L'amitié qui lie le président ghanéen, John Dramani Mahama, à un militant américain de la cause homosexuelle provoque un miniscandale.
« Nous sommes extrêmement inquiets de la relation impie qui s'est nouée entre le président de la république du Ghana et Andrew Solomon, un homme qui milite partout dans le monde en faveur des droits des gays, des lesbiennes, des bi et des transsexuels » (LGBT). Contrairement à ce que laisse entendre cette phrase du quotidien Ghanaian Chronicle, John Dramani Mahama n'est pas soupçonné d'être lui-même homosexuel. Mais le simple fait qu'il soit ami avec un représentant de cette communauté a suffi à provoquer un petit scandale, dans un pays où l'homosexualité est passible d'une peine de prison.
C'est le quotidien Daily Guide qui a révélé l'« affaire » le 1er février, en faisant sa une sur les relations entre le président et cet activiste homosexuel américain, auteur de plusieurs livres et d'articles parus dans des journaux new-yorkais parmi les plus prestigieux.
Démenti
La première réaction, pour le moins maladroite, de Mahama Ayariga, le ministre ghanéen de l'Information, a été de nier l'amitié entre les deux hommes. Avec pour seul résultat de faire enfler la polémique. Car John Dramani Mahama avait évoqué Andrew Solomon dans ses mémoires (My First Coup d'État, paru en juillet 2012), le mentionnant dans ses remerciements et faisant état d'un « fantastique dîner » au domicile de l'intéressé - lequel est marié à un homme, avec qui il élève un enfant adopté. Le journaliste américain, qui dit avoir rencontré Mahama « il y a huit ans », avait d'ailleurs participé au lancement de l'ouvrage à New York.
Le ministre de l'Information a dû rectifier le tir et reconnaître que ses premières déclarations n'étaient « pas entièrement exactes ». « Le président m'a appelé pour s'excuser », a pour sa part indiqué Solomon dans une tribune parue dans le New York Times le 11 février. « J'espère qu'il profitera de cette occasion pour jouer un rôle de leader régional en matière de défense des droits des LGBT », a-t-il ajouté.
« Le président ne soutient pas l'homosexualisme [sic] et ne prendra aucune mesure pour [le] promouvoir au Ghana », a cependant cru devoir préciser le ministre pour clore la polémique.

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