07/08/2006 à 14h:12 Par Valérie Thorin
Tavarich Gaye possède le charme des premiers romans. Mélange subtil de souvenirs personnels et de fiction, il retrace une période chère au cœur de l'auteur, celle de ses années d'études en Union soviétique. On aurait pu le croire amer et désabusé après la chute du mur de Berlin, il est simplement triste, avec un brin de romantisme qui témoigne de l'ambiance entourant les étudiants africains il y a une vingtaine d'années en URSS.
L'histoire débute en Afrique, dans un pays imaginaire aisément reconnaissable, qui envoie ses enfants les plus doués étudier dans cet immense État lointain. « Je chérissais l'Union soviétique pour le soutien qu'elle apportait aux opprimés de la Terre, aux mouvements de libération en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique », écrit Souleyanta Ndiaye. Cela posé, on suit avec intérêt les tribulations du jeune étudiant de l'université d'Ivanovo, au cœur de la Russie centrale. On s'attache à ses pas, à ses amours, on assiste à son entrée en politique, récupéré par l'étrange Kazbek, dont les rapports avec le KGB sont obscurs.
Dans un style simple, fluide et léger, Tavarich Gaye nous campe ?également des personnages secondaires criants de vérité, comme celui de la concierge Anna Mikhaïlovna. Les connaisseurs apprécieront également les clins d'œil que l'auteur adresse à des personnages réels, mal dissimulés sous des noms fantaisistes, mais que la seule fréquentation de la rue Mikloukho-Maklaya, à Moscou, suffit à faire reconnaître.
Tavarich Gaye, de Souleyanta Ndiaye, éd. Monde global, 128 pages, 14,90 euros.