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13/06/2013 à 19:16
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Robert Mugabe signe la nouvelle Constitution au côté de son Premier ministre Morgan Tsvangirai, à Robert Mugabe signe la nouvelle Constitution au côté de son Premier ministre Morgan Tsvangirai, à © Jekesai Njikizana/AFP

À 89 ans, le chef de l'État zimbabwéen ne voit qu'une seule personne capable de lui succéder : lui-même. Jeudi 13 juin, il a fixé la date des élections générales au 31 juillet, mais son Premier ministre, Morgan Tsvangirai, s'oppose à cette décision.

Il est partout. À Addis-Abeba pour le sommet du cinquantenaire de l'Union africaine (UA) fin mai. À Tokyo, pour la Conférence internationale sur le développement de l'Afrique (Ticad, début juin)... Robert Mugabe, le président zimbabwéen, s'est même dit prêt (dans un documentaire sud-africain diffusé le 2 juin) à se présenter à la prochaine élection présidentielle - à 89 ans. « Mon peuple a toujours besoin de moi, a-t-il déclaré, et quand les gens ont besoin de vous, ce n'est pas le moment - quel que soit votre âge - de tirer votre révérence. »

En 2008, Morgan Tsvangirai, son principal rival, l'avait devancé au premier tour, avant de se retirer face aux violences et intimidations subies par son camp. Pour éviter qu'un tel scénario ne se reproduise, Tsvangirai, aujourd'hui Premier ministre d'un gouvernement de compromis bancal, réclame une série de réformes de longue haleine avant la tenue du nouveau scrutin présidentiel (dont la date n'est pas encore fixée) : la révision des listes électorales, l'équité d'accès aux médias d'État et la dépolitisation de l'armée. Or Mugabe veut organiser le vote au plus vite, et la Cour constitutionnelle a opportunément tranché en sa faveur le 31 mai, en ordonnant la tenue de l'élection avant fin juillet.

Cancer

Le 13 juin, Mugabe a choisi le 31 juillet. Pourquoi tant d'empressement ? D'après le camp Tsvangirai, qui conteste vigoureusement cette date, le président espère ainsi empêcher que les réformes aillent à leur terme pour conserver le contrôle de l'appareil d'État pendant le scrutin. Mais quatre ans de cohabitation ont usé le leader de l'opposition. Ses compromis lui ont fait perdre du crédit, et une étude de l'ONG américaine Freedom House a même affirmé, en 2012, que les sympathisants de Mugabe étaient désormais plus nombreux que ceux de Tsvangirai.

Le plus vieux chef d'État du continent veut donc saisir au plus vite sa chance d'être réélu, une dernière fois, à la tête du Zimbabwe. D'autant que, si l'on en croit les confidences - dévoilées par WikiLeaks - de l'un de ses proches à des diplomates américains en 2008, il serait atteint d'un cancer de la prostate qui menace de l'emporter avant la fin de l'année.

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