Extension Factory Builder
16/06/2008 à 11:46
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Premier ministre de la République centrafricaine

Jusqu'au mois de janvier, Faustin-Archange Touadéra (51 ans) était recteur de l'université de Bangui : un parfait inconnu hors du monde universitaire. Contre toute attente, c'est pourtant à cet homme sans appartenance politique ni passé militant que le président François Bozizé a fait appel pour prendre la tête du gouvernement. « Je ne m'y attendais pas du tout, confie-t-il, mais je considère cette nomination comme une mission : apporter ma contribution au développement de mon pays. » Le Premier ministre centrafricain nous a rendu visite le 12 juin. Calme, élégant et discret, il nous a confié tout le bien qu'il pense de Jeune Afrique, « un journal qui rend d'énormes services au continent grâce à la qualité de ses informations ».

S'il rechigne à parler de lui en termes ethniques, Touadéra concède qu'il est issu d'une famille banguissoise originaire de Damara, à 75 km au nord de la capitale. Fils d'un chauffeur et d'une cultivatrice, il manifeste très tôt un don pour les mathématiques. Au terme d'un parcours qui le conduit de l'université de Bangui à celles d'Abidjan, Lille et Yaoundé, il obtient un doctorat d'État en mathématiques pures. Membre de l'Association nationale des étudiants centrafricains, il se souvient avoir contribué, parmi beaucoup d'autres, bien sûr, à la chute de Bokassa Ier. Dès 1987, il entame une carrière d'enseignant à l'université de Bangui.
Son pays étant en proie à des flambées de violence récurrentes, Touadéra sait que de redoutables épreuves l'attendent. Il ne s'en effraie pas : « C'est une question de conviction, explique-t-il. En tant que mathématicien, ma vocation est de résoudre les problèmes. » Sa mission à la tête du gouvernement ? « Une traduction en actes de la politique et des orientations du chef de l'État. » En tandem.
A-t-il pour autant les mains libres ? « Dans le cas contraire, je n'aurais pas accepté », jure-t-il. Parmi les défis qu'il va devoir relever figurent de nombreux dossiers hérités des précédents gouvernements. Les arriérés de salaires, par exemple, qui courent sur plusieurs années. Pour apaiser le climat social, le Premier ministre privilégie le dialogue et s'efforce de convaincre les fonctionnaires des difficultés, bien réelles, du gouvernement. Mais son chantier le plus important reste la lutte contre la fraude, dont les conséquences sur le Trésor public sont à l'évidence désastreuses. Il ne croit pas que la corruption soit liée à l'extrême pauvreté des Centrafricains. « Le problème est ailleurs, dit-il. Il y a des pauvres pleins de dignité. » Sur l'arrestation du Congolais Jean-Pierre Bemba, Touadéra reste discret. Ses compatriotes ont accueilli la nouvelle comme « un besoin de justice », se borne-t-il à commenter.
Depuis qu'il est à la tête du gouvernement, ce père de famille dont l'épouse travaille dans un cabinet comptable se lève tôt et se couche tard. Mais il n'a pas encore touché le moindre salaire. Comme son prédécesseur, il continue de rouler dans une modeste Nissan Sunny japonaise.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Agenda

Article précédent :
Yar'Adua contre-attaque

Centrafrique

Desmond Tutu :  la Centrafrique est 'au bord du génocide'

Desmond Tutu : la Centrafrique est "au bord du génocide"

La Centrafrique est "au bord du génocide", s'est alarmé dimanche l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, appelant ses habitants à pardonner pour "réapprendre à vivre ensemble[...]

Centrafrique : un prêtre assassiné dans le Nord

Un prêtre centrafricain a été tué vendredi dans la région de Paoua, dans le nord de la Centrafrique, par des hommes armés assimilés aux peuls et à l'ex-rébellion[...]

Centrafrique : Patrice-Édouard Ngaïssona placé sous contrôle judiciaire

Coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona a été placé jeudi sous contrôle judiciaire.[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Misca : le Tchad annonce que tous ses soldats ont quitté la Centrafrique

Il n'y a plus de soldats tchadiens en Centrafrique. Mercredi, le Tchad a annoncé avoir achevé le retrait de ses troupes lors d'une cérémonie officielle présidée, à Sarh, dans le[...]

Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Centrafrique : des habitants fuient après des violences au passage d'un convoi de musulmans

La majorité des 7 000 habitants de Boguila, dans le nord de la Centrafrique, se sont enfuis dans la brousse en raison d'affrontements armés au passage d'un convoi de la force africaine escortant plus de 500 [...]

Centrafrique : heurts à Bria, au moins deux soldats de la Misca blessés

La ville de Bria été le théâtre de heurts entre des éléments armés et militaires des forces internationales (Sangaris et Misca). Deux soldats congolais de la force africaine ont[...]

Sommet UE-Afrique : les entretiens de Samba-Panza

Retour sur le déplacement de Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, à Bruxelles et Paris, lors du sommet UE-Afrique.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces