02/06/2008 Ă  12h:16 Par Cherif Ouazani
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En matière de politique étrangère, le second mandat du président Amadou Toumani Touré ne diffère en rien du premier : stabilité des équipes, constance dans la quête de consensus au sein des instances régionales, présence assidue et active durant les sommets continentaux, place particulière au sein de la Francophonie…. On pourrait longuement s'étendre sur les vertus de la diplomatie malienne, sur le nombre impressionnant de ses cadres occupant de hautes fonctions dans les structures internationales, sur l'ouverture à l'endroit des ONG, vertu qui a valu à Bamako l'incontestable statut de capitale africaine de l'altermondialisme. Mais restons dans la région.
Les problèmes de sécurité dans le Sahel inquiètent autant Washington que Bamako, Paris, Alger, Bruxelles, Nouakchott, Londres, Vienne ou Niamey. Cette bande désertique, porteuse de promesses pétrolifères et uranifères, couvre les deux tiers du territoire malien, dans sa partie septentrionale. Route de tous les trafics, elle sert de base de repli aux salafistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et est le théâtre d'une nouvelle manifestation de l'irrédentisme touareg. Aucun de ces trois fléaux n'est un mal exclusivement malien. Aucune solution domestique ne parviendrait à résoudre durablement la traite humaine, le trafic de drogue et de cigarettes, le terrorisme islamiste international, ou encore la « mal-vie » et les états d'âme d'une communauté répartie dans pas moins de cinq pays différents. C'est pour tout cela que le président ATT tente, depuis plusieurs mois, de réunir à Bamako un sommet régional dédié à cette unique question : comment apprivoiser le Sahel ? Entre le souci de leadership des uns, les susceptibilités des autres et les agendas perpétuellement chargés, cette rencontre a été différée à plusieurs reprises. En outre, la question touarègue, qui se pose également aux autorités nigériennes, est gérée par ces dernières de manière totalement différente. Si ATT préconise le dialogue et une médiation étrangère (algérienne en l'occurrence), le président Mamadou Tandja n'y voit qu'un problème de criminalité et ne préconise qu'une seule méthode : une réponse policière. Le manque d'enthousiasme de ses pairs n'a pas découragé ATT. Son chef de la diplomatie, Moctar Ouane, a sillonné les capitales de la sous-région. Et, à force d'obstination, Bamako a obtenu gain de cause. Des experts planchent déjà sur le contenu de la déclaration du prochain sommet régional, prévu dans les semaines à venir.

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