Extension Factory Builder
13/08/2013 à 18:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Lors de la visite de Joseph Kabila (au centre) à Brazzaville, le 19 juillet. Lors de la visite de Joseph Kabila (au centre) à Brazzaville, le 19 juillet. © Guy-Gervais Kitina/AFP

Habitué des missions de déminage, le président Denis Sassou Nguesso jouera les facilitateurs pour l'organisation d'une concertation nationale en RD Congo voisine.

"Je suis disponible 24 heures sur 24" : en prononçant cette petite phrase lors de l'audience qu'il a accordée le 8 août à Brazzaville aux présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale de RD Congo, Léon Kengo wa Dondo et Aubin Minaku, venus solliciter son intercession, Denis Sassou Nguesso n'a pas voulu jouer les matamores. Le président congolais, on le sait, n'est jamais aussi à l'aise que dans les médiations compliquées - il en a mené de toutes sortes depuis plus de trente ans -, et ses interlocuteurs savent qu'en ce domaine on peut le réveiller la nuit. Celle qui s'annonce ne sera pas des plus simples, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'aider le pouvoir, l'opposition et la société civile du "Congo d'en face" à se réunir en une grande concertation nationale, ainsi que la souhaite Joseph Kabila. Objectif : recréer la cohésion "face aux agressions dans l'Est" et débloquer par là même le dialogue interne entre les acteurs politiques congolais.

Un rôle sur mesure pour Denis Sassou Nguesso

Avant que ses bons offices ne soient réclamés par toutes les parties, il a fallu que Denis Sassou Nguesso fasse preuve de patience. Le premier tir de barrage est venu de la majorité présidentielle, dont quelques ténors (Lambert Mende, Olivier Kamitatu, José Endundo et une partie de la formation de Joseph Kabila) se sont dressés sur leurs ergots dans un réflexe nationaliste finalement très kinois. Thème : pourquoi avoir recours à un facilitateur pour une crise qui n'existe pas ? Quant à l'opposition, bien qu'elle soit nettement plus favorable à la médiation Sassou, il lui a d'abord fallu surmonter ses propres divergences, certains de ses membres estimant que ce rôle devait revenir à Mary Robinson, l'envoyée spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les Grands Lacs. Enfin, en recevant le 19 juillet Joseph Kabila à Brazzaville, le président congolais a pu être fixé sur les lignes jaunes que son partenaire n'entendait pas voir franchir ainsi que sur les concessions qu'il était prêt à faire. En définitive, il a fallu se rendre à l'évidence : nul autre que Denis Sassou Nguesso ne possède l'expérience nécessaire pour évoluer sur un terrain aussi miné.

Le plus dur commence maintenant pour lui : rassurer tous les protagonistes afin que cette concertation, qui devrait s'ouvrir dans quelques semaines, soit réellement inclusive (ce qui est encore loin d'être acquis), être le recours en cas de blocages quasi inévitables, trouver la formule qui permettra à l'opposition armée (M23, Maï Maï et autres) de participer. Les nuits de Denis Sassou Nguesso, déjà médiateur dans la crise centrafricaine, risquent d'être courtes...

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RD Congo : y a-t-il un pilote à la Gécamines ?

RD Congo : y a-t-il un pilote à la Gécamines ?

Scandale de surfacturation, ingérence de l'État, explosion des coûts... Rien ne va plus dans la grande entreprise minière publique du Katanga, qui attend la nomination d'un nouveau dirigeant.[...]

RDC : l'Église congolaise réitère sa volonté de voir Kabila partir en 2016

Après différentes rencontres à Rome avec le pape François, la conférence épiscopale de RDC a publié dimanche une lettre dans laquelle elle réaffirme son opposition à[...]

RDC : Kengo wa Dondo met en garde contre une modification de la Constitution

Léon Kengo wa Dondo, le président du sénat de la RDC, a mis en garde lundi contre un "changement de Constitution" qui pourrait, selon lui, "menacer" la paix et la cohésion[...]

RDC : Kabila gracie le pasteur Kuthino

Le président congolais Joseph Kabila a gracié dimanche, au nom de la "cohésion nationale", le pasteur Ferdinand Kuthino, chef d'une Église évangélique condamné à[...]

RDC : la police disperse une manifestation d'opposition à Kinshasa

La police congolaise a dispersé samedi matin une manifestation d'opposition dans le centre de Kinshasa, interpellant plusieurs personnes dont un journaliste vidéaste de l'AFP.[...]

RDC : Jean-Bertrand Ewanga condamné à un an de prison ferme pour "offense au chef de l'État"

L'opposant Jean-Bertrand Ewanga a été condamné jeudi soir par la justice congolaise (RDC) à un an de prison ferme pour outrage au chef de l'État. Une sentence qui tombe moins de quarante-huit[...]

Ebola a fait 37 morts en RDC

Distincte de celle qui frappe l'Afrique de l'Ouest, l'épidémie d'Ebola progresse dans le nord-ouest de la RDC. Le dernier bilan fait état de 37 décès. En Guinée, les autorités[...]

RDC - Omar Kavota : "Au Nord-Kivu, le désarmement avance à pas de tortue"

Dans l'est de la RDC, la rentrée scolaire a été perturbée en début de semaine. La faute à une insécurité tenace, liée aux groupes rebelles et à des bandits[...]

Youssouf Mulumbu : "Ibenge sélectionneur de la RDC, c'est un très bon choix !"

Capitaine de la RDC et attaquant de West Bromwich Albion (Angleterre, Premier League), Youssouf Mulumbu évoque pour "Jeune Afrique" la situation des Léopards avec la nomination de Florent Ibenge à[...]

RDC : Kabila, le choix de Tryphon Kin-Kiey Mulumba

Tryphon Kin-Kiey est le ministre congolais des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies. Il nous a rendu visite au 57 bis.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex