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13/08/2013 à 17:37
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Le 6 août, à son arrivée au siège du Front populaire ivoirien (FPI), à Abidjan. Le 6 août, à son arrivée au siège du Front populaire ivoirien (FPI), à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Arrêté en avril 2011, Michel Gbagbo, fils de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, vient d'être mis en liberté provisoire avec treize autres proches de son père.

Il a remercié sa famille, ses soutiens et, plus surprenant, le gouvernement et ses geôliers. "Mon coeur est clair et sans haine", a déclaré Michel Gbagbo, 43 ans, en liberté provisoire depuis le 6 août. Syndrome de Stockholm ? Le fils de Laurent Gbagbo souhaite plus vraisemblablement faciliter l'élargissement des nombreux "gbagbistes" encore sous les verrous. Car ses deux ans de prison n'ont pas été de tout repos, même s'il avait été transféré depuis quelques mois à la Polyclinique internationale Sainte-Marie (Pisam), à Abidjan, pour des soins. Molesté lors de son arrestation, le 11 avril 2011, il a été incarcéré à Bouna (Nord), sous la surveillance de Morou Ouattara, un ex-rebelle devenu l'un des commandants des forces spéciales. Ses gardiens l'ont insulté, exhibé comme une bête de foire devant leurs petites amies, contraint à faire des pompes face aux caméras...

>> Lire aussi : Michel Gbagbo porte plainte en France contre Soro et les comzones

S'appeler Gbagbo, avait-il plaisanté en 2010 dans une interview au journal satirique Gbitch, est à double tranchant. Son patronyme lui a ouvert des portes durant la décennie (2000-2010) que son père a passée au pouvoir. Mais Michel n'a jamais flambé, contrairement aux "refondateurs" (les partisans du président) de l'époque. S'il avait troqué sa Peugeot 205 pour une 307 de fonction, il vivait toujours dans sa petite maison de Cocody (à Abidjan), avec sa femme Viviane, ivoirienne, et leurs trois enfants. Visage poupon, look d'étudiant, il était apprécié de ses élèves de l'université de Cocody, où il dispensait des cours de psychologie. À ses heures, il écrivait de la poésie (Confidences, paru en 2006), des nouvelles ou des essais (Côte d'Ivoire, un air de changement, 2006, ou Problématique de la réintégration sociale des personnes ayant souffert de maladie mentale, 2010).

Mais l'histoire de sa vie est aussi jalonnée de blessures. Il n'a qu'un an et demi, en 1971, quand il est arraché à son père. Opposant d'Houphouët-Boigny, Laurent Gbagbo vient d'être incarcéré au camp militaire d'Akouédo et sa première épouse, la Française Jacqueline Chamois, est expulsée avec Michel. Motif ? Elle serait une dangereuse communiste. L'enfant va grandir à Lyon pendant trois ans. Puis fera des allers-retours entre les deux pays jusqu'à sa majorité, trimbalé d'une culture à l'autre, changeant d'établissement scolaire à maintes reprises.

Le choix entre l'expulsation et l'incarcération

En 1990, il obtient son bac au Lycée technique d'Abidjan. Curieusement, son nom disparaît des fichiers... mais il parvient à s'inscrire à la fac avec son passeport français. Le 18 février 1992, son père et sa belle-mère, Simone Gbagbo, sont arrêtés à la suite d'une marche de protestation après une descente policière musclée à la résidence universitaire de Yopougon. Michel, qui milite alors au sein de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), vient leur rendre visite au camp de gendarmerie d'Agban. On lui donne alors le choix entre l'expulsion et l'incarcération. Il choisit la prison et met six mois à en sortir.

"J'aimerais reprendre mes cours, mais je vais d'abord me reconstruire", déclare-t-il aujourd'hui. Visé par onze chefs d'accusation (dont atteinte à la défense nationale et xénophobie), il pourrait être convoqué devant la cour d'assises d'ici à la fin de l'année, "s'il y a bien un procès", tempère son avocate, Me Habiba Touré. "Le dossier d'instruction est vide, il n'existe aucune preuve à charge. Cette libération a bien montré qu'il s'agissait d'une incarcération politique."

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