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21/01/2008 à 11:30
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Réseaux, garde rapprochée, ambitions présidentielles... Le fils du chef de l'État est l'objet de toutes les controverses. Et demeure une énigme pour la plupart de ses compatriotes, qui lui prêtent une grande influence sur la gestion des affaires du pays.

Au Sénégal, on ne parle plus que de lui. Karim Meïssa Wade, 39 ans, fils du chef de l'État et président du Conseil de surveillance de l'Agence nationale de l'organisation de la Conférence islamique (Anoci), est partout. Dans les journaux, d'abord : pour le seul mois de décembre, 24 couvertures et plus de 200 articles lui ont été consacrés. Dans les esprits, ensuite. Quasi inconnu du grand public quand Abdoulaye Wade accéda à la magistrature suprême le 1er avril 2000, ce géant discret - il mesure 1,90 m - toujours tiré à quatre épingles et qui cultive une certaine ressemblance avec son président de père, est aujourd'hui l'un des personnages centraux de l'échiquier politique national, bien qu'il ne soit, pour l'instant, qu'un simple militant du Parti démocratique sénégalais (PDS). Ses détracteurs dénoncent sa trop grande influence auprès de « Gorgui » (« le vieux », en wolof). Ils voient son empreinte derrière chaque décision du président, l'accusent de bénéficier de ce népotisme, de faire preuve d'affairisme et, last but not least, de vouloir à tout prix succéder à son père en 2012.
Une ambition présumée - l'intéressé a jusqu'ici toujours nié - aux conséquences ravageuses. L'ex-Premier ministre et actuel président de l'Assemblée nationale, Macky Sall, qui ne fait pas mystère en privé de ses propres ambitions présidentielles, a été la première « victime » de cette rumeur. Il paie aujourd'hui le fait d'avoir convoqué son ancien ami Karim dans l'Hémicycle pour s'expliquer sur la gestion de l'Anoci, sans en avoir averti au préalable le chef de l'État. Une convocation « cavalière » qui, pour les proches du président et de son fils, s'apparentait surtout à une provocation et à un guet-apens, des questions pouvant être posées, en wolof, pour déstabiliser le dauphin supposé, pas assez sénégalais aux yeux de certains.
Le président Abdoulaye Wade s'en est expliqué clairement pour Jeune Afrique : « Macky Sall n'a pas respecté la procédure. Quand l'Assemblée veut entendre un membre du gouvernement ou de la présidence, elle doit avant tout en faire la requête auprès du Premier ministre ou du chef de l'État. Et puis nous sommes suffisamment proches pour qu'il me passe un coup de fil afin de m'en avertir. Ce n'est pas tant le principe de la convocation que la méthode qui m'a heurté. Macky Sall est un faible de caractère, très mal entouré. Autour de lui, certaines personnes l'ont poussé à convoquer Karim de la sorte. Il a commis une erreur et m'a prouvé une chose : ce n'est pas un homme d'État… »
L'ancien directeur de campagne du chef de l'État a perdu sa confiance, comme Idrissa Seck avant lui. Même si, grâce à une médiation menée par le nouveau calife général des Mourides, Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, Abdoulaye Wade semble revenir à de meilleurs sentiments vis-à-vis de l'ex Premier-ministre, qui pourrait conserver son poste de président de l'Assemblée et récupérer sa place de numéro deux au sein du PDS. « Nous sommes prêts à répondre à une convocation devant l'Hémicycle, précise Karim Wade. Nous n'avons rien à cacher et il est normal que l'on nous demande des comptes. Le Fonds monétaire international (FMI) a réalisé un audit de l'Anoci en juillet 2007. Tout est transparent, ils nous ont même félicités. » Contacté par Jeune Afrique, Macky Sall n'a pas souhaité s'exprimer.

Karim Wade sous les feux des projecteurs ? Il faut dire que le personnage est un bon « client ». Fils du chef de l'État, peu connu du grand public et secret, il cultive un profil atypique. Marié à Karine, une Française de 36 ans qu'il a rencontrée à la bibliothèque de la Sorbonne et qui lui a donné trois filles (2, 4 et 6 ans), il est né à Paris, le 1er septembre 1968, d'une mère elle aussi française, Viviane Vert.
Il mène ses études primaires et secondaires à Dakar. L'école franco-sénégalaise du quartier résidentiel dakarois de Fann d'abord, le collège Sainte-Marie de Hann ensuite. En seconde, ses parents décident de l'envoyer en pensionnat au collège Saint-Martin-de-France, à Pontoise, dans la banlieue nord-ouest de Paris. Aux côtés d'autres enfants de « bonne famille », il y passera son baccalauréat B (économie) en 1987. Il suivra ensuite les traces de son opposant de père en s'inscrivant à la Sorbonne, où il entreprend des études de gestion et d'économie. Il obtiendra, en 1993, un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en ingénierie financière. Exigeant, Abdoulaye Wade l'envoie en stage tous les étés, la plupart du temps aux États-Unis et en Angleterre. Les vacances, elles, ont pour cadre Dakar et la maison familiale du Point-E.
À l'issue de son DESS, Karim doit se trouver un stage de fin d'année. « Je l'avais pistonné auprès de Lazard Frères, mais il a préféré se débrouiller sans moi », explique Wade père. Direction la Société de banque suisse, à Paris, qui deviendra plus tard la SG Warburg. Une période de six mois, donc, à l'issue de laquelle on lui propose de l'embaucher. Pendant un an, il est cadre au département fusion-acquisition. Puis il rejoindra Londres et la banque d'affaires UBS Warburg. Il gère le secteur des mines, fait du conseil auprès de gouvernements, dont ceux du Gabon, de l'Angola, du Congo, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire. Il travaille également pour des clients comme De Beers, AngloAmerican ou Texaco. Il noue un certain nombre de relations dans le monde de l'entreprise et de la finance.
Comment a-t-il vécu le combat politique de son père au cours de sa jeunesse ? « Nous connaissions les enjeux et les risques. Ma sœur Sindiély et moi adhérions évidemment à sa lutte. Pendant nos études, à Paris, nous avons participé à des manifs, nous distribuions des tracts devant l'Élysée, Matignon ou l'Assemblée nationale. Nous nous réunissions au 55, avenue des Ternes, où se trouvait alors la permanence du PDS en France », raconte-t-il.
Fin 1999, Karim Wade quitte momentanément sa banque pour soutenir son père, qui se présente, en février-mars 2000 et pour la cinquième fois, à la présidentielle. « C'est moi qui ai organisé son retour à Dakar, en novembre 1999, poursuit-il. J'ai beaucoup travaillé - et appris - aux côtés de Farba Senghor [l'actuel ministre de l'Artisanat et du Transport aérien, NDLR] avec qui nous dirigions l'équipe de soutien logistique du candidat. » Introduit dans l'équipe de campagne, il assure également le service du protocole de son père, au Point-E.
À l'époque, les Sénégalais ne connaissaient pas encore ce personnage effacé qu'ils découvrent aux côtés d'Abdoulaye Wade. Quand ce dernier accède à la magistrature suprême en avril 2000, Karim retrouve Londres et UBS Warburg, où il occupe la fonction de directeur associé, salaire mirobolant et bonus à la clé.

Jusqu'en 2002, Karim Wade vit entre Dakar et Londres. Progressivement, le fils ressent la nécessité de rejoindre son père. Et nombreux sont ceux qui tentent de le persuader d'intégrer le Palais. Parmi eux : les anciens Premiers ministres Moustapha Niasse et Idrissa Seck. Il est ainsi nommé conseiller personnel du chef de l'État. Et se voit confier des missions spécifiques : rating du Sénégal, gestions de dossiers financiers, entretiens avec certains chefs d'État… Enfin, il devient progressivement le plus proche collaborateur du président, son homme de confiance. Et une sorte de courroie de transmission : les hommes politiques sénégalais et les militants, qui n'ont pas accès au père, sollicitent le fils pour faire passer messages et doléances. « J'avais lancé un appel à tous les Sénégalais de l'extérieur, se souvient Abdoulaye Wade. Karim a souhaité venir travailler à nos côtés mais, moi, je ne voulais pas. Je connais ce milieu et je savais qu'il prendrait des coups. Il a tellement insisté que j'ai fini par céder. »
« C'est vrai que, dès le début, on nous a attaqués ma sœur et moi, reconnaît Karim. Mais c'était normal : nous ­avions un profil nouveau, avions fait de bonnes études, travaillions dans des grandes multinationales. » La première utilité de Karim auprès de son père ? « Il m'a d'abord servi de “watch dog”. Il m'alertait sur certains trafics, explique Abdoulaye Wade. Puis, il m'a apporté son expertise financière. Dès qu'un investisseur m'approchait, je lui transmettais son dossier. Ensuite, je l'ai chargé des relations avec certains pays arabes. Je lui ai mis le pied à l'étrier et il a tout de suite été adopté. »
De fait, dès 2004 et sa nomination à la tête de l'Anoci, Karim Wade devient l'interlocuteur des pays du Moyen-Orient. Émirats arabes unis, Koweït, Arabie saoudite, entre autres, viendront vite concurrencer Européens et Américains au Sénégal. Ainsi, la gestion du port de Dakar échappera à l'homme d'affaires français Vincent Bolloré au profit de Dubai Ports World. La zone économique spéciale, un temps dévolue aux Américains, sera, elle aussi, gérée par Dubaï, à travers la société publique Jebel Ali Free Zone. Le futur aéroport Blaise-Diagne ? Construit par des Saoudiens. La troisième licence de téléphonie ? Acquise pour 200 millions de dollars par le méconnu opérateur Sudatel appartenant à des investisseurs soudanais et ­koweïtiens. Un virage moyen-oriental qui permet au Sénégal de diversifier ses sources d'investissements mais qui fait grincer beaucoup de dents. Ainsi, à l'Élysée ou au Quai d'Orsay, on reste réservé sur le personnage. Au pays, c'est une autre histoire… « C'est tout un système de détournement que les Wade ont mis en place, accuse Amath Dansokho, leader du Parti de l'indépendance et du travail (PIT). L'argent qu'ils ont volé au Sénégal, ils l'ont transféré dans le Golfe. Ils le rapatrient maintenant de manière déguisée. »
Grâce aux pétrodollars et au soutien des pays du Golfe, Karim devient « monsieur Grands Chantiers ». La politique d'infrastructures souhaitée par le président, c'est lui qui l'incarne. Réfection de la corniche de Dakar, construction d'hôtels et d'une cité administrative à une soixantaine de kilomètres de la capitale, nouvel aéroport… Derrière ces réalisations confiées au fils, certains voient une façon habile de lui procurer un bilan tangible, et donc une légitimité.

La succession : tout semble revenir à ce nœud gordien. Les ascensions et les chutes de caciques du régime, les règlements de comptes par médias interposés, les accusations d'affairisme ou de népotisme proférées par certains opposants… On retombe tout le temps sur Karim Wade. Ses partisans voient en lui « un travailleur acharné » soucieux du moindre détail, un « financier avisé » sans qui Abdoulaye Wade n'aurait pu appliquer sa politique. Pour Abdoulaye Baldé, secrétaire général de la présidence et directeur général de l'Anoci, Karim Wade « n'est pas comme les autres fils de présidents africains. Il travaille dur, ne renonce jamais. Quel qu'il soit, je conseillerais au futur chef de l'État sénégalais de le prendre à ses côtés ». Même son de cloche chez Ousmane Ngom, le ministre de l'Intérieur : « On se focalise sur Karim parce qu'il se nomme Wade. Il a prouvé qu'il avait de réelles compétences, en ingénierie financière, en management, dans la conception comme dans la conduite de projets. Le procès qui lui est fait est injuste. Il serait anormal de se priver de ses capacités et de l'exclure sous prétexte qu'il est le fils du président. »
Ses détracteurs, en revanche, le rendent responsable de tous les maux du Sénégal. « Depuis qu'Abdoulaye Wade est là, tous ses seconds ont connu le même sort, explique Amath Dansokho. Ousmane Ngom au profit d'Idrissa Seck puis Idrissa Seck au profit de Macky Sall, qui, lui aussi, a été finalement évincé. Tout cela bute sur la question Karim. » Pour le leader du PIT, les ambitions de tous les lieutenants de Wade se sont heurtées à son fils. Et de poursuivre son réquisitoire : « Ils sont en train de mettre en place une greffe pour garder le pouvoir. Je ne récuse pas le fait qu'il puisse se présenter mais c'est la manière dont on l'impose qui pose problème. En outre, Karim est perçu comme un étranger. Il n'a pas vraiment vécu au Sénégal, ne parle pas wolof, n'a jamais fait de politique. »
Mêmes accusations chez Abdou Latif Coulibaly, contempteur du régime et auteur du brûlot Wade, un opposant au pouvoir : l'alternance piégée ?* « Karim Wade ne comprend rien au Sénégal. Le seul fait d'évoquer l'hypothèse d'une succession dynastique en dit long sur la nature de ce régime. Abdoulaye Wade a provoqué tellement de dégâts au Sénégal que la seule personne qui pourrait le protéger après son départ, c'est son fils. Ils essaieront, c'est certain. Et s'ils n'y parviennent pas, Wade pensera à son “fils spirituel”, Idrissa Seck, tout aussi compromis, et donc peu susceptible de s'attaquer à lui. » Ambiance…
Pour un proche de la famille Wade, Karim s'est mis à réfléchir à un éventuel destin politique pendant la campagne de la présidentielle 2007. « Karim a pris goût à la politique à ce moment, explique notre interlocuteur. Mais, dans son esprit, il n'y a pas de stratégie programmée. 2012, c'est très loin. Pour l'instant, chacun marque son territoire, occupe l'espace médiatique pour se signaler, exister aux yeux des Sénégalais, au cas où… Parce que rien ne dit que le président ne se représentera pas. » De fait, du succès de l'organisation du sommet de l'OCI dépendra l'éventuelle trajectoire politique du fils Wade. « Le président peut aider Karim, lui donner la possibilité de réussir, comme il l'a fait avec Idrissa Seck et Macky Sall. Mais après, ce sera à lui de saisir sa chance. Parce que le Sénégal n'est pas une république bananière, et Wade le sait. La légitimité de Karim dépend de ses résultats dans ses fonctions. S'il sent une vraie adhésion autour de sa personne, alors, oui, je pense qu'il réfléchira très sérieusement à ses ambitions politiques », conclut ce fin connaisseur des arcanes de la politique sénégalaise.
Cette quête de légitimité semble, elle, programmée. « Karim a fait ses preuves avec les grands chantiers. Maintenant, il doit montrer autre chose, analyse un membre éminent du PDS. Il doit se préoccuper du social, faire montre d'habileté politique, parfaire sa connaissance du pays. Parce qu'être le fils du président ne signifie rien aux yeux des Sénégalais. » Un message que le président de l'Anoci semble avoir entendu : en créant le mouvement Génération du concret, Karim Wade se rapproche de la population et, surtout, de ses préoccupations, à travers des projets sociaux et des réalisations tangibles (routes, écoles, accès à l'eau, etc.). Pour nombre d'observateurs, les deux seules entités aujourd'hui à consacrer du temps et des moyens à un travail de terrain, dans les villes et les campagnes, sont le Parti socialiste d'Ousmane Tanor Dieng et Génération du concret. Le PDS, lui, est aux abonnés absents. « Les grandes réformes lancées par le président Wade visent toutes le moyen et le long terme. Qu'il s'agisse des réformes institutionnelles, administratives ou des grands chantiers, elles ont assez peu d'impact sur le quotidien des Sénégalais et leurs préoccupations immédiates, analyse un diplomate étranger en poste à Dakar. Donc tout travail de proximité, tout projet de nature à améliorer la vie des populations permet d'engranger rapidement une certaine popularité. Je crois que son fils l'a bien compris… »

Le chef de l'État, lui, préfère sourire lorsqu'on évoque l'hypothèse d'une succession familiale au Sénégal. « Je ne veux pas que l'on m'implique dans cette histoire, répond-il. Le Sénégal est une démocratie, et, croyez-moi, si je voulais que Karim me succède, je pourrais grandement l'aider. Je ne suis pas plus bête que Bush père, après tout… Mais je ne suis pas convaincu qu'il doive emprunter ce chemin. En fait, je lui déconseille ce marigot qu'est la politique de mon pays car je ne lui souhaite pas de vivre ce que j'ai enduré. S'il m'écoutait, il se lancerait dans les affaires. » Karim le consulte-t-il ? Lui fait-il part de ses supposées ambitions ? « Non, nous n'en parlons jamais. J'ai d'ailleurs appris la création de Génération du concret, comme tout le monde, dans les journaux… »
Le principal intéressé, lui, ne s'est jamais véritablement prononcé sur ces rumeurs. Il a accepté de le faire pour Jeune Afrique. « Il faut que tout le monde comprenne d'abord que personne ne peut imaginer arriver au pouvoir sans passer par des élections démocratiques, précise-t-il. Donc, si jamais l'envie me prenait de me porter candidat, je ne bénéficierais d'aucun passe-droit. Ensuite, il est assez indécent de parler de la succession du président plus de quatre ans avant la fin de son mandat. Enfin, la seule constante dans ce pays, c'est Abdoulaye Wade. On parle d'Idrissa Seck, de Macky Sall ou de moi, mais nous n'existerions pas sans lui. L'intérêt qu'on nous porte vient du fait qu'il nous a confié, à un moment ou à un autre, de hautes responsabilités. »
Ce qui ne signifie pas qu'il exclut totalement de s'engager en politique, voire de briguer la magistrature suprême. « Franchement, ce n'est pas à l'ordre du jour, répond-il. Je n'ai d'autres ambitions que celle de remplir la mission que l'on m'a confiée. À l'issue du sommet de l'OCI, nous en tirerons les conclusions. Ensuite, on verra… »
Karim Wade entretient, donc, le mystère. Une posture qui accrédite la thèse du « wait and see » : réussir les grands chantiers et l'organisation du sommet, acquérir une véritable légitimité aux yeux des Sénégalais, peu enclins à se laisser imposer un président, avant de décider de se lancer dans le grand bain de la politique.
« Je n'ai pas de complexe, précise Karim Wade. J'ai une mère française, une femme française et je suis sénégalais. Mon profil « global » est pour moi une richesse et une chance. Ceux que cela gêne, tant pis pour eux. Et si certains veulent m'interroger en wolof, qu'ils le fassent, ils verront bien si je le parle ou non. » Renseignements pris, il se débrouille en wolof, sans plus. Une chose est sûre : Karim Meïssa Wade a de l'ambition et prépare le terrain. Mais s'il souhaite réellement briguer un jour la présidence, il devra convaincre ses compatriotes des vertus de ce profil atypique au Sénégal comme ailleurs en Afrique. D'ici à 2012, il lui reste un peu de temps. À moins qu'Abdoulaye Wade décide de lui en laisser davantage et de se représenter à l'issue de l'actuel mandat. Une hypothèse que « Gorgui » n'a jamais franchement exclue, nous expliquant même : « Si jamais les Sénégalais exigeaient de moi que je continue et si j'ai encore les forces de le faire, il faudra bien que j'examine attentivement la question. » Wait and see, donc…


* Editions Sentinelles, Dakar, 2003.
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