06/02/2004 à 00h:00 Par Francis Kpatindé
Costume clair, large sourire, à l'aise comme s'il était au palais de Cocody, Laurent Gbagbo s'est rendu, le 4 février, à la Fondation Jean-Jaurès, animée par le Parti socialiste français, membre, comme son parti le Front populaire ivoirien, de l'Internationale socialiste. « Comme vous le voyez, ça va mieux que l'année dernière à la même époque », a lancé le président ivoirien en direction d'une assistance composée, entre autres, de l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy, président de ladite fondation, des ex-ministres Charles Josselin, Marcel Debarge, Henri Nallet, Henri Emmanuelli, mais aussi de personnalités comme l'ancien chef du gouvernement sénégalais Moustapha Niasse, l'opposant guinéen Alpha Condé, le musicien camerounais Manu Dibango. Ou encore, fidèles parmi les fidèles, Guy Labertit, le « monsieur Afrique » du PS, et l'universitaire franco-sénégalais Albert Bourgi.
Aux uns et autres, Gbagbo a rappelé que « plus en Afrique qu'en Europe, la gauche a encore toute sa place, surtout à cause des inégalités sociales ». Il est également revenu sur son parcours personnel, précisant que plusieurs de ses proches avaient connu la prison : « Dans ma famille, il n'y a que ma mère et ma tante qui n'aient pas été embastillées. [...] Tous les dix ans, il m'arrive une catastrophe. En 1982, j'ai dû m'exiler. En 1992, j'ai été jeté en prison avec ma femme et mon fils. En 2002, j'ai eu la guerre dans mon pays. Je m'en suis sorti et je m'en sortirai toujours », a-t-il poursuivi, avant de dévoiler son cadeau aux socialistes français : un admirable tableau de son artiste fétiche, James Kadjo Houra, dont les oeuvres ornent, depuis deux ou trois ans, les murs du palais présidentiel et la résidence de Cocody, à Abidjan.