19/07/2004 à 00h:00 Par Antoine Carreta
France Un Tchadien
Nanter
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À qui revient le patrimoine colonial ?
Je pensais que l'époque du pillage du patrimoine africain était révolue. Eh bien non ! La France a rapatrié, en janvier dernier, le vapeur démontable Léon- Blot qui avait, le 31 octobre 1897, atteint le lac Tchad, ouvrant notre pays à l'occupation étrangère.
L'épave du bateau qui avait navigué cinquante ans sur le Chari et le lac Tchad gisait dans son lit de vase non loin de N'Djamena et devait y rester, témoin de l'histoire de notre pays et propriété nationale. Certes fabriqué et amené là par les Français, ce vaisseau mythique avait cependant été servi par des laptots, timoniers, chauffeurs et guides tchadiens. Le Léon-Blot représente cinquante ans de notre histoire. Il aurait dû rester sur les rives du fleuve qui l'a porté.

Vive les affaires !
J'ai lu avec intérêt votre article intitulé « Chine-Afrique australe. Vive le business » (J.A.I. n° 2268). Mais je souhaitais faire une remarque concernant l'emploi de l'anglicisme business. Cet anglicisme est superflu en français, vu que l'on a toujours parlé des « affaires » (droit des affaires, homme d'affaires, etc.). Les Québécois, par exemple, emploient naturellement ce terme courant, comme on peut le constater sur les sites suivants :
http://francais-affaires.com
et http://www.ffa-i.org

Afro-réaliste
Je ne suis ni « afro-pessimiste », ni « afro-optimiste » mais simplement « afro-réaliste ». Quand j'écoute la radio et que je lis, dans les colonnes de notre hebdo, ce qui se dit sur l'Union africaine, mon coeur saigne. Des mots, des mots et encore des mots. C'est effarant. L'OUA est morte, remplacée par l'UA. Mais ce n'est que le nom qui a changé. Malgré toute la bonne volonté d'Alpha Oumar Konaré, je ne sais pas comment il va faire pour travailler avec tous ceux qui continuent à s'accrocher au pouvoir et qui, s'ils ne veulent pas « lâcher » 600 millions de dollars pour donner à l'Union les moyens de ses ambitions, continuent à investir en Occident. En tout cas, bonne chance à Alpha. On jugera au résultat.

Misogynie
Abonnée à votre journal, que j'aime beaucoup, je m'étonne d'y trouver, dans la rubrique « Humour, saillies - et sagesse », un grand nombre de plaisanteries misogynes. Ne serait-il pas souhaitable de les abandonner, comme vous avez très justement renoncé aux plaisanteries racistes ou homophobes, qui font pourtant beaucoup rire certains. La misogynie est malheureusement encore très répandue, en Afrique plus qu'ailleurs. La combattre serait une cause juste.
Réponse : Il arrive que l'une ou l'autre des plaisanteries que vous lisez dans « Humour, saillies - et sagesse » soit misogyne. En déduire que c'est le « grand nombre » me paraît excessif. Mais nous veillerons à ce qu'il y en ait encore moins. B.B.Y.

Bush et le « mur de la honte »
En rejetant de façon si cavalière les conclusions de la Cour internationale de justice au sujet du mur de la honte, Israël a apporté la preuve, une fois de plus, qu'il est un véritable « État voyou ». Et qu'il devrait figurer en bonne place, et en permanence, sur la liste établie par ses protecteurs américains qui, toute honte bue, se sont empressés de déclarer que la décision était « inopportune ».
George W. Bush et son entourage pensent sans doute que seul Dieu trouvera une solution à la place des hommes. Politiquement, on peut comprendre les appréhensions de la coterie. En effet, avec des sondages aussi peu favorables, elle n'osera pas s'aliéner les lobbies pro-israéliens.

Des lendemains qui déchantent
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme les différents reportages que vous avez consacrés au dernier sommet de l'Union africaine. Mais n'allons-nous pas déchanter encore une fois ? En effet, nous avons connu dans les années 1960 le soleil des indépendances et la création de l'OUA, mais très vite, l'Afrique, aidée par les anciennes puissances coloniales, a démontré son incapacité à gérer ses propres affaires. Les régimes dictatoriaux, les guerres et les famines se sont répandus sur le continent. Les années 1990 ont aussi porté leur lot d'espérances avec ce que l'on a appelé « le renouveau démocratique ». Mais très vite, le chaos a repris le dessus : les hommes du passé ont su apprivoiser la nouvelle donne tandis que les nouveaux venus ont été tentés de chausser les bottes de leurs prédécesseurs. Alors l'Union africaine, le Nepad, Konaré, Wade, Mbeki, oui, on a envie d'y croire, d'y adhérer, on se dit que, cette fois-ci, on tient le bon bout. Mais n'allons-nous pas connaître, à nouveau, des lendemains qui déchantent ? Je crains que oui, car le vrai problème de l'Afrique, c'est son élite ! Tant que nos cadres n'auront d'autre ambition, dès qu'on les nomme à des postes de responsabilité, de se mettre à l'abri du besoin pour deux ou trois générations en détournant les deniers publics, nous déchanterons. Tant que nous continuerons à tripatouiller les élections pour éviter la sanction du suffrage universel, nous déchanterons.

Plus de démocratie
L'Union africaine n'a qu'un seul credo : mettre fin aux conflits de diverses natures qui minent le continent africain afin que celui-ci puisse amorcer un véritable processus de développement. Y parviendra-elle ? Oui, si l'Afrique se démocratise. L'Afrique dans son ensemble est confrontée à un phénomène naturel : la multitude des ethnies. Dans un pays multiethnique, lorsqu'une seule ethnie impose sa suprématie et monopolise le pouvoir durant plusieurs décennies, tôt ou tard l'État sombre dans le chaos. Le jour où l'alternance politique sera une réalité en Afrique et que les dirigeants seront élus dans la transparence, le continent pourra enfin amorcer son décollage économique et se développer. Certains pays comme le Mali, le Sénégal ou le Bénin l'ont compris.

Bien cher, le comprimé...
Une erreur de virgule a multiplié par 100 le coût de la prévention par la pénicilline (J.A.I. n° 2270). Le traitement des angines streptococciques par une injection de pénicilline-retard coûte 2,60 euros (soit 1 700 F CFA). Si on utilise des comprimés pendant 10 jours, le coût est de 9 euros (soit 6 000 F CFA). Rassurons nos lecteurs : la prévention est donc simple, peu coûteuse et efficace.

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