Extension Factory Builder
05/07/2013 à 16:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Sur la chaîne Ettounsiya, le 24 juin. Sur la chaîne Ettounsiya, le 24 juin. © HICHEM

Critiqué par certains responsables politiques peut-être un peu inquiets de sa popularité, le chef d'état-major de l'armée tunisienne, Rachid Ammar, a annoncé sa démission à la télévision. Et fait des révélations chocs.

La Grande Muette porte bien son nom, mais quand le haut commandement militaire s'exprime, cela fait l'effet d'une bombe. Pendant trois heures le 24 juin, sur la chaîne Ettounsiya - qui fait le plus d'audience en Tunisie -, le général Rachid Ammar, chef d'état-major interarmes, a annoncé son départ à la retraite, faisant au passage de nombreuses révélations. Du jamais vu ou presque : il ne s'était exprimé qu'une seule fois, et très brièvement, après la révolution de 2011 au cours de laquelle il a joué un rôle de premier plan bien que parfois exagéré par les médias.

Si beaucoup se demandent quelle mouche l'a piqué, les mieux informés savaient que certains responsables politiques le poussaient vers la sortie. « Les coups de poignard dans le dos sont venus de tous côtés », confie cet homme de 65 ans, ordinairement taiseux.

Pourtant, depuis la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011, l'armée n'a pas failli. Toujours sur la brèche, elle a peu ou prou réussi à maîtriser la situation sécuritaire, notamment aux frontières, dont celles de la poudrière libyenne. On lui impute néanmoins l'échec de l'opération dans le Jebel Chaambi (Centre-Ouest), où elle a subi des pertes (7 morts) sans parvenir à démanteler le réseau de jihadistes qui en avaient fait une base d'entraînement.

Cette dernière chicane ressemble fort à un prétexte. Depuis quelque temps, en coulisses, le sérail ne ménage pas ses critiques à l'égard d'une institution militaire sans doute trop populaire à ses yeux. À l'instar de Rached Ghannouchi, le président d'Ennahdha, confiant aux salafistes : « L'armée n'est pas entre nos mains. » Le général Ammar a donc choisi de s'adresser aux Tunisiens pour tirer un bilan de son action, mettant en garde contre le risque de déstabilisation que court le pays, dévoilant les rouages des groupuscules extrémistes qui entretiennent des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et expliquant le revers du Chaambi par la défaillance des services de renseignements. 

Réquisitoire

Poussant plus loin les confidences, il affirme avoir refusé la présidence de la République au lendemain de la révolution. Et révèle que, peu après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, le 6 février dernier, l'idée de former un gouvernement de technocrates, lancée par Hamadi Jebali, venait en réalité de lui.

Bref, Ammar s'en va, mais règle ses comptes en public. « C'est un réquisitoire contre la gestion de la troïka au pouvoir », souligne Mohsen Marzouk, membre du bureau politique de Nida Tounes. Si Houcine Abassi, secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) demande à Rachid Ammar de revenir sur sa démission « dans l'intérêt du pays », ni le gouvernement ni l'Assemblée nationale constituante n'ont réagi. Mais beaucoup estiment que son départ à la retraite annonce peut-être un début de carrière politique. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : faible participation à la présidentielle

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son caract[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Fin de campagne présidentielle tendue en Tunisie

La campagne pour le scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre s'est achevée en Tunisie dans un climat délétère. Pourtant, selon la Constitution, les prérogatives du chef de[...]

Tunisie : Ben Ali, Leïla et le 14 janvier

Depuis son exil en Arabie saoudite, le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali finalise la rédaction de ses Mémoires. Sa version de la journée du 14 janvier 2011 est attendue avec[...]

Tunisie : Abdelfattah Mourou au Perchoir ?

Pendant que la Tunisie se focalise sur le premier tour de l'élection présidentielle du 23 novembre et que l'ultime séance de l'Assemblée nationale constituante (ANC) mettra un terme le[...]

Tunisie : Slim Chiboub, le gendre de Ben Ali, placé sous mandat de dépôt et écroué

Slim Chiboub, le gendre du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, est arrivé en Tunisie mardi matin pour s'expliquer devant la justice de son pays. Il a finalement été[...]

Tunisie - Larbi Chouikha : "Nida Tounes n'a pas gagné"

Au-delà des résultats du scrutin, ce politologue, membre de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, se projette dans l'après-présidentielle et esquisse les différents scénarios[...]

Tunisie : un scrutin historique !

Remportées par les modernistes de Nida Tounes, les élections législatives du 26 octobre auront scellé la seconde alternance politique en trois ans. Et confirmé l'enracinement de la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers