A la tête d'une demi-douzaine de fondations et d'ONG humanitaires, cet homme d'affaires, frère aîné du chef de l'Etat congolais, va lancer une compagnie aérienne en avril prochain.
Il n'est pas que le « frère de... », il est aussi et avant tout le chef de la famille, un PDG multicarte, un de l'ombre et l'un des principaux employeurs privés du Congo. Lui : Maurice Nguesso, 66 ans, aîné du président Denis Sassou Nguesso (DSN) et patriarche du clan depuis la mort, en 2004, de Valentin Ambendet. Dans le tiroir à projets de ce père de quatorze enfants figure en bonne place ce qui devrait être sa plus grosse affaire : le lancement, en avril 2006, d'« Air Congo Express », une compagnie aérienne nationale et régionale au sein de laquelle des capitaux sud-africains sont engagés pour 49 %, lui-même détenant 48 % et l'État congolais 3 %. Un défi à la mesure de ce natif d'Edou, dans la Likouala, formé par capillarité et presque sur le tas à l'école des grandes sociétés pétrolières (Total, Shell, Petrobras, Sonatrach), de l'Orstom français et de la rude technique est-allemande. Emprisonné sans jugement à Brazzaville pendant six mois sous la transition (1991), en quelque sorte pour délit de patronyme, ce fidèle des fidèles de DSN - « Nous sommes comme les deux doigts de la main », dit-il - suit son frère dans sa traversée du désert et l'accompagne tout naturellement lors de sa reconquête du pouvoir. Aujourd'hui, Maurice Nguesso est à la tête d'une demi-douzaine de fondations et d'ONG humanitaires et sportives, ainsi que le PDG de deux importantes entreprises de la place : la Sonotrap (bâtiment et travaux publics) et la Somac, la plus grande société de gardiennage du Congo avec ses 700 employés et son encadrement assuré par d'anciens officiers de l'armée angolaise. Personnalité incontournable du monde congolais des affaires, cet homme consensuel et patelin est aussi un acteur actif des coulisses de la politique. Sans affiliation partisane réelle (il n'est que simple membre du Parti congolais du travail), Maurice Nguesso entretient des rapports amicaux avec la plupart des leaders de l'opposition. À Paris, début décembre, pour préparer son mariage officiel avec Rosalie-Brigitte Akoli, sa compagne depuis onze ans, il s'est ainsi employé à inciter au retour le dernier carré des exilés - à l'exception notable de l'ex-président Lissouba et de l'ancien ministre des Finances Moungounga Nguila Nkombo. Sa proximité avec son cadet de frère, pour le compte duquel il gère les affaires (au sens familial du terme) du clan, facilite évidemment ce rôle de « passeur de messages ».
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