Extension Factory Builder
19/07/2005 à 00:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Ancien Premier ministre nigérien

« En 2008, l'Afrique de l'Ouest et centrale sera considérée comme une zone de libre-échange par l'Union européenne. En clair, la boîte de tomates italiennes pourra entrer sur le marché sénégalais ou nigérien sans droits de douane. Si nous ne mettons pas nos agricultures à niveau, c'est la catastrophe assurée ! » Ainsi parle Ibrahim Assane Mayaki, qui fut Premier ministre du Niger de novembre 1997 à janvier 2000, et qui reste un militant engagé, toujours prêt à se mettre au service d'autrui. Seule une calvitie naissante témoigne que le temps a passé. Mais ses lunettes, toujours en place, comme sa moustache d'ailleurs, lui donnent le même air un peu austère. Il est aujourd'hui à la tête de la Plate-forme pour l'appui au développement rural en Afrique de l'Ouest et centrale, une structure fondée de concert par le Fonds international de développement de l'agriculture (Fida), l'Union européenne, le ministère français des Affaires étrangères et le Fonds des Nations unies pour l'évolution de la femme (Unifem). Hier dans la politique, aujourd'hui dans le social, l'homme ne semble pas s'accrocher au pouvoir. « En 1998, en pèlerinage à La Mecque, j'ai demandé une seule chose à Dieu : "Si Tu penses que je fais bien mon travail, aide-moi à l'améliorer. Sinon, congédie-moi." »

Ibrahim Assane Mayaki n'a pas chômé depuis qu'il a quitté le gouvernement. En août 2000, il crée au Niger le CAP2, Cercle d'analyse des politiques publiques. « Une structure non partisane, précise-t-il, chargée de mener des réflexions sur les questions de santé et d'éducation et de faire des propositions. » Susciter et animer des réunions lui prend beaucoup de temps, mais il réussit à se rendre régulièrement en France pour donner des cours en relations internationales à l'université de Paris-XI. Activité qu'il met entre parenthèses en 2004, quand il est nommé directeur exécutif de la Plate-forme pour l'appui au développement rural, basée à Dakar. Car sa nouvelle fonction l'occupe à plein temps : avec l'aide d'une dizaine d'experts, il doit non seulement assurer une part d'assistance technique, mais aussi harmoniser les souhaits et demandes en provenance des gouvernements, des organisations régionales et internationales, des donateurs et des partenaires du développement, ou encore des organisations de producteurs et des centres de recherche.

Né en 1951, Ibrahim Mayaki est titulaire d'un master de l'École nationale d'administration publique (Enap) du Québec, doublé d'un doctorat en sciences administratives de l'université de Paris-I. Durant ses études en France, il épouse Marly, une Vénézuélienne, qui lui a donné deux enfants. « Je suis même grand-père depuis quatre ans », précise-t-il avec fierté. Il entre au gouvernement en janvier 1996, au lendemain du coup d'État militaire du général Ibrahim Maïnassara Baré, d'abord comme ministre délégué, chargé de la Coopération et de l'Intégration africaine, puis comme ministre des Affaires étrangères. Il y fait preuve d'une discrétion qui lui vaudra, selon des proches de la présidence nigérienne de l'époque, d'être nommé Premier ministre en novembre 1997 par le général Maïnassara Baré.
Mais c'est sous la férule de l'actuel Premier ministre du Niger, Hama Amadou, dont il fut conseiller spécial dans les années 1990, qu'Ibrahim Assane Mayaki avait fait ses premières armes en politique. Une commune passion pour les arts martiaux les rapproche alors : Hama Amadou est troisième dan de judo, et Ibrahim Assane Mayaki troisième dan en taekwondo. Leurs chemins divergent après le coup d'État de janvier 1996, Hama Amadou restant dans l'opposition, ce qui ne l'empêche pas de déclarer : « Hama est un ami. Notre amitié ne saurait être ébranlée par les vicissitudes de la vie politique. »

Aujourd'hui, Ibrahim Assane Mayaki entretient des « rapports normaux et cordiaux » avec les dirigeants de son pays. « J'ai été directeur de campagne du président Tandja », rappelle-t-il. À ceux qui lui demandent s'il compte un jour se porter candidat à la présidence du Niger, il répond sans ambages : « Nul ne peut préjuger des chemins hasardeux du destin, mais ce n'est pas ma motivation première. » Pour l'instant, sa vie à Dakar avec sa famille suffit amplement à son bonheur.
Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :

Article précédent :
Wade-Seck : à couteaux tirés

AUTRES

Ebola : le bilan s'alourdit à près de 2 800 morts en Afrique de l'Ouest

Ebola : le bilan s'alourdit à près de 2 800 morts en Afrique de l'Ouest

Selon un dernier bilan daté du 18 septembre et publié lundi par de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie d'Ebola a déjà fait 2 793 morts en Afrique de l'Ouest, sur 5[...]

Un touriste français enlevé dimanche dans l'est de l'Algérie

Plusieurs sources sécuritaires et judiciaires citées par l'AFP ont confirmé lundi l'enlèvement d'un ressortissant français, dimanche, dans l'est de l'Algérie.[...]

"Fessemania" : l'avant-garde de l'arrière-train africain

Les tenants de l’ordre esthétique mondial ont décidé que les grosses fesses étaient désormais à la mode. L’Afrique n’a pas attendu leur diktat…[...]

Après Zuma, Ramtane Lamamra à la tête de l'UA ?

Le mandat de l'actuelle présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma se termine en 2016. Et déjà, certains se pressent déjà à lui trouver [...]

Finance : Casablanca gagne 11 places dans l'indice GFCI

 Casablanca a fait un bond de 11 places et se hisse désormais à la 51e place du GFCI, le classement des places financières internationales (GFCI), devant Maurice, Moscou, Dublin et Madrid.[...]

Libye : rencontre entre les différents protagonistes sous l'égide de l'ONU fin septembre ?

Pour tenter de mettre fin à la crise sécuritaire et institutionnelle qui règne dans le pays, la mission de l'ONU en Libye (UNSMIL) a proposé lundi la tenue d'une réunion de dialogue le 29 septemb[...]

Conflit sud-soudanais : reprise des négociations de paix à Addis-Abeba

Le gouvernement de Djouba et les rebelles sud-soudanais, qui s'affrontent depuis neuf mois dans une sanglante guerre civile, ont repris lundi les négociations de paix en Éthiopie. Sur le terrain, les combats se pou[...]

Ebola : le Sierra Leone juge que le confinement général a été un succès

Le confinement général de trois jours ordonné pour lutter contre l'épidémie d'Ebola a permis aux autorité de Sierra Leone de visiter 80 % des habitations sur l'ensemble du pays, a d&eacu[...]

Moussa Dadis Camara sur le grill

L'enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry reprend. Des magistrats guinéens devraient prochainement interroger à nouveau, à Ouagadougou, l'ancien chef de la junte Moussa Dadis Cam[...]

L'AKP de Recep Tayyip Erdogan, un modèle pour Ennahdha ?

Depuis sa légalisation, en 2011, Ennahdha invoque le référentiel turc à l'envi. Comme pour lisser un peu plus son image.[...]

Islamistes marocains : un modèle nommé AKP

Séduits par l'expérience concluante de leurs homologues turcs, les islamistes du PJD tentent, depuis 2007, d'en reproduire la recette. Mais ils doivent composer avec un contexte politique radicalement dif[...]

Ebola : le missionnaire rapatrié en Espagne est dans un "état grave"

Un missionnaire catholique espagnol contaminé par le virus Ebola en Sierra Leone a été rapatrié dans la nuit de dimanche à lundi à Madrid. Selon les services médicaux, il est hosp[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex