16/06/2008 Ă  11h:46 Par Jeune Afrique
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La Tunisie a fait un choix et s'y tient : une croissance régulée, et régulière : + 11 % en 2005, + 10 % en 2006, + 15 % l'an passé. Le rythme est plus sage qu'en Algérie ou au Maroc. Mais ce que le pays perd en rentrées fiscales, en animation naturelle de son activité automobile par le jeu de la concurrence et l'entrée de nouveaux acteurs, il le gagne en emplois locaux. Très tôt, la Tunisie a misé sur une industrie de la sous-traitance soutenue par une politique de quotas d'importation. Le mécanisme est simple : plus un constructeur achète des pièces aux équipementiers locaux, plus il peut importer de véhicules. Ainsi a éclos une industrie de la sous-traitance qui emploie environ 25 000 personnes. Des pick-up sont par ailleurs assemblés en Tunisie, en petites quantités et en fonction des besoins : Isuzu à Kairouan, Mitsubishi à Sousse.
Cette situation favorise de fait les constructeurs implantés depuis longtemps dans le pays. Dès lors, les constructeurs européens, en particulier français, continuent de tenir le haut du pavé. Tandis que les japonais sont discrets, les coréens plus encore, et que les chinois restent à la porte. Mais les variations d'une année sur l'autre ont une importance toute relative.
La Tunisie se situe donc dans une forme d'isolement qui fige parfois son marché dans une vision dépassée de l'automobile. Ainsi, l'avantage douanier (taxation de 10 %) dont bénéficient les voitures dites « populaires » : les véhicules de cylindrée inférieure à 1 200 cm3. L'intention, louable voilà quelques années, produit aujourd'hui un effet pervers : ces voitures représentent 25 % des ventes, alors qu'il n'est plus guère aujourd'hui de moteurs 1 200 cm3 dans des pays à niveau de vie comparable. De plus, la Dacia Logan ne serait pas considérée comme une voiture populaire en Tunisie, puisque le premier moteur de cette longue berline est un 1 400 cm3.ÂÂÂ… Donc, elle n'y vient pas, alors qu'elle utilise des pièces fabriquées dans ce pays !
La rigueur des règles d'importation connaît toutefois une exception : le « droit au retour » exempte de taxes les modèles rapportés au pays par des Tunisiens ayant passé deux ans à l'étranger. Ces voitures, le plus souvent neuves, sont aussitôt revendues sur place. Et augmentent le périmètre du marché tunisien d'environ 15 000 véhicules par an.

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