuple syrien pour qu'il effectue des dons… La Libye n'a rien annoncé à ce jour… Pourtant, la recette de 80 000 barils par jour suffirait à sauver les 4 millions de Palestiniens du chantage américano-européen. Ce qui représente environ 0,4 % de la production pétrolière des pays arabes et islamiques membres de l'Opep. Est-ce bien déraisonnable ?
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