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23/07/2007 à 13:22
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Me Max Ahouéké, un avocat béninois inscrit au barreau de Paris et conseil de la famille Déby Itno, a affirmé lors d'une conférence de presse, le 17 juillet, que le vol était le principal mobile du meurtre de Brahim Déby (27 ans). On sait que, le 2 juillet, le fils aîné du président tchadien a été retrouvé mort dans le parking de sa résidence de Courbevoie, dans la banlieue parisienne.

Le passé de la victime, ses frasques nocturnes, ses fréquentations douteuses et son statut de fils de président d'un pays pétrolier miné par des rébellions à répétition pouvaient laisser croire à un crime minutieusement préparé et exécuté par des professionnels. À Paris, la Brigade criminelle n'exclut évidemment aucune piste, mais, selon Me Ahouéké, les circonstances de l'agression la conduisent à privilégier la thèse de l'acte crapuleux. Tous les séjours parisiens de Brahim Déby donnaient lieu à une véritable frénésie de dépenses. Selon Me Joseph Cohen-Sabban, l'associé de Me Ahouéké, « lors de la soirée fatidique du 1er juillet, le défunt a dû dépenser entre 3 000 et 4 000 euros ». Un tel train de vie devait nécessairement susciter des convoitises.

Arrivé à Paris une dizaine de jours auparavant, Brahim Déby a débuté sa soirée dans une boîte de nuit chic où il avait ses habitudes - et comptait quelques amis. L'un d'eux lui a présenté une jeune Maghrébine qui ne l'a plus quitté de la soirée. Selon divers témoignages recueillis par Me Ahouéké, « rien de particulier n'a entravé le déroulement de la soirée, mais, vers 3 heures, Brahim a reçu un coup de téléphone. Il s'est isolé et, quand il est revenu vers son groupe d'amis, son visage s'était assombri. Il semblait contrarié. Cet appel a-t-il un lien avec la suite des événements ? On l'ignore, à ce stade, mais l'enquête continue. »

Quoi qu'il en soit, Brahim et sa compagne quittent la boîte de nuit pour un restaurant africain, d'où ils ressortent (avec un doggy bag) vers 5 h 45. Direction : Courbevoie. À peine a-t-il garé sa Mercedes (immatriculée en Allemagne) dans son parking que cinq hommes cagoulés font irruption en hurlant « police ! » L'un d'eux plaque la jeune fille au sol et lui intime l'ordre de ne plus bouger. Brahim se débat, puis reçoit une violente décharge électrique émise par un pistolet Taser. Complètement groggy, il s'entend réclamer les clefs de son appartement. Il résiste et reçoit un coup à la tempe. Ses agresseurs se saisissent alors d'un extincteur et l'aspergent de neige carbonique. Selon la jeune fille, les faux policiers étaient « européens », parlaient français sans accent, mais ne s'exprimaient qu'en chuchotant.

Ayant récupéré les clefs, trois d'entre eux gagnent l'appartement, qu'ils fouillent de fond en comble, démontant le tablier de la baignoire et les armoires contenant les tuyauteries. Ont-ils trouvé ce qu'ils cherchaient ? Selon une source proche de l'enquête, « les meurtriers ont laissé sur place beaucoup de matériel », ce qui devrait faciliter leur identification.

Et la jeune fille ? L'homme qui l'a plaquée au sol lui a aboyé un ordre : « Tu restes face contre terre, tu comptes jusqu'à cent et tu te casses sans te retourner ! » Après avoir quitté le parking, elle a envoyé un SMS à l'ami qui lui avait présenté le fils du président tchadien : « Brahim s'est fait embarquer par les flics ! » Il était 6 h 45 et ledit Brahim, asphyxié par la neige carbonique, avait déjà cessé de respirer.

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