Extension Factory Builder
14/11/2003 à 00:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Maire de Brazzaville

C'est un solide gaillard de 1,91 m qui a pris place dans notre salle de réunion pour assister à la grand-messe quotidienne de la rédaction. Hughes Ngouelondélé est maire de Brazzaville depuis le mois de février. Des vingt et un édiles qui se sont succédé à la tête de la municipalité, il est, tient-il à préciser, le troisième (après Fulbert Youlou et Bernard Kolélas) à avoir été élu. Et, à 42 ans, de loin le plus jeune.
Rien de surprenant pour quelqu'un qui a grandi au coeur du pouvoir congolais. Le nouveau maire est en effet le fils du général Emmanuel Ngouelondélé, un fidèle parmi les fidèles du président Denis Sassou Nguesso : il dirigea notamment les renseignements généraux de 1979 à 1992. À l'arrivée de Pascal Lissouba à la tête du pays, il devint son chef d'état-major particulier, avec rang de secrétaire d'État, avant de quitter ses fonctions un an plus tard. Hughes Ngouelondélé est en outre marié à Ninelle Nguesso, troisième fille du président congolais. Et Michèle, sa soeur cadette, a épousé Edgar Nguesso, l'un des neveux de Sassou. « Être le gendre d'un chef d'État n'est pas une tare. Cela n'empêche pas d'avoir reçu une bonne formation et d'être capable de faire du bon travail », souligne-t-il.

Le premier magistrat de la capitale est diplômé de droit de l'université Marien-Ngouabi de Brazzaville (1983), mais aussi des Écoles des douanes de Koléa (Algérie, 1986) et de La Rochelle (France, 1988). Après avoir travaillé pendant quelques années dans son pays, il suit les cours de l'École des douanes de Bruxelles, où il décroche un certificat en 1992. De retour au Congo, il a du mal à réintégrer son poste et devra attendre le retour aux affaires de Sassou, en 1997, pour être nommé inspecteur de brigade au Beach (débarcadère sur le fleuve Congo) de Brazzaville. Pas pour longtemps. Dès mars 1999, il représente le Congo auprès de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), à Bruxelles. Il est rappelé à Brazza en avril 2001, et, dans l'attente d'une nouvelle affectation, décide d'entrer en politique. Avec, bien sûr, la bénédiction de son président de beau-père.
Candidat aux législatives de mai 2002, il est élu député de la deuxième circonscription de Moungali, une commune de la capitale. Aux élections locales du mois suivant, il se présente dans la même circonscription à la tête d'une liste indépendante opposée notamment à celle du Parti congolais du travail (PCT), la formation au pouvoir. Élu conseiller municipal, il brigue le poste de maire. Le chef de l'État le soutient, il est désigné.

Dès sa prise de fonctions, il entreprend de faire disparaître les séquelles des guerres de 1993, de 1997 et de 1998 : réfection des routes, réparation des feux de signalisation, réhabilitation de l'immobilier urbain, remise en état et extension de l'éclairage public... À plus long terme, Hughes Ngouelondélé fourmille de projets pour sa ville, qu'il a bien l'intention de « gérer autrement », de manière plus « moderne ».
Dans les locaux de J.A.I., il s'est longuement arrêté devant les citations encadrées qui ornent les murs des couloirs et des bureaux. Apparemment, il songe à s'en inspirer pour la mairie de Brazzaville, où il veut faire placarder ces trois pensées : « Expliquez-moi comment on va faire, et pas pourquoi on ne peut pas le faire » (Béchir Ben Yahmed) ; « Celui qui est mis sur un piédestal ne peut que tomber » (proverbe chinois) ; « Mon premier principe est de ne pas craindre de faire des erreurs, mon second est de les corriger dès qu'elles apparaissent » (Deng Xiaoping).
Après deux heures en notre compagnie, monsieur le Maire nous quitte : il a rendez-vous avec Bertrand Delanoë, son alter ego parisien. Au moment de prendre congé, il lance à Béchir Ben Yahmed : « Avec Jeune Afrique, vous avez réalisé une oeuvre durable. Comme vous, j'ambitionne de bâtir à la mairie de Brazzaville des choses qui résistent à l'usure du temps. »
Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Alpha Condé à Lomé

Article pr�c�dent :
Un milliardaire en prison

AUTRES

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une[...]

L'EI a exécuté 217 personnes à Palmyre en neuf jours

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a déclaré qu'il avait des preuves de l'exécution de 67 civils, dont des enfants, et de 150 membres des forces syriennes par des djihadistes de l'EI.[...]

Syrie : Palmyre, une "bataille pour l'Humanité", affirme Al-Azhar

Sauver la cité antique de Palmyre en Syrie de la destruction par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) devrait constituer une "bataille pour l'Humanité toute entière", a estimé dimanche la m[...]

Football : l'Ivoirien Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

Héros d’une finale qu’il ne devait pas jouer, Boubacar Copa Barry a inscrit le tir au but qui a offert la Coupe d’Afrique des nations 2015 (CAN) à la Côte d’Ivoire face au Ghana en f&eac[...]

JO-2016 : Claude Le Roy accuse le Ghana de tricher sur l'âge des joueurs

Le sélectionneur du Congo Brazzaville Claude Le Roy, a accusé dimanche le Ghana d'avoir aligné des joueurs trop âgés samedi lors de la défaite (1-0) de son équipe en qualifications p[...]

Football : Drogba quitte Chelsea mais ne prend pas sa retraite

 Le buteur ivoirien Didier Drogba, 37 ans, a annoncé dimanche qu'il quitterait Chelsea à la fin de la saison et qu'il entendait jouer encore un an au moins dans un autre club avant de prendre sa retraite.[...]

Burundi : des milliers de personnes aux funérailles de l'opposant assassiné

 De deux à trois mille personnes ont assisté dimanche à Bujumbura aux funérailles de l'opposant Zedi Feruzi, abattu la veille avec un garde du corps par des inconnus devant son domicile d'un quarti[...]

L'EI prend le contrôle d'un poste-frontière irakien avec la Syrie

 Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont pris dimanche un poste-frontière irakien avec la Syrie après le retrait des forces gouvernementales, ont rapporté un officier de police et un reponsable p[...]

De Paris à Ouagadougou et Rio, mobilisation de milliers de manifestants contre Monsanto

  De Paris à Ouagadougou et Rio, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi contre le géant américain de la biotechnologie agricole Monsanto, et plus spécialement contre les OGM, p[...]

Éthiopie : ouverture des bureaux de vote, l'EPRDF au pouvoir favori

  Plus de 36 millions d'éthiopiens ont commencé a voter dimanche pour des élections législatives et régionales qui devraient voir une large victoire de la coalition au pouvoir depuis 19[...]

Burundi : les anti-troisième mandat suspendent le "dialogue" après l'assassinat d'un opposant

  Les leaders du mouvement de la contestation contre un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza ont annoncé dimanche "suspendre" le dialogue initié avec le gouverne[...]

Nigeria : l'armée dit avoir tué des dizaines d'islamistes de Boko Haram

  L'armée nigériane a affirmé samedi avoir tué des dizaines d'islamistes du groupe armé Boko Haram et libéré 20 otages lors d'une opération dans un fief des insurg&[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers