04/09/2007 à 11h:52 Par Marianne Meunier
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Après la Mauritanie, l'opérateur investit au Gabon et au Burkina Faso. Une manière d'anticiper la saturation du marché domestique.

En moins d'un an, Maroc Télécom a pris des couleurs africaines. En février dernier, l'opérateur historique du royaume - l'État détient 34 % du capital - a acheté 51 % de Gabon Télécom. Trois mois plus tôt, il réalise la même opération au Burkina, avec l'Office national des télécommunications (Onatel). Deux acquisitions qui viennent confirmer une stratégie subsaharienne esquissée pour la première fois il y a six ans : en 2001, Maroc Télécom devenait actionnaire de Mauritel, en Mauritanie, à hauteur de 54 %.
« 51 %, c'est le minimum que nous souhaitons acquérir où que nous allions, explique Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Télécom. Nous ne sommes pas des financiers, nous ne cherchons pas à prendre des participations à droite et à gauche. Nous voulons exercer notre métier et développer notre savoir-faire. » Être physiquement présent dans le pays, afficher sa marque, influer sur la stratégie : le développement de Maroc Télécom en Afrique subsaharienne n'est pas une lubie de circonstance. C'est une nécessité.
Au Maroc, le marché du mobile n'est pas encore saturé. Le taux de pénétration s'élevant aujourd'hui à 57 %, il reste encore environ trois ans avant qu'il n'atteigne le plafond des 80 %. Mais après… Le développement en Afrique subsaharienne permet à l'opérateur marocain de contourner le problème de la saturation domestique. ?Le groupe n'a d'ailleurs pas l'intention de s'arrêter là. Il a déjà répondu à un appel à manifestation d'intérêt au Niger pour une nouvelle licence. Et Abdeslam Ahizoune se dit « attentif » à ce qui se passe au Mali, au Ghana, en Guinée équatoriale, au Togo, au Bénin… Bref, le groupe ne se fixe manifestement pas de limite linguistique. Encore faut-il que le marché soit suffisamment important.
À l'heure actuelle, Maroc Télécom, qui n'est pas endetté, a les coudées franches pour investir au sud du Sahara. Chacun des trois investissements, en Mauritanie (36 millions d'euros), au Burkina (220 millions) et au Gabon (61 millions), a été réalisé sur fonds propres. À Libreville, néanmoins, l'acclimatation ne se fait pas sans heurts. Pour certains responsables politiques gabonais, relayés par une partie de la presse, Gabon Télécom, qui faisait partie du patrimoine public, a été « bradé aux Marocains ». La situation de l'entreprise découverte par Maroc Télécom ne correspondant pas à ce qui avait été annoncé avant la transaction (les dettes fournisseurs s'élevaient à 221 milliards de F CFA au lieu de 142 milliards annoncés), le groupe n'a pour le moment déboursé que 26 millions d'euros, au lieu des 61 millions prévus. Et le ménage fait par le nouveau maître à bord, qui a jugé mauvaises les méthodes de gestion des anciens dirigeants, considérés comme trop généreux à l'égard des fournisseurs notamment, ne sont pas du goût de tous… En revanche, l'arrivée de Maroc Télécom au Burkina s'est déroulée de façon plus harmonieuse. Mais, après moins d'un an d'exercice, il est encore trop tôt pour dire si les choix du Gabon et du Burkina sont judicieux. En Mauritanie, Mauritel détient 70 % de parts de marché sur le mobile et 100 % sur le fixe. Entre 2005 et 2006, le chiffre d'affaires de l'activité mobile a augmenté, passant de 51 millions à 61 millions d'euros, pour une progression du chiffre ­d'affaires mobile global de Maroc Télécom de 15 %, passant de 1,14 milliard à 1,3 milliard d'euros. Une bonne affaire que l'opérateur marocain espère reproduire ailleurs sur le continent.
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