05/09/2005 à 00h:00 Par Jeune Afrique
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Bonne nouvelle à Bujumbura
L'investiture du président burundais élu démocratiquement, le 26 août dernier (voir J.A.I. n° 2329), nous rappelle le temps joyeux de l'arrivée de feu son prédécesseur,
Melchior Ndadaye. Un bienfait pour ce pays meurtri par d'interminables conflits interethniques. Pierre Nkurunziza est-il l'homme de la situation ? Je ne sais pas, mais
en tant qu'Africain je continue de croire à l'importance de la signification d'un nom. Sauf erreur de ma part, nkurunziza veut dire « bonne nouvelle » en kirundi. Je souhaite donc que son avènement soit une bonne nouvelle pour tous les Burundais en particulier et pour la région des Grands lacs en général.

Non aux nouveaux Bonaparte
J'ai beaucoup apprécié l'article d'Albert Tévoédjrè sur le coup d'État en Mauritanie (voir J.A.I. n° 2327-2328). Son analyse des dérives du régime défunt et des risques de
voir « s'imposer un nouveau Bonaparte » est bonne, mais j'aurais aimé l'entendre dire qu'elle s'applique aussi à d'autres pseudo-démocraties en Afrique. D'autres chefs d'État,
pas seulement en Afrique de l'Ouest, ont « confisqué le pouvoir pendant plus de vingt ans,
bannissant toute contestation et vidant la démocratie de sa réalité pour en respecter les seules apparences ». Certains ont même à leur actif des crimes de sang, des accusations
d'ingérences inadmissibles dans les affaires d'autres États. Il faudrait que les citoyens aient le courage de dénoncer les dérives graves de leurs gouvernants avant que les
putschs ne surviennent. Un coup d'État est toujours une régression et il fait fuir les investisseurs dont l'Afrique a tant besoin. Ainsi pourrait-on espérer une prise de conscience des dirigeants (actuels et à venir), qui géreront mieux leurs pays et ne se
considéreront plus comme des monarques absolus.

Pas de fête pour ex-prisonniers de guerre
Les derniers prisonniers de guerre marocains détenus par le Polisario ont été libérés (voir J.A.I. n° 2329). J'ai regretté de constater le peu d'enthousiasme, voire même la froideur de leur accueil par les autorités marocaines. Il n'y a eu aucune cérémonie pour le retour d'hommes qui ont pourtant sacrifié près de vingt ans de leur existence pour leur pays. Le seul qui semblait ravi était le négociateur américain, c'est dire… Cette attitude est indigne du gouvernement marocain et forme un curieux contraste avec le comportement du Polisario. Le Maroc souhaitait-il vraiment cette libération ?

L'Afrique au Conseil de sécurité
À la suite du « Post-Scriptum » de Fouad Laroui sur ses deux favoris pour les sièges permanents du Conseil de sécurité (voir J.A.I. n° 2324), je voudrais proposer, à côté de l'île Maurice, l'Éthiopie et ce, pour les raisons suivantes : 1. C'est le pays du grand
Ménélik II, qui a infligé à l'envahissante Europe une grande défaite (victoire sur les Italiens à Adoua le 1er mars 1896, NDLR) ; 2. Son très panafricaniste empereur Haïlé
Sélassié (fils de Ménélik II, NDLR) est l'un des pères fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) ; 3. C'est la patrie de l'inégalable athlète Kenenissa Bekele, grand pourvoyeur de médailles d'or et de records du monde de course ; 4. Sa capitale, Addis-Abeba, hier siège de l'OUA et aujourd'hui de l'Union africaine, a accueilli les
plus grandes rencontres africaines du dernier siècle. En l'acceptant comme candidate, l'Afrique reconnaîtra le rôle de l'Éthiopie pour l'indépendance et l'unité du continent et l'île Maurice pour sa stabilité et ses performances économiques.

Aveuglement kabyle
À la suite d'un article sur les élections en Kabylie (voir J.A.I. n° 2323), je voudrais dire que la crise vécue par cette région est provoquée surtout par les gens de l'extérieur, qui essaient par tous les moyens de déstabiliser le régime. Celui-ci tente de maintenir la stabilité à travers le pays, mais les fauteurs de troubles, les assoiffés de pouvoir, les égoïstes, les racistes et les jaloux s'obstinent à vouloir porter le
désordre, pour saper les assises de la démocratie. Quand vous dites que les Algériens revendiquent le droit d'avoir des droits, vous jouez avec les mots. Tous les Algériens possèdent les mêmes droits. Il n'y a pas de particularisme kabyle, tous les Algériens
sont les mêmes. Quand nous, les Kabyles, avonsdemandé le départ de l'armée et de la gendarmerie, c'était pour régler nos problèmes entre nous. Malheureusement, l'anarchie l'a emporté. Résultat, nous nous retrouvons avec un nombre très élevé d'assassinats, de vols, de cambriolages et d'escroqueries. Aujourd'hui, nous demandons le retour de l'autorité.
Mais qui a voulu le régionalisme ? Nous ! Pas le gouvernement. C'est la Kabylie qui cherche à s'isoler elle-même, aveuglée par ses dirigeants qui courent après la présidence depuis des décennies.

Main basse sur les richesses congolaises
Votre article sur le pillage des ressources de la RD Congo (voir J.A.I. n°2326) confirme les conclusions de l'ONG Global Witness. Les dirigeants congolais d'hier et d'aujourd'hui se sont malheureusement comportés en mercenaires. Le pillage ne les émeut guère, d'autant qu'ils y ont peu ou prou participé. Dès lors, il n'est pas surprenant qu'ils ne se soient pas pliés à l'obligation légale de déclarer leur patrimoine à leur entrée en fonctions et à leur sortie, à une exception près. Leur engouement à se partager les entreprises publiques découle d'une logique prédatrice, caractéristique de cette classe politique que le président sénégalais Abdoulaye Wade qualifie de « médiocre », que nous subissons à notre corps défendant.
Tant que les Congolais ne comprendront pas que la politique est une affaire de rapport de force, le Rwanda, l'Ouganda et les autres n'auront aucun scrupule à se gaver des immenses richesses d'un Congo doté de dirigeants inconséquents. Notre peuple n'a que ses yeux pour pleurer et ses mains pour enterrer ses millions de morts. Quel gâchis pour ce beau pays, naguère plus développé et plus riche que l'Afrique du Sud ou que la Corée du Sud.

John Garang, un personnage emblématique
Il était un symbole pour le Sud-Soudan (voir J.A.I. n°2326), mais aussi pour tous les peuples africains en quête de liberté. La disparition de cet homme charismatique nous interpelle sur l'avenir de notre continent. Sa mort, survenue dans des circonstances non élucidées, nous rappelle celles de Jonas Savimbi en Angola, de Thomas Sankara au Burkina et de Laurent-Désiré Kabila en République démocratique du Congo.

Allez les Diambars !
J'ai beaucoup apprécié votre article concernant les « Diambars » (voir J.A.I. n°2327-2328). Bravo à ces dignes fils de l'Afrique que sont Jimmy Adjovi-Bocco, Patrick Vieira et, par extension, Bernard Lama, et pour la création de ce centre éducatif au Sénégal. Ces hommes, qui se sont honnêtement enrichis en Europe à la sueur de leur front, essaient aujourd'hui de rendre au continent tout ce que celui-ci leur a donné.

Contradictions sénégalaises
Montesquieu écrivait dans ses Lettres persanes : « L'esprit humain est la contradiction même [...] et la loi faite pour nous rendre plus justes ne sert souvent qu'à nous rendre plus coupables. » Le pouvoir sénégalais ne se rend-il pas coupable en inventant un attirail de prétextes, mauvaise gestion ou atteinte à la sûreté de l'Etat, pour rendre plus « glamour » l'arrestation d'Idrissa Seck. « Qui veut tuer son chien l'accuse d'avouir la rage », dit le proverbe. Seck est, semble-t-il, devenu encombrant à cause de ses ambitions politiques trop affichées. Mais c'est une entorse à la pratique démocratique auquel le pouvoir sénégalais nous avait pourtant habitués.

L'Afrique, cible des terroristes ?
J'ai lu avec attention les résultats du sondage plaçant l'Afrique comme future cible des terroristes d'al-Qaïda (voir J.A.I. n°2325). Il importe maintenant de savoir où et quand ils vont frapper. Les réponses se trouvent déjà dans plusieurs analyses parues dans « Ce que je crois », ainsi que dans des interventions de lecteurs. On dit souvent que le terrorisme est la justice des pauvres et des faibles. Les prochaines cibles sont les pays africains où Américains et Anglais ont des intérêts.

Quel président pour les Gabonais ?
Dans votre article sur la précampagne électorale au Gabon, vous soulignez le fait que le pays est un modèle de stabilité du fait de la paix qui le caractérise (voir J.A.I. n°2327-2328). Je pense que les leaders politiques de tous bords doivent comprendre, une foius pour toutes, que l'intérêt supérieur de la nation prime l'intérêt personnel et partisan. La cause est plus importante que ceux qui la servent. Nous osons croire que les rumeurs de guerre sont loin d'être des vérités. Que le pays soit dirigé par le président Omar Bongo Ondimba, par Pierre Mamboundou, Zacharie Myboto et un autre, cet homme providentiel ne sera que le fils d'une même mère : la nation gabonaise. Une guerre fratricide serait la preuve d'un égoïsme d'un autre âge, surtout quand on voit combien en souffrent nos voisins.
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