Extension Factory Builder
04/02/2003 à 10h:03
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'incertitude qui règne sur les marchés du pétrole depuis octobre 2002 rend difficile toute prévision quant à l'impact réel d'un conflit en Irak, à court et moyen terme, pour une économie mondiale qui tourne déjà au ralenti. Difficile aussi de cerner l'impact sur le continent africain, même si, à de rares exceptions près - les douze producteurs africains recensés, et encore... -, il est acquis que les répercussions seront largement négatives.
Avec ses 8 millions de barils extraits chaque jour (b/j), l'Afrique représente un peu moins de 10 % de la production mondiale, contre plus du tiers pour le Moyen-Orient. Sa consommation, elle, demeure très limitée - autour de 2,5 millions de b/j - l'essentiel de la production étant destiné à l'export.

Du côté des producteurs africains, toute hausse du prix du baril de brut de 1 dollar apporte une recette additionnelle brute estimée à 5,5 millions de dollars par jour - soit près de 2 milliards de dollars en année pleine -, dont les principaux bénéficiaires sont le Nigeria, l'Algérie, la Libye et l'Angola. Mais ce niveau de recettes demeure très théorique. Dans la réalité en effet, tout dépend des accords passés avec les multinationales du pétrole, de l'existence ou non d'une compagnie pétrolière nationale, et des accords de partage de production ou du montant des royalties qui sont reversées. À ce petit jeu, ce sont surtout l'Algérie et la Libye qui tirent leur épingle du jeu. Suivies par l'Égypte - le pays a dépassé le stade de l'autosuffisance pour devenir un gros exportateur -, puis par le Nigeria, l'Angola, le Gabon et la Guinée équatoriale, où les multinationales trustent, il est vrai, plus du tiers des recettes.

Avec un cours du pétrole autour des 22 dollars le baril en 2002, l'Algérie a ainsi perçu 16 milliards de dollars de ses ventes d'hydrocarbures, contre plus de 22 milliards de dollars en 2001. Si le baril se maintient durablement au-dessus de la barre des 30 dollars, Alger pourrait engranger en 2003 une recette supplémentaire de 5 milliards de dollars. Cette manne additionnelle pourrait s'élever à 3 milliards dans le cas de la Libye, à 7 milliards pour le Nigeria et à un peu plus de 1,5 milliard pour l'Angola. Dans le même temps, Libreville pourrait obtenir un bonus de 360 millions de dollars et Malabo un peu plus de 500 millions de dollars, en raison de la croissance exponentielle de sa production. À Brazzaville, le budget 2003 intègre déjà ces cours favorables du brut en tablant sur 180 milliards de F CFA (275 millions de dollars) de recettes supplémentaires, soit 22 % de plus que dans le budget 2002. On imagine aisément le bénéfice que ces pays pourraient tirer d'une flambée durable du pétrole et d'un maintien des cours entre 40 et 50 dollars !
Pourtant, face à cette dizaine de nantis - auxquels il faut ajouter la Tunisie, producteur certes en déclin, mais qui parvient à couvrir ses besoins -, c'est tout le reste du continent qui tire la langue lorsque le pétrole atteint des sommets. À commencer par la première puissance, l'Afrique du Sud, dont la consommation quotidienne atteint 490 000 b/j, soit 20 % environ de la consommation totale du continent.
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Antiaméricanisme primaire ?

Article précédent :
Tout un symbole

AUTRES

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs parviennent à un accord provisoire

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs parviennent à un accord provisoire

Bamako et les rebelles touaregs ont signé, mardi 18 juin à Ouagadougou un accord intérimaire permettant d’organiser l’élection présidentielle à Kidal, dans le nord du Mali.[...]

Google Loon : des ballons pour connecter la planète

Google lance le projet Loon, un projet expérimental qui vise à diffuser internet dans les zones les plus inaccessibles du monde à l'aide de ballons dirigeables. Dont l'Afrique.[...]

Afghanistan : ouverture d'un bureau taliban au Qatar

Alors que les négociations entre le pouvoir d’Hamid Karzaï et les talibans sont bloquées depuis des années, les rebelles inaugurent ce mardi 18 juin un bureau de représentation au Qatar. Peu[...]

Le baccalauréat au Maroc : à l'école de la triche

La fraude aux examens serait-elle en passe de devenir un sport national au Maroc ? Certains n'hésitent pas à le croire...[...]

Algérie : Bouteflika sous l'oeil de Hollande

La première apparition télévisuelle d'Abdelaziz Bouteflika, le 11 juin, depuis son lieu de convalescence à Paris, a donné lieu à toutes les spéculations, notamment sur la mise en sc[...]

CPI - Kenya : William Ruto dispensé de présence à la plupart des audiences de son procès

Le vice-président kényan William Ruto, qui fait l’objet de citation à comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI), pourra être absent de la plupart des audiences de son pr[...]

Présidentielle tunisienne : Jebali tisse sa toile

L'anicen Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, passe une partie de son temps à l'étranger. Un signe que le top départ de la course à la présidentielle est lancé ?[...]

États-Unis : attention, vous êtes écoutés !

Tel Big Brother, la NSA, l'agence fédérale chargée du renseignement électromagnétique, intercepte des milliards de conversations téléphoniques et d'échanges internet.[...]

Anicet Dologuélé : "Pourquoi je serai candidat" à la présidentielle centrafricaine

Parce que le pays a touché le fond et que les autorités ne lui semblent pas à la hauteur, l'ancien Premier ministre centrafricain, Anicet Dologuélé, annonce qu'il briguera la magistrature[...]

Mali : l'accord "préliminaire" entre Bamako et les rebelles touaregs passe à la signature

L’accord entre le pouvoir malien et les rebelles touaregs qui contrôlent Kidal, dans le nord du Mali, devrait être signé à Ouagadougou à l’occasion d’une cérémonie[...]

A. El Hamdouni : "En Côte d'Ivoire, les opérateurs marocains ne viennent pas faire des coups"

A l'occasion de la création de la Chambre de commerce et d'industrie du Maroc en Côte d'Ivoire (CCIM-CI), Abdelilah El Hamdouni, son président, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur la pr&eac[...]

Présidentielle malienne : qui pour sauver le pays ?

Le 28 juillet, les électeurs maliens devront choisir le futur chef de l'Etat. Enquête sur une élection cruciale pour l'avenir de ce pays meurtri.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers