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07/08/2013 à 16:43
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À 26 ans, Luc Mbah a Moute touche plus de 4 millions de dollars par an. À 26 ans, Luc Mbah a Moute touche plus de 4 millions de dollars par an. © Vincent Fournier pour J.A.

Luc Richard Mbah a Moute, installé aux États-Unis depuis dix ans, est la nouvelle recrue des Kings de Sacramento. Portrait de l´un des rares basketteurs africains de la NBA.

Après avoir servi cinq ans au poste d´ailier chez les Bucks de Milwaukee, Luc Richard Mbah a Moute prend la route de l´Ouest pour rejoindre l´équipe de basket de Sacramento, en Californie. Le Camerounais (2,03 m, 104 kg) a été opéré en mai 2012 pour des douleurs au tendon rotulien qui l´ont contraint, la saison dernière, à ne jouer que 43 matchs, dont 22 inachevés. Mais il se sent d´attaque. La voix, émue et saccadée, trahit l´humilité de ce basketteur professionnel de 26 ans, l´un des rares Africains à évoluer en NBA, la ligue la plus courue au monde. Avec des contrats aux sommes rondelettes (17 millions de dollars -  près de 13 millions d´euros - sur quatre ans chez les Kings), il pourrait prétendre à la notoriété d´un Samuel Eto´o. Mais il préfère mesurer le chemin qu´il lui reste encore à parcourir, affirmant avoir commencé sa carrière sans objectif précis. « Je comptais surtout travailler dur, me donner à fond et voir venir », nous a-t-il confié lors d´une visite à Jeune Afrique. Pour l´instant, la stratégie a porté ses fruits et il compte profiter de son transfert, annoncé au début de juillet, pour ­améliorer ses qualités offensives tout en restant le leader défensif qu´il a toujours été.

Se considérant béni des dieux, Luc Richard Mbah a Moute n´oublie pas d´où il vient. Comme nombre de jeunes Africains, il a d´abord commencé par jouer au football, « son » sport, jusqu´à 13 ans. Il s´est ensuite essayé au volley-ball et au tennis avant de venir au basket-ball, guidé par son mentor, frère jumeau, premier supporteur et conseiller, Emmanuel Bidias a Moute, lui aussi basketteur de haut niveau installé aux États-Unis. Luc se pique au jeu au bout d´une année et intègre l´Onyx de Yaoundé, un club de la capitale camerounaise. Son père, ex-footballeur du Canon de Yaoundé, contribue à encourager cette vocation en rapportant régulièrement à la maison des magazines spécialisés. Le natif de Bia Messe (proche de Yaoundé) se rêve alors en Michael Jordan, « [son] idole absolue en dépit de la présence, en NBA, de prodiges comme LeBron James, Kevin Garnett ou Kobe Bryant, [qu´il] respecte mais place un cran en dessous ».

Pour leur ressembler, il ne compte pas les heures d´entraînement. En 2003, à 17 ans, il participe à la première édition du Basketball without Borders, alors dénommé Africa 100, qui réunit en Afrique du Sud les 100 meilleurs joueurs continentaux. Remarqué, il obtient une bourse sport-études et rejoint la Montverde Academy, en Floride. Une première année d´adaptation concluante qui s´achève avec l´arrivée de chasseurs de têtes des grandes équipes du championnat universitaire. Les propositions se succèdent. Lui hésite, mais finit par choisir l´UCLA (University of California, Los Angeles), en 2005. Bonne pioche : son équipe atteint trois fois les demi-finales, le NCAA Basketball Final Four... Il se souvient encore d´une défaite contre l´équipe de Joakim Noah, que leurs origines communes ont rapproché. Il est sacré révélation du championnat en 2006.

Pour se motiver, il pense aux Africains qui l´ont précédé, comme son compatriote Ruben Boumtje-Boumtje, pivot à Portland, Cleveland puis Orlando. Mbah a Moute croit devoir à ses camarades d´université d´appartenir au cercle très fermé des 450 meilleurs basketteurs du monde. Ils l´ont certes bizuté - durant sa période rookie, il faisait leurs courses, portait leurs sacs... -, mais ils lui ont donné de précieux conseils pour s´améliorer. Aujourd´hui, il se sent redevable et tente d´aider d´autres jeunes à émerger. Depuis trois ans, il organise chaque été au Cameroun le Mbah a Moute Basketball Camp, qui prépare 50 jeunes joueurs aux sélections du NBA´s Basketball ­without Borders. Il n´est pas peu fier de rappeler que six des dix Camerounais sélectionnés dans le cadre de ce programme sont passés par son centre d´entraînement. « Peu importe qu´ils deviennent plus tard de grands professionnels. L´essentiel, c´est qu´ils se servent du basket pour suivre de bonnes études. » Lui-même a su faire les sacrifices qui s´imposent : ses proches le disent bon vivant, mais ses quatre matchs hebdomadaires et ses entraînements ne laissent en réalité que peu de place aux loisirs. À ceux qui lui reprochent de « vider » le Cameroun de ses talents, Mbah a Moute, qui joue toujours dans l´équipe nationale et reconnaît avoir fréquemment le mal du pays, oppose son « devoir civique », regrettant que les infrastructures et les moyens alloués ne soient pas à la hauteur du potentiel des joueurs. « Le plus important, c´est de pouvoir changer la vie des gens autour de soi », préfère-t-il penser.

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1 réaction(s)

1.
makaveli - 11/08/2013 à 12h:08

un grand BRAVO!!!!![...] Lire

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